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Clean Beauty

Naturel meilleur pour la peau - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY Image

Le naturel est-il forcément meilleur pour la peau ?

Cette idée rousseauiste qui pare la nature de toutes les vertus et blâme la chimie de tous les maux est un raccourci répandu et que l’on fait trop rapidement ces dernières années, notamment en cosmétique. Se vérifie-t-elle réellement ?

On a vu au fil des ans les ingrédients naturels devenir des arguments de vente : « au karité, à l’aloe vera, au thé vert… » sont désormais écrits en gros sur de nombreux produits, au côté de revendications de pourcentages toujours plus élevés d’ingrédients d’origine naturels. La naturalité a gagné la partie et on ne peut que s’en réjouir. Mais attention à ne pas se laisser duper par certains arguments greenwashing. Et par ailleurs, le naturel est-il nécessairement un gage de meilleure qualité et efficacité pour la peau ? Comme souvent, il faut y regarder de plus près et ajouter des nuances.

Plus de naturel, un progrès indéniable

On est désormais loin de la cosmétique des années 1980-90, très chimique, bourrée d’actifs dont on ne savait ni prononcer le nom, ni de quoi ils étaient composés.

Le tournant des années 2000

Rappelons-le tout de même, la Réglementation européenne était l’une des plus drastiques et le secteur cosmétique ultra surveillé, à cause du drame des talcs Morhange survenu en 1972. Une erreur de manipulation entraîne un surdosage d’un bactéricide puissant dans le talc pour bébés Morhange, entrainant la mort de 36 nourrissons et l’intoxication de 168 autres. Ce drame a laissé des stigmates fortes et donné naissance à la Loi française de 1975 et la Directive Européenne de 1978, sur la réglementation et la régulation en matière cosmétique.
Mais les années 1970 restent celles de la technicité, où chimie rime avec performance, et où naturel est encore synonyme de « baba cool » où traîne une odeur de patchouli.
Les années 2000 marquent un tournant avec d’une part la création en 2002 de la Charte Cosmébio qui définit la cosmétique bio, qui sort alors de son ghetto estampillé Larzac, et de l’autre l’émission d’Envoyé Spécial de mars 2005 qui jette un pavé dans la mare de la cosmétique « conventionnelle » et les parabens en pâture au grand public. La suspicion est née, le naturel devient bon, la chimie mauvaise.

Une cosmétique qui « verdit »

Peu à peu, les ingrédients naturels ont grignoté le terrain, au-delà de la cosmétique bio qui a eu un rôle d’aiguillon important autant que de trublion. Tous les groupes ont verdi leurs formules, cherché des ingrédients naturels, locaux pour certains, exotiques pour d’autres. Désormais, l’aloe vera, l’huile d’argan, le beurre de karité, pour ne citer que les plus courants, sont connus et reconnus par le grand public et sont devenus des arguments de vente.
Et peu à peu, à côté d’ingrédients naturels stars, les laboratoires ont cherché à éliminer de leurs formules certains ingrédients chimiques moins intéressants – dont on s’est peu à peu rendu compte qu’ils pouvaient perturber le microbiote, quand ils ne sont pas carrément irritants ou suspectés d’être des perturbateurs endocriniens-. C’est un mouvement lent et long, difficile, car il suppose de revoir de fond en comble chaque formule et d’apprendre une autre façon de concevoir celles-ci.

Attention, il y a naturel et origine naturelle

Naturel ou origine naturelle ?

Beauté naturelle - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Depuis 2017, face à une cosmétique bio qui a fait son trou avec des normes très définies, l’industrie cosmétique a voulu définir ce qu’est un ingrédient bio, un ingrédient naturel… En est sorti la Norme 16128, qui définit que « les ingrédients naturels sont des ingrédients cosmétiques obtenus exclusivement à partir de végétaux, d’animaux, de micro-organismes ou de minéraux ». Les huiles et beurres végétaux purs, les huiles essentielles et les extraits de plantes sans solvant ni raffinage respectent cette définition. A côté, « les ingrédients dérivés de matériaux naturels sont des ingrédients cosmétiques, pour une proportion de plus de 50 % d’origine naturelle, qui sont obtenus par des procédés chimiques et/ou biologiques définis visant à les modifier chimiquement ». Et c’est là que le bât blesse, car, dans l’esprit du consommateur, naturel et origine naturelle se confondent, et il faut bien l’avouer, les fabricants ne font rien pour dissiper ce trouble. Si bien qu’on a vu fleurir depuis sur les produits des sortes d’estampilles 95% d’origine naturelle, 99% d’origine naturelle… où pourcentage et naturel sont écrits en gros tandis que « d’origine » semble disparaître. Or, rien n’oblige à ce que la transformation soit de la chimie verte, et ainsi une matière première peut être considérée d’origine naturelle, alors qu’elle peut contenir jusqu’à 49% de ressources non renouvelables.

L’argument naturel dans une formule, qui ne l’est pas du tout

De même, certaines formules, sous prétexte qu’elles mettent en avant un actif naturel peuvent, pour le reste de la formule, contenir toutes sortes d’ingrédients tels que sulfates, silicones, conservateurs, tensio-actifs… Que ce soit pour les gels douche, capillaires ou les soins, l’argument se vérifie partout. Et que dire en maquillage de l’argument vegan qui permet à un produit archi chimique de faire du « greenwashing » sous prétexte qu’il est estampillé PETA ?

Le naturel, moins toxique ?

Maintenant que l’on a vu qu’il ne faut pas se laisser leurrer par des arguments marketing, disons « exagérés », qu’en est-il vraiment pour la peau ?

Moins toxique ?

Evidemment, les ingrédients naturels peuvent s’opposer aux produits d’origine synthétiques, surtout quand ceux-ci sont décriés. Parmi ceux-ci, certains posent problème car ils ne sont pas écologiques mais n’ont a priori pas d’incidence sur la santé humaine : les silicones, les huiles minérales… D’autres peuvent provoquer des irritations comme les tensio-actifs avec sulfates. Et enfin, ceux soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens ou cancérigènes, comme le triclosan, les phtalates, l’oxybenzone et le benzophénone, les silicones volatiles – l’octamethylcyclotetrasiloxane (D4) et le decamethylcyclotetrasiloxane (D5)-. Mais il existe aussi des perturbateurs endocriniens dans les ingrédients naturels : le soja est un oestrogène like, les huiles essentielles de lavande et d’arbre à thé sont également suspectées de l’être.

Les pires poisons existent dans la nature

Après tout, tout est chimie. Les plantes sont complexes et fruits de millions d’années de transformations chimiques. Et on trouve dans la nature des plantes extrêmement toxiques, et pas seulement les poisons comme le cyanure ou la cigüe. Ces poisons, à zone infinitésimale, sont même employés comme médicaments. Tout est toujours question de dose, aussi bien dans le naturel que dans le synthétique.
A l’opposé, si on poussait l’argument à l’extrême, on pourrait même dire que le pétrole est naturel.

Certains ingrédients naturels ne conviennent pas à toutes les peaux

La cosmétique naturelle n’est pas non plus sans danger. Les ingrédients naturels peuvent être mal tolérés. C’est le cas notamment des huiles essentielles. Extrêmement puissantes, elles sont classées comme potentiellement allergisantes, notamment celles d’agrumes. De fait, quasiment aucune huile essentielle n’est exempte d’allergènes et certaines sont particulièrement irritantes ou sensibilisantes. L’huile essentielle de cannelle peut même être toxique.
C’est pourquoi les peaux sensibles doivent les éviter ou toujours faire un essai avant de les adopter. Fait rassurant : les marques de cosmétiques les dosent savamment et le pourcentage moyen d’huiles essentielles utilisées dans un soin visage bio français est faible.

Le naturel, plus actif

Un des arguments souvent retenu serait que le naturel et le bio sont moins efficaces. Disons plutôt qu’ils agissent différemment, et demandent un peu de patience.

Une meilleure affinité

Naturel et d'origine naturel - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Les actifs naturels présentent plus d’affinité avec les constituants naturels de la peau. C’est le cas notamment des huiles et beurres dont les lipides, très proches structurellement de ceux de la peau, la pénètrent facilement et sont rapidement assimilés. Ils se fondent à nos propres lipides dans la couche hydrolipidique. C’est vrai pour la peau, mais aussi pour les cheveux.
On s’est notamment rendu compte que les tensio-actifs synthétiques pouvaient déséquilibrer le microbiote cutané. Du coup, de plus en plus de marques conventionnelles abandonnent les sulfates, échangent les tensio-actifs synthétiques contre des surfactants tirés de la coco pour une action plus douce et plus biomimétique. De façon générale, les ingrédients naturels sont plus respectueux de la peau, son microbiote et son film hydro-lipidique.

Plus actif

Les ingrédients tirés de la chimie sont pour certains inertes, ou neutres, c’est-à-dire qu’ils n’apportent aucun bénéfice réel à la peau ou au cheveu. C’est le cas pour les huiles minérales, vaseline, paraffine… qui certes forment une barrière empêchant l‘évaporation de l’eau de la peau, mais ne la traitent pas. Les silicones font de même sur le cheveu et apportent glissant et douceur aux soins et maquillage, mais sans bénéfice soin. Ainsi, la base d’une émulsion classique alliant eau filtrée/distillée et huile synthétique n’est qu’un vecteur mais n’apporte rien d’actif.

Des ingrédients complexes et 100% actifs

Les actifs synthétiques sont souvent monolithiques. Constitués de molécules isolées, ils ont souvent une action ciblée et unique. Chaque plante est le fruit de millions d’années d’évolution. Si bien que leurs extraits contiennent des centaines de molécules actives. Ils renferment à la fois des vitamines (A, B, C, D, E, K, PP), des antioxydants (polyphénols, flavonoïdes, anthocyanes, resvératrol), des oligoéléments, des acides aminés et des acides gras (omégas 3, 6, 9) et vont ainsi agir sur toutes les fonctions vitales de la peau : l’hydratation, la protection, la régénération….
De même les huiles et beurres sont riches en vitamines et acides gras et apportent souplesse, nutrition, tonicité.
Si bien qu’au final, une vraie formule naturelle, sans ingrédients trop dénaturés – et a fortiori une formule bio – est quasiment à 100% active.

Efficacité réelle

Pendant un temps, il a été plus difficile d’observer une réelle efficacité chez les cosmétiques naturels, et bio en particulier, notamment sur l’anti-âge. Pour ce qui est de l’hydratation et la nutrition, au contraire, les produits naturels agissent souvent plus rapidement du fait de leur haute concentration en actifs en affinité avec la peau. En fait, l’efficacité demandait plus de patience pour être visible. Car, comme ces composants de cosmétiques naturels ou bio sont moins ciblés et ont une action plus complexe et diffuse, leur efficacité semble moindre. Mais les progrès en chimie verte et en biotechnologie permettent désormais à ces soins d’apporter à la fois sensorialité et efficacité comparables au conventionnel qui, lui, abandonne de plus en plus les ingrédients synthétiques pour se rapprocher de formules avec plus de naturalité.

Le naturel est en effet meilleur pour la peau, car plus en affinité et biomimétique, et plus actif. A condition de savoir lire les étiquettes et distinguer le vrai naturel de produits s’en donnant l’aspect. Mais attention de ne pas sombrer dans le manichéisme en pensant que tout naturel est forcément meilleur. Quand on a une peau sensible, intolérante, une tendance allergique, on fait attention à certains composants qui, bien que naturels, peuvent ne pas être adaptés voire irritants ou allergisants.

Huile de coco - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY Image

L’huile de coco : clean ou pas clean ?

L’huile de coco sait tout faire ! Elle est devenue la star de la beauté naturelle et de la cuisine saine. Même si la matière première est de qualité, c’est du côté des procédés de production qu’il faut aller regarder pour savoir si sa consommation est éco-responsable ou non. Et malheureusement, comme souvent quand un aliment sain devient à la mode, on a de mauvaises surprises…

L’huile de coco, bonne à tout faire ?

Il y a quelques années on découvrait émerveillés les bienfaits du karité, mais depuis c’est l’huile de coco qui est devenue la star de l’alimentation-santé et de la salle de bain minimaliste et naturelle.

En effet, elle serait un remède à presque tout, non seulement pour le corps mais aussi dans l’assiette et même dans la maison. Elle remplace tous les baumes et autres laits hydratants pour nourrir la peau grâce à son fort pouvoir émollient et assouplissant. Elle permet aussi de faire des bains de bouche vertueux pour la santé buccodentaire selon le principe du « Oil Pulling », une technique de bain de bouche indienne. Elle s’utilise aussi en masque sur les cheveux (pointes fourchues), sur les ongles et les cuticules (pour les assouplir) et comme démaquillant. Enfin, elle soulagerait les brûlures, les coups de soleil, les piqures d’insectes, l’eczéma, l’acné… bref, un petit miracle dans la salle de bain et … dans la maison. On peut nourrir le cuir et lustrer le bois avec de l’huile de coco.

Dans l’assiette, elle remplace les autres huiles végétales et aurait des effets positifs sur les artères et le cœur. Cependant, sa grande teneur en acides gras saturés (92% environ) rend ses bienfaits sur la santé discutables et explique pourquoi on doit éviter de la consommer cuite.
Les industriels eux aussi commencent à vouloir remplacer l’huile de palme (tant décriée) par l’huile de coco. Pourtant, cette huile présente de nombreux problèmes écologiques similaires… comme toujours quand un produit naturel fait le buzz et devient l’aliment à la mode. A l’image de l’avocat, sa culture intensive pour répondre à la demande déclenche une catastrophe environnementale et sociale.

Huile de coco, pas écolo

Pour commencer, nous parlons bien ici de l’huile de coco et non du lait de coco ou de l’eau de coco. L’huile de coco est brandie comme une alternative naturelle à presque tout, sauf qu’en réalité, consommateurs et influenceurs vantant les mérites d’une vie saine et écolo « oublient » que ce produit n’est jamais local : son empreinte carbone est mauvaise puisqu’elle est cultivée à l’autre bout du monde. Et c’est bien le problème : les principaux pays producteurs de noix de coco étant en Asie du Sud-Est (Indonésie, Philippines), en Polynésie française ou en Inde, et les principaux importateurs étant les Etats Unis et l’Europe, autant dire que l’huile de coco aura émis beaucoup de gaz à effet de serre (CO2) pour arriver jusqu’au consommateur.

Deuxième écueil majeur : avec la croissance exponentielle de la demande, les producteurs sont incités à produire toujours plus et à en faire de la monoculture intensive. Cette méthode épuise les sols et exige, pour maintenir la rentabilité, l’usage de pesticides : des produits toxiques qui déclenchent une pollution des sols immédiate et une destruction de la biodiversité de la zone. Or, cette culture est parfois encouragée par les gouvernements locaux pour renouveler les plantations de cocotiers âgés dont le rendement baisse, ce qui n’empêche pas les produits d’être certifiés commerce équitable. De plus, ces cultures exigent d’être irriguées dans des régions où parfois les populations manquent d’eau. L’impact environnemental des exploitations est négatif depuis quelques années pour la nature, comme pour les hommes.

Huile de coco versus huile de palme

Ainsi parée d’une réputation « santé » et « nature », l’huile de coco est souvent conseillée en remplacement de la vilaine huile de palme, aujourd’hui associée à la déforestation et à l’image d’orangs-outans brulés avec la forêt.

S’il est vrai que l’huile de palme est un fléau écologique et n’a aucun intérêt pour la santé, on la retrouve dans beaucoup de produits industriels à cause de son faible coût. Mais l’huile de coco n’est pas si loin en termes de nuisances écologiques. Cocotiers comme palmiers nécessitent de vastes étendues pour se développer ; ils prennent la place de forêts et de tous leurs habitants. Malheureusement, les zones de production sont aussi les plus fertiles et celles dotées d’une biodiversité des plus précieuses. Et elles sont aujourd’hui sacrifiées. Les fermes à cocotiers situées aux Philippines et en Indonésie auraient un impact négatif sur la biodiversité encore plus important que celui des plantations d’huiles de palme. Cette pratique fait disparaitre certaines espèces endémiques et en menace aujourd’hui beaucoup d’autres, natives des régions où l’on cultive les cocotiers. C’est sans doute une question de temps avant que la réputation immaculée de l’huile de coco ne soit entachée comme celle de l’huile de palme. Si la production d’huile de coco n’est pas (encore) aussi dramatique pour l’écologie que l’huile de palme, notamment grâce aux cocotiers qui peuvent pousser un peu partout, même sur sol sablonneux ce qui réduit la déforestation, à nous de faire en sorte qu’elle devienne plus vertueuse.

Huile de coco, éthique sociale et animale

Travailleurs - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Autre terrible conséquence de la demande en hausse de l’huile de coco : la production en monoculture est favorisée par les industriels qui délaissent les petites exploitations au profit de plantations parfois mécanisées. Les plantations familiales sont marginalisées, les petites exploitations disparaissent, et les populations locales ne profitent donc pas du tout de cette hausse d’activité. Pire, les petits agriculteurs n’ont plus le choix de l’indépendance, et sont asservis par les gros producteurs qui leur concèdent des salaires de misère. On parle d’1 dollar par jour en moyenne, pour la majorité d’entre eux. Cette frénésie occidentale à consommer l’huile de coco favorise donc, in fine, la précarité et l’extrême pauvreté de populations déjà fragilisées. Pire, sur ce marché du travail quasi-mafieux, les récoltants subissent aussi la concurrence… des singes ! Les exploitants n’ont en effet rien trouvé de mieux que de capturer des petits singes type macaques à queue de cochon, de les dresser pour les entrainer (dans des conditions que l’on ignore mais dont on peut deviner qu’elles ne sont pas glorieuses) à grimper en haut des cocotiers cueillir les noix de coco. Plus rapides que les hommes, corvéables à merci et gratuits, l’exploitation animale est ici poussée à son paroxysme. Séparé de sa communauté, dressé de manière sans doute barbare, utilisé comme un outil dont il faut toujours accroitre le rendement, le petit singe exploité réduit en esclavage, vit enchainé sans aucun espoir de faire un jour autre chose que les actions qu’on lui impose. Selon la PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) les singes sont dressés pour pouvoir cueillir jusqu’à 1 000 noix de coco par jour !

Si c’est évidemment une pratique à dénoncer, c’est tout un système qu’il faudrait revoir car loin d’être des fermiers prospères, les exploitants subissent l’oppression d’une demande toujours en hausse, à laquelle ils doivent répondre au plus bas prix via un marché malsain où la concurrence les contraint à un prix qu’ils ne peuvent pas fixer, pour que le consommateur (donc nous) puisse acheter son huile de coco à bas prix aussi.

Mieux choisir l’huile de coco

L’huile de coco peut s’acheter avec des labels équitables voire bio, même s’il en existe très peu. Mais c’est surtout en y mettant un peu le prix et en décortiquant les étiquettes que l’on peut essayer d’évincer les produits bas de gamme directement issus de l’exploitation des ouvriers sur les plantations. Il est aussi possible de l’acheter en vrac auprès d’un magasin éthique qui aura vérifié sa source et si possible vérifié que les chaînes d’approvisionnement sont durables. Choisir une huile pure et éviter les produits industriels indiquant « huile de coco désodorisée », mais aussi « huiles végétales hydrogénées ou partiellement hydrogénées » ou encore « matières grasses végétales » qui peuvent être des mélanges. Enfin, on peut utiliser les réseaux de consommateurs engagés pour l’environnement, et/ou les groupes vegans qui s’échangent les infos et publient des listes de marques respectueuses et éthiques (groupe facebook Végétarien, Végétalien, Vegan & Cool par exemple), qui peuvent garantir les méthodes de production et garantissent ne pas recourir à l’usage de singes pour la cueillette. Il y a quelques années, en apprenant l’exploitation des singes, certains supermarchés en Grande bretagne avaient retiré de la vente les produits incriminés, forçant les fournisseurs à s’engager contre cette pratique et à l’éliminer.

Le monde occidental doit absolument repenser sa consommation car comme tout ce qui connait une croissance exponentielle à l’autre bout du monde, l’huile de coco devient une source de problèmes pour la nature et pour les populations. Quand la demande devient mondiale, le système ne peut plus reposer sur des réseaux à taille humaine ni être équitable. Aucune culture intensive ne peut respecter l’environnement, à l’instar de celles de la vanille, du cacao ou des avocats. Aux entreprises de se responsabiliser et de vérifier un sourcing responsable, mais aussi -et surtout- aux consommateurs d’exiger des produits éthiques et d’accepter de payer un prix un peu plus élevé. Car comme pour la fast fashion, quand un produit exotique ou conçu très loin reste si peu cher lors du passage en caisse, c’est que quelqu’un d’autre, à l’autre bout du monde, paie, lui, le prix fort.

déodorant - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY Image

Un déodorant clean, c'est possible ?

Difficile de faire l’impasse sur un déodorant. Si vous cherchez une formule efficace et sûre, suivez le guide.

Le rôle de la transpiration est essentiel car transpirer permet trois choses :

  • 1. De maintenir la température idéale du corps à 37° par un principe de thermorégulation (en sortant par les pores de la peau et notamment via les glandes sudoripares, la sueur joue les climatiseurs naturels. En perlant sur tout ou partie de la peau, puis en s’évaporant, la sueur permet de faire baisser la température corporelle).
  • 2. La peau est un des émonctoires du corps, comme le foie, les intestins, les reins, les poumons, qui participe à l’élimination des toxines. Or, ce sont justement ces toxines (faites entre autres de bactéries) qui sont à l’origine des odeurs que l’on cherche à masquer.
  • 3. La sueur est le premier hydratant naturel du corps. En effet, à la surface de la peau, elle entre aussi dans la composition du film hydrolipidique (eau + gras) qui protège la peau et l’ensemble du corps de la déshydratation. Deux rôles qui semblent contradictoires mais qui sont complémentaires.

Contrer la transpiration n’est pas une si bonne idée que ça… À ce propos, un déodorant et un anti-transpirant c’est pareil ?

Déo ou anti-transpirant, qui fait quoi ?

Le premier, grâce à un cocktail d’agents antibactériens et de parfums, a pour but de masquer les mauvaises odeurs générées par la dégradation des bactéries présentes dans la sueur.

Le second, comme son nom l’indique, cherche à bloquer ou à minima à ralentir le flux de la transpiration. Et donc, à entraver la fonction naturelle des glandes sudoripares. L’anti-transpirant, doté d’agents qui forment une couche à la surface de la peau des aisselles, joue un rôle filmogène en recouvrant ces glandes. Son deuxième effet, astringent, resserre les pores de la peau et limite la transpiration. Mieux vaut, si la transpiration est ressentie comme excessive, avoir recours à une routine plus douce : matin et soir, et dans la journée si nécessaire, utilisez un gant de toilette ou une lingette en tissu, nettoyez vos aisselles à l’eau savonneuse, rincez à l’eau tiède et séchez soigneusement. Cette action simple et efficace élimine naturellement les bactéries à la surface de la peau. Complétez alors avec un déodorant, et non avec un anti-transpirant, dont la formule vous semble clean. Et là, on vous aide…

La formule magique, ça existe ?

Vous n’avez pas loupé la diabolisation des sels d’aluminium qui, pourtant, figurent encore en bonne place dans la composition de nombreuses formules dites « efficaces ». Et pour cause, ces fameux sels d’aluminium (tout comme la pierre d’Alun dont ils sont dérivés) resserrent les pores de la peau et limitent de façon très efficace l’action des glandes sudoripares.

« Les labos ont cherché à les remplacer par d’autres ingrédients plus sains » expliquent Mahault de Guibert, cofondatrice de La Rosée. « Il ne s’agit pas de bloquer le processus naturel, mais d’en limiter juste les désagréments. On commence par absorber les excès de sueur avec des actifs « éponges » comme la poudre de charbon, l’argile, l’amidon de maïs, la poudre d’arrow root ou la terre de Diatomée ». Pour l’anecdote, la poudre d’arrow root est extraite du rhizome d’une plante tropicale, la maranta arundinacea, rhizome qui est immergé dans l’eau chaude, avant d’être épluchés puis broyés. On en extrait la pulpe, on la sèche puis on la réduit en poudre ! Elle tient son drôle de nom au fait que les indiens d’Amérique l’utilisaient pour soigner les blessures de flèches. La terre de Diatomée, elle, est issue d’une roche sédimentaire siliceuse, la diatomite. Très poreux, ces ingrédients absorbent l’humidité de façon imperceptible et douce. Ensuite, on combine ces absorbeurs de sueur avec des neutralisateurs d’odeurs sains comme l’huile de noix de coco et le magnésium.

Mais le plus intéressant c’est la nouvelle stratégie que les laboratoires de cosmétique naturelle ont décidé d’explorer : les probiotiques.

« Puisqu’on sait que la transpiration élève de PH de la peau et entraine la prolifération de bactéries odorantes, nous superposons des probiotiques, de « bonnes » bactéries, pour qu’ils prennent la place des « mauvaises » bactéries. Ainsi, la microflore est régulée de façon très respectueuse pour la peau » précise Mahault de Guibert.

Exit aux…

  • Alcools, l’alcool éthylique ou l’éthanol, souvent trop irritants.
  • Gaz propulseurs (butane, pentane, propane, éthane, isopentane) qui sont polluants pour l’environnement autant que pour l’organisme.
  • Conservateurs comme les parabènes, les méthylparaben, sauf le sodium benzoate, à base d’eau et bien toléré, le sodium, les conservateurs naturels. « Il existe six ou sept parabènes différents qui ne se valent pas en termes de toxicité mais il est plus simple de les exclure. Si le phenoxyéthanol a remplacé le parabène, certains laboratoires dont le nôtre ont préféré l’exclure aussi » explique Salomé Aldrieux, chef de produit chez les Petits Prodiges.
  • Silicones que l’on trouve dans les déos bille. Si ces substances offrent une galénique souple et onctueuse, elles ne sont pas plébiscitées par les marques clean. « Faites à partir de silice, les silicones ne sont pas naturelles pour autant et sont particulièrement polluantes lorsqu’elles sont rejetées dans l’eau de la douche » insiste Salomé Aldrieux.
  • A noter : les sels d’aluminium, ou l’aluminium chlorohydrate, neutralisateurs des glandes sudoripares qui ont été suspectés longtemps d’avoir un rôle dans le cancer du sein, ont été réhabilités aujourd’hui par le comité scientifique de la Sécurité des consommateurs mais à certaines doses…

Oui à…

  • « On dit oui à la chimie verte, clean, choisie par les marques naturelles, pour ne pas se retrouver avec des moisissures dans le déodorant ! » précise Mahault de Guibert. En effet, le conservateur cosgard, issu de l’alcool benzylique, est l’un des rares à être agréé Ecocert. Mais il existe aussi des conservateurs naturels : le citron et l’acide citrique, la vitamine E, l’extrait de propolis, l’huile essentielle de romarin, l’extrait de pépins de pamplemousse.
  • Oui, bien sûr, aux formules qui excluent tout ce qui est « out », à celles qui misent sur les probiotiques ou sur les acides de fruits. « Ces derniers modifient le ph de la peau et limitent la prolifération des bactéries, sans compromettre le processus naturel de transpiration » précise Salomé Aldrieux.
  • Oui aux marques labellisées Ecocert dont la charte est exigeante. Vous avez plus de chance de trouver le déo de vos rêves sous forme solide, bille ou spray sans gaz propulseurs. Le format « gaz », cata pour la planète, ayant de plus en plus de mal à convaincre…
  • On dit oui aussi au déo maison, quand la phobie des étiquettes douteuse incite à se lancer dans le do it yourself. Il y a de nombreuses recettes mais si vous misez sur le gel d’aloe vera, le bicarbonate de soude spécial cosmétiques, certaines huiles essentielles (palmarosa, lavande, rose), l’huile de coco bio, la cire d’abeille, la poudre d’arrow root ou la terre de Diatomée, vous obtiendrez de bons résultats.
pot de crème - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY Image

Les ingrédients les plus suspects en cosmétique

Tout a commencé en 2005 avec les parabènes, et la liste s’est allongée au fil des années. Les ingrédients jugés suspects le sont pour diverses raisons. Voici la liste, non exhaustive, de ces principaux composants au cœur de la polémique et à bannir dans les cosmétiques.

Avant tout, rappelons qu’en France, les cosmétiques sont soumis à la réglementation européenne, très stricte et en constante évolution au fil des études menées par des groupes de scientifiques au sein du CSSC (Comité Scientifique Européen pour la Sécurité des Consommateurs). De plus, les fabricants et les marques, sensibilisés par l’opinion – et soucieux de vendre – devancent bien souvent la législation en éliminant les ingrédients qui font polémique. D’autre part, il faut distinguer pourquoi ces ingrédients sont mis sur la sellette. Certains posent problème car ils ne sont pas écologiques, d’autres parce qu’ils peuvent provoquer des irritations ou allergies. Et enfin, il y a ceux qu’on soupçonne d’être des perturbateurs endocriniens ou cancérigènes.

Le BHT 

Si le BHA, classé « cancérogène possible » par le Centre international de recherche contre le cancer (Circ), reprotoxique et perturbateur endocrinien n’est quasiment plus présent dans les compositions cosmétiques, le BHT est encore répandu. Également utilisé comme antioxydant pour protéger les corps gras des formules du rancissement et les parfums de l’oxydation, il est suspecté comme le BHA d’être allergisant, sensibilisant, neurotoxique et d’être un perturbateur endocrinien oestrogénique, responsable de problèmes de fertilité masculine. Enfin, il serait persistant dans l’organisme et l’environnement. L’Anses a saisi les autorités européennes afin qu’il soit réévalué.

Le Dioxyde de titane

En alimentaire, le dioxyde de titane, ou additif E171, est interdit depuis le 1er janvier 2020. Une étude de l’Inra (Institut national de recherche agronomique) laissait en effet craindre que sa forme « nano » soit cancérigène par ingestion et inhalation. En cosmétique, le dioxyde de titane, d’origine minérale, est utilisé comme pigment blanc dans le maquillage, comme opacifiant et surtout comme filtre dans les crèmes solaires (il est autorisé en bio, même sous sa forme nano). Sur la peau, il ne pose aucun souci. Il est cependant interdit dans les poudres et sprays et pose problème pour les personnes qui le formulent.

Les Filtres solaires chimiques

filtre solaire - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Pas question de s’en passer, vu l’augmentation massive de cancers de la peau depuis 30 ans. Pourtant, certains filtres chimiques sont sur la sellette, et ce pour diverses raisons. La première des accusations est celle de la perturbation endocrinienne. Même si rien n’est prouvé, sont suspectés de l’être : avobenzone, ethylhexyl methoxycinnamate (octinoxate), benzophénone-1 et -3 (oxybenzone), octocrylène, 4-methylbenzylidene camphor (4-MBC) et homosalate.

De plus, une étude sur l’octocrylène, publiée dans la revue Chemical Research in Toxicology en mars 2021 et conduite par des chercheurs de l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (Sorbonne Université/CNRS), démontre que ce filtre se transforme en benzophénone – autre filtre potentiellement cancérigène et perturbateur endocrinien – par une réaction chimique dès sa production, et que la concentration augmente systématiquement avec le temps dans les produits finis. De nombreuses marques ont ainsi ôté l’octocrylène de leurs produits en 2022, celui-ci étant déjà mis en cause dans une allergie croisée avec les traitements au kétoprofène.

Cependant, selon les normes fixées par la Réglementation européenne, les quantités appliquées, circonscrites à quelques mois par an, ne sont pas problématiques. Mais rejetés dans les eaux, non filtrés par les stations d’épuration, ils sont ingérés par les organismes vivants qui finissent dans notre assiette…

Car c’est là l’autre grief, et non des moindres : l’effet des filtres solaires chimiques sur l’environnement. En effet, s’ils filtrent les UV sur la peau, les filtres chimiques le font aussi dans l’eau. Ainsi, les milliers de tonnes de filtres non-biodégradables déversés annuellement dans les eaux de baignade empêchent les rayons du soleil d’atteindre les fonds marins et perturbent les organismes qui y vivent.

De nombreuses études ont montré que ces filtres avaient un impact négatif sur les organismes marins : en décembre 2018, une étude menée par des chercheurs français a révélé que l’octocrylène s’accumulait dans les coraux sous la forme de dérivés d’acides gras et pouvait interférer avec leur métabolisme. Une étude publiée en 2015 par des chercheurs de l’Université de Tel Aviv a révélé que l’oxybenzone – ou benzophénone- déforme la morphologie des larves de corail en endommageant leur ADN. Certains filtres chimiques ont ainsi été interdits dans des zones touristiques : l’archipel de Palau a été le premier, en 2020, à bannir dix composants dont l’oxybenzone (Benzophénone-3 sur la liste Inci) et l’octinoxate (éthylhexyl méthoxycinnamate), deux filtres chimiques également proscrits à Hawaï depuis le 1er janvier 2021. Des territoires possédant des récifs coralliens, comme les îles Vierges américaines ou la République des îles Marshall, ont aussi interdit l’octocrylène. Parfois, l’utilisation de toute crème solaire est prohibée, notamment pour visiter certaines cenotes (gouffres/grottes) au Mexique ou encore à Lifou en Nouvelle-Calédonie.

Les Huiles minérales

Issue de la distillation du pétrole après séparation des hydrocarbures combustibles légers (gaz, essence, fuel), les huiles minérales, sous les noms Inci parafinium liquidium, cera microcristallina, synthetic wax, vaseline…, sont des éléments inertes. On les utilise aussi bien pour apporter glissant et brillance aux produits de maquillage que pour former une barrière émolliente filmogène dans des produits de soin évitant la perte en eau (baumes pour le corps et les mains, sticks lèvres, crèmes pour les pieds). Outre leur origine pétrochimique, elles seraient aussi occlusives et induiraient, aggraveraient ou prolongeraient l’acné.

Les méthylisothiazolinone (MIT) et methylchloroisothiazolinone (MCIT)

La mise en cause des parabènes a fini par entraîner à sa suite celle des Methylisothiazolinone (MIT) et methylchloroisothiazolinone (MCIT). Jusque-là utilisées à faibles doses, elles sont soudain devenues une alternative largement employée par les fabricants, entraînant irritations et allergies. Les autorités de santé ont donc interdit l’association MCIT-MIT dans les produits non rincés à compter d’avril 2016. Puis la MIT seule a été proscrite dans ces mêmes produits par L’union européenne à compter du 12 février 2017.

Les Parabènes

Depuis 2005 et la « grande crise » des paraben, ces conservateurs, qui évitent le développement des bactéries et moisissures dans les crèmes et tous les produits à base d’eau, ne sont plus en odeur de sainteté. Utilisés dans les cosmétiques depuis 1920, on les retrouve aussi dans les produits alimentaires sous les dénominations E214 à E219 et dans un nombre considérable de médicaments, à des doses bien plus importantes qu’en cosmétique. Les plus dangereux (isobutyl, isopropyl, benzyl, pentyl, phenylparaben) sont interdits depuis 2014. A l’inverse, ceux à courte chaîne, ethylparaben et methylparaben ont été blanchis par les experts français et européens. Restent les propylparaben et butylparaben, soupçonnés d’être perturbateurs endocriniens, et interdits dans les produits sans rinçage destinés aux enfants de moins de 3 ans. De fait, ils ne sont quasiment plus employés, leur notoriété négative auprès de l’opinion publique ayant entraîné leur élimination par quasiment toutes les marques cosmétiques. Et pourtant, les toxicologues le reconnaissent : les parabènes autorisés (méthyl, ethyl, propyl et butyl-parabènes) sont d’excellents conservateurs, à large spectre, ayant très peu d’effets secondaires, et sur lesquels on a un très bon recul, contrairement à ceux utilisés plus récemment.

Les PEG

Les polyéthylène glycols, utilisés comme émollients et émulsifiants ou comme épaississants dans les formules, sont fabriqués à partir d’oxyde d’éthylène, un gaz très réactif et toxique, cancérigène et mutagène. C’est donc pour des raisons environnementales qu’ils sont décriés : leur mode de fabrication, et le fait qu’on les retrouve dans les eaux usées.

Le Phénoxyéthanol

Conservateur antibactérien et antimicrobien, le phenoxyethanol est très utilisé et très décrié. Tout d’abord, sa transformation comprend une ethoxylation, procédé polluant et toxique pour les manipulateurs. Il est aussi potentiellement irritant, et peut provoquer des eczémas de contact. Des études avec des hautes doses l’a montré hépatotoxique sur des souris. Enfin, il est suspecté d’être cancérigène et perturbateur endocrinien. Mais sur ces derniers points, aucune étude ne l’a démontré et le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs, sous l’égide de la Commission européenne, l’a jugé, sûr pour tous les utilisateurs.

Les Sels d’aluminium

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Ce qu’on appelle sels d’aluminium se retrouve dans la formule INCI sous l’appellation chorhydrate d’aluminium. Ces mini particules ont la propriété de quasiment fermer les pores par lesquels s’écoule la sueur et donc de stopper la production de transpiration. Or, on les a accusés à plusieurs égards. Tout d’abord, parce qu’il n’est jamais bon de stopper un processus naturel. D’autre part, la fonction chlore de ces sels d’aluminium leur permet une pénétration qui a poussé certains scientifiques à les accuser d’être à l’origine de cancers du sein. Après dix années de controverse, le Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs (CSSC), comité d’experts indépendant auprès de la Commission Européenne, a rendu fin 2019 un avis exonérant l’usage des sels d’aluminium dans les cosmétiques. Après avoir mené une batterie de tests complémentaires et analysé les dernières études scientifiques, il a conclu que les composés d’aluminium sont sans risques dès lors que l’on respecte des doses limites d’emploi, à savoir 10,60% d’aluminium pour les antitranspirants en sprays et 6,25 % pour ceux qui sont formulés sous d’autres formes. Ce document, qui complète l’avis de 2014, précise que « ces derniers résultats montrent, entre autres, que l’aluminium contenu dans les produits antitranspirants n’est pas absorbé par la peau, y compris la peau fraîchement rasée, n’est pas non plus stocké dans la peau, mais au contraire éliminé sur les vêtements, par desquamation naturelle de la couche cornée superficielle et lors du lavage. » Et ne provoque donc pas de cancer du sein.

Les Silicones

Ces dérivés de silice – dimethicone, dimethiconol ou nom finissant en « siloxane » – sont largement utilisés pour le touché soyeux ou poudré qu’ils donnent dans les soins et le maquillage. Ce glissant, qui facilite l’application, pour démêler, gainer et apporter de la brillance aux cheveux dans les shampooings, masques et sérums.

Le souci ? ils sont peu biodégradables, même si leurs effets toxicologiques seraient minimes. On leur reproche d’une part leur bioaccumulation : ils s’accumulent sur les cheveux (on mettrait plus d’un mois à les éliminer totalement) sans les soigner, et au final empêchent colorations ou permanentes de bien pénétrer. De même ils boucheraient les pores de la peau. En ce qui concerne leur problème de biodégradabilité, on voit apparaitre de nouvelles générations de silicones, légères et hydrosolubles, qui demandent un plus faible dosage pour éviter les effets plombants et comédogènes et qui se dégradent beaucoup mieux dans la nature.

Par ailleurs, deux silicones volatiles – cyclotetrasiloxane (D4) et le cyclopentasiloxane (D5) – soupçonnés d’être perturbateurs endocriniens, notamment pour les organismes aquatiques et reconnus persistants, bioaccumulables et toxiques, sont limités à 0,1 % dans les produits rincés depuis janvier 2020.

Les Sulfates

Ce sont des agents moussants – des tensio-actifs anioniques- qui forment une mousse abondante et lavent très efficacement. Très peu chers, on les trouve dans les shampooings, gels douche, savons liquides mais aussi dans toutes les lessives sous les noms de sodium laureth sulfate (le plus courant) et ammonium lauryl sulfate (autorisé en bio). On les accuse surtout d’être très décapants, potentiellement irritants, de « délaver » les colorations et de perturber le microbiote du cuir chevelu. De plus, le « laureth » demande une éthoxylation, une transformation polluante qui explique qu’il est interdit dans les produits bio.

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Qu’est-ce qu’un vernis à ongles clean ?

Qu’il est beau mon vernis ! Mais est-il bio ? Pour y voir plus clair et ne plus s’emmêler les pinceaux, suivez le guide avec Alexis Robillard, fondateur de la marque de maquillage clean ALL TIGERS.

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© ALL TIGERS

Les beaux jours arrivent avec le retour de la colormania sur les ongles des mains, des pieds… « Depuis quelques temps déjà, commente Alexis Robillard, à la tête de la marque de maquillage clean ALL TIGERS, on voit deux tendances fortes sur le marché du vernis : l’explosion des vernis green et, à l’opposé, celui des semi-permanents. » Autant dire que les deux tendances s’opposent totalement dans leur philosophie puisqu’on passe du très synthétique au plus écolo possible. Écolo, et non bio. Car « à date, il est encore impossible de proposer des vernis bio qui tiennent vraiment et dont la couleur ne file pas au premier lavage de mains ! » précise le jeune entrepreneur engagé.

De la tenue, et de la brillance !

En effet, côté vernis, les femmes sont très exigeantes. Couvrance, brillance, tenue… tout doit être comparable à un vernis traditionnel ! D’où le grand risque de les décevoir si le vernis ne tient pas ses promesses (ou ne tient pas tout court !). D’où le flop en 2011 du lancement des premiers vernis certifiés bio, très vite retirés du marché suite aux avis négatifs des consommatrices. A leurs yeux, le vernis naturel idéal est forcément multitâche : la couleur doit briller comme un sou neuf, le choix des teintes doit être un multiple de neuf et la tenue doit assurer un max ! Bref, une vraie performance technologique ! Si vous superposez à ces désidératas, le cahier des charges de la philosophie green (pas de plastiques, d’actifs décriés, d’agents liés à la pétrochimie…), et la complexité liée à la fabrication même du vernis, vous comprendrez que les marques qui se sont lancées dans le vernis green restent encore minoritaires. Pas facile de proposer du vernis clean !

Des actifs éco-sourcés et des formules « sans »

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Il faut dire que nous partions de loin avec des formules d’origine contenant un nombre inouï d’ingrédients aujourd’hui décriés (cancérigènes ou perturbateurs endocriniens…). La composition d’un vernis classique ? Des plastifiants, des solvants, des conservateurs… La plupart sont issus de dérivés de la pétrochimie.
Peu à peu, la législation européenne a sévi en interdisant certains ingrédients comme par exemple le phtalate de dibutyle, classé et interdit en Europe comme perturbateur endocrinien. Puis, venue tout droit des États-Unis la tendance des « Nails Free » 7, 9 ou 10 (c’est-à-dire des vernis sans 7/9/10 ingrédients) a fait bouger les lignes. Terminé les composants toxiques comme le toluène (irritant pour la peau et les yeux), le DBT (suspecté d’être un perturbateur endocrinien), le formaldéhyde (allergisant), les résines de formaldéhyde, le colophane et les parabènes…

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Du manioc et de la patate douce

Aujourd’hui, dans les formules clean, les formulateurs vernis utilisent ainsi du manioc, de la canne à sucre, du maïs, de la patate douce pour remplacer les solvants et les plastifiants des formules traditionnelles. Les ingrédients sont aussi « biosourcés » (plus transformés que des produits dit naturels) ce qui est déjà une belle avancée par rapport aux vernis classiques !
Côté performance au niveau de la tenue, les vernis green n’ont pas à rougir du résultat. En revanche, aujourd’hui, aux vues des avancées technologiques, les pigments utilisés dans les vernis green sont encore des pigments synthétiques. En effet, leurs cousins naturels ne prennent pas dans les formules et offrent un résultat couleur non-homogène. Côté soin, la plupart des marques intègrent des actifs soins dans les formules… d’origine naturelle bien sûr comme le thé vert, a la grenade, l’extrait de lotus… Au total, les formules de vernis green peuvent contenir jusqu’à 85% d’ingrédients d’origine naturelle.
En revanche, notez bien que tous les vernis « green » ne sont pas végan, nous vous invitons donc à vérifier la composition de votre produit chouchou. Et demain ? Peut-être un vernis green semi-permanent qui coche vraiment toutes les cases de la naturalité !

Nos marques de vernis green coup de cœur sur Instagram : @alltigers_organics, @nailmatic, la ligne green de @manucurist, @cleverbeautyfr, @nailcoutureparis, @avrilcosmetiques, @kurebazaar, @zoyanailpolish, @zaomakeup_official, @orijinal.cosmetics, @nailberry_

Merci à Alexis Robillard, fondateur de la marque de maquillage clean ALL TIGERS, pour son éclairage.

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La clean beauty, pourquoi un tel succès ?

Née aux USA, la clean beauty est désormais incontournable là-bas autant qu’ici. Mais, au fait, pourquoi un tel succès ? On vous dit tout.

Un nom et un concept nés aux USA, en toute logique, car c’est le pays où tout est possible. Alors qu’en France plus de 1300 substances sont tout simplement interdites, aux États-Unis via la FDA (Federal Drugs Administration), la liste ne se résume qu’à une dizaine de substances honnies ! Si bien que lorsque la clean beauty a vu le jour aux USA pour que les beautystas s’y retrouvent, ce fut un triomphe immédiat. Pourquoi ce succès fulgurant qui se répand aux quatre coins de la planète ?

Parce que la clean beauty est rassurante

Les règles, même si elles ne sont ni écrites, ni protégées par un label officiel, consistent à proposer des marques naturelles, bio le plus souvent, mais pas forcément, durables, équitables, écoresponsables, éthiques, locales, écologiques, cruelty free, transparentes (d’où la notion de « clear beauty ») et bien entendu, sans exploitation des enfants. Cette beauté propre, encore un peu floue (mais de moins en moins), a vite déferlé sur la France où son succès ne fait que grandir. Le coup de pouce ? La pandémie qui a plus que jamais mis les circuits courts, les produits sains et la notion de solidarité au cœur des priorités des consommateurs.

Parce que la peau en (re)demande

Peau - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Fini l’engouement pour des formules à rallonge et surtout, obscures. Les peaux réclament le « less is more », les femmes aussi. Des formules claires, compréhensibles, traçables, des actifs connus, reconnus et naturels. Ces formules courtes, respectueuses de l’écosystème de l’épiderme, sont parfaitement tolérées. Et pour cause, la peau est de plus en plus sensibilisée par le mode de vie (où le stress occupe encore une place prépondérante), les changements climatiques (et la pollution accrue), l’alimentation transformée (elle met à mal le microbiote, la flore intestinale et donc toutes les flores, y compris celle de la peau). Sensibilisée, jusqu’à en devenir intolérante ou allergique, la peau ne supporte plus que les cosmétiques clean.

Parce que les marques clean ont du sens

Loin de se contenter de concocter des formules clean par « principe » ou par logique marketing, les marques qui se sont laissées happer par la vague clean le font avec conscience. Désireuses de contribuer à la construction d’un monde meilleur, elles se définissent comme éco-citoyennes et se distinguent par leur action en faveur de la protection de l’environnement : en réduisant leur empreinte carbone, en privilégiant des emballages éco-conçus (recyclés, recyclables, rechargeables, en verre ou en aluminium plutôt qu’en plastique ou bien en plastique recyclé issu des océans), en reversant une part de leurs bénéfices à des causes (préservation des océans, de la faune, de la flore, participation à la végétalisation des villes, à la reforestation, etc), en axant leur recherche sur des sujets qui portent plus loin que le contenu de leurs formules (les actifs marins recèlent un trésor de bienfaits et de promesses thérapeutiques qui vont au-delà de la santé et de la beauté de la peau, etc). Les marques clean ont une mission, insufflée par leurs fondateurs, et c’est ce qui fait leur puissance.

Parce que la clean beauty se démocratise !

Grâce aux réseaux sociaux et media féminins influents qui en parlent beaucoup, les consommatrices s’y sont familiarisé. Et depuis que la Distribution lui fait une place de choix, on la trouve plus facilement : chez Oh My Cream ! (le précurseur), sur des sites e-commerce green comme Botymist (qui permet de chercher les produits à partir de la liste de leurs ingrédients et de leurs actifs), dans les Grands Magasins, les bonnes pharmacies, etc. Les influenceuses en parlent avec sérieux et engouement, faisant gagner un maximum de temps aux néophytes qui veulent consommer clean. On aime Lauren Ferrée, blogueuse écolo engagée, Céleste Thomas, influenceuse américaine, infirmière, qui donne aussi des conseils quotidiens sur son blog, Lyla, l’influenceuse française dont le blog présente toutes les thématiques de beauté clean sous forme de conseils, tests et tutos, etc. Plus on en parle (bien), plus la clean beauty gagne ses lettres de noblesse.

Et pour tout vous dire, on n’a pas fini d’en parler.

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La Routine Clean pour Eczéma et Peau à tendance atopique du bébé et de l’enfant

Des bébés aux joues en feu, des enfants qui ne peuvent pas plier les genoux et se grattent éperdument les plis des bras…. 20% des enfants de moins de 7 ans et 15% des nourrissons dès 3 mois (chiffres Société française de Dermatologie) sont atteints de Dermatite Atopique, nom scientifique de l’eczéma. Les solutions pour les soulager ?

L’eczéma ou la Dermatite Atopique, c’est quoi ?

Selon sa “définition officielle“, la dermatite atopique – ou eczéma atopique – est une maladie inflammatoire chronique de la peau due à une anomalie de la réponse immunitaire et une déficience de la barrière cutanée.

Qu’est ce qui déclenche l’eczéma ?

Comme nombre de pathologies chroniques cutanées, l’eczéma est d’origine multifactorielle. Il existe à la fois un facteur génétique (entre 50 et 70% des enfants atteints ont un parent qui l’est aussi et si les deux parents sont atteints, le risque atteint 80%), un facteur immunitaire (une sensibilisation accrue à certains pathogènes et allergènes) et un facteur environnemental (dont la pollution).

L’explication ? Une peau saine constitue une barrière de défense contre les agents extérieurs. Mais une peau atteinte de dermatite atopique manque de céramides dans sa couche cornée, et comme une muraille percée, elle laisse passer les attaquants (les agents pathogènes et allergènes) et fuir ses défenseurs (son hydratation).

Que faire contre l’eczéma ?

Aux premiers symptômes, il est primordial de consulter un dermatologue qui prescrira un traitement (des corticoïdes en application locale lors des poussées) mais pourra voir également s’il y a un « terrain » atopique. La dermatite atopique est en effet considérée comme le versant cutané de l’Atopie qui regroupe également l’asthme, la rhinite et la conjonctivite allergiques.

Quels sont les symptômes de l’eczéma ?

La dermatite atopique est marquée par une sécheresse cutanée permanente, avec des poussées régulières de que l’on nomme communément l’eczéma, le plus souvent rythmées par les poussées dentaires et les infections rhino-pharyngées chez le nourrisson. Des plaques rouges et des lésions inflammatoires (érythèmes, vésicules) apparaissent, accompagnées de fortes démangeaisons. A force de se gratter, il peut y avoir des surinfections. L’apparition des croûtes annonce la phase de rémission.

Chez les nourrissons, ces plaques sont situées sur les joues, les bras, les cuisses et l’abdomen.
Puis, chez l’enfant et l’adolescent, elles migrent vers les plis (arrière des genoux, creux des bras), les mains et les pieds, le tour de la bouche et même les paupières. Les crises peuvent être liées là encore à une infection ou une vaccination, mais aussi à un stress (examen, crise familiale…). Chez beaucoup, l’atopie se calme (comme l’asthme) après 6 ans, mais la peau reste sèche. 4% restent atopiques à l’âge adulte.

L’atopie est plus ou moins sévère, il existe une échelle utilisée par les dermatologues pour l’évaluer, appelée le SCORAD (ou Scoring atopic dermatitis).

Les répercussions de l’eczéma

Avec l’acné, la dermatite atopique est l’une des pathologies cutanées qui impactent le plus la vie sociale. Les démangeaisons permanentes peuvent entraîner une forte détresse psychologique. Chez les plus petits, les démangeaisons, qui persistent la nuit, peuvent gâcher le sommeil et la vie, et par ricochet ceux de toute une famille. L’enfant scolarisé se sent parfois exclu, en raison du regard des autres. Certains essaient même de dissimuler leurs jambes ou de leurs bras sous des vêtements, ou ne veulent plus aller à l’école. Enfin, les sensations de démangeaisons sont tellement pénibles qu’elles peuvent provoquer irritabilité et mauvaise humeur. La dégradation de l’image de soi est par ailleurs accentuée chez les jeunes filles souffrantes d’eczéma des paupières qui ne peuvent pas se maquiller.

Les produits de soin à utiliser et les bons gestes à suivre

Le traitement prescrit par le dermatologue ou le pédiatre est à base de dermocorticoïdes en cas de poussée, à utiliser localement 3 jours en moyenne.
Mais les dermatologues ont constaté qu’on peut espacer largement les crises en appliquant les bons soins et les bons gestes.

Une toilette en douceur

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Celle-ci doit être réalisée avec une huile lavante ou un pain dermatologique. Le savon et le gel douche classique étant beaucoup trop agressifs et décapants. On évite les bains chauds et longs, qui augmentent la perméabilité de la peau. On leur préfère une douche tiède de 5 minutes. En sortant de la douche ou après s’être lavé les mains, on tamponne la peau avec une serviette la plus douce possible et on ne frotte surtout pas. La peau est déjà assez fragilisée !

Une hydratation quotidienne

Une hydratation quotidienne - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Le meilleur traitement des peaux atopiques reste l’application quotidienne d’un émollient spécifique. Leur utilisation sur le long terme a non seulement un effet bénéfique sur la sécheresse cutanée, mais des études ont montré qu’elle permet d’espacer les poussées et donc d’avoir moins souvent recours aux dermocorticoïdes. Ces émollients doivent avoir dans leur formule une forte concentration d’huiles et beurres végétaux nourrissants, des actifs apaisants, voire des ingrédients antibactériens pour éviter la prolifération du Staphylococcus Aureus.

Le souci : c’est fastidieux, car les formules, même si elles ont fortement progressé en naturalité comme en texture, restent assez épaisses et on court souvent après les enfants pour parvenir à les tartiner. Mais c’est une habitude à prendre dès le plus jeune âge et qu’il faut rendre ludique avec une chanson, une histoire ou un jeu, car ces enfants devront apprendre à s’enduire seuls et pratiquer ce geste toute leur vie. Il existe d’ailleurs au sein de services hospitaliers des programmes d’Éducation Thérapeutique pour apprendre à se prendre en charge.

Les bonnes habitudes

  • A apprendre aux plus petits : lors de poussées, on ne se gratte pas avec les ongles, qui agressent et sont potentiellement porteurs de germes, mais avec la paume ou le dos de la main
  • Pour les vêtements, on privilégie les coupes amples afin de limiter les frottements sur la peau, et le coton ou la soie plutôt que la laine
  • Les cures thermales : prescrites par un médecin et remboursées par l’Assurance maladie, les cures thermales de 3 semaines ont montré leur efficacité sur des pathologies comme l’atopie. Outre des soins hydrothermaux généraux (bains, douches, massages) et des soins locaux quotidiens, c’est un lieu d’éducation thérapeutique et d’échange au travers de jeux et d’ateliers pour les plus jeunes. Elle permet aux jeunes enfants de soulager leurs symptômes et d’acquérir davantage d’autonomie. Une dizaine de stations thermales françaises sont indiquées pour la dermatologie

Ce qu’il faut bannir en cas de dermatite atopique

La peau atopique étant fragilisée et poreuse, il est indispensable de redoubler de vigilances quant aux cosmétiques utilisés et leur composition. Attention car nombre de blogs et autres articles dénigrent certains cosmétiques notamment conventionnels et font parfois l’apologie de produits tout aussi mauvais pour ces peaux.

Les ingrédients proscrits

  • Les produits cosmétiques parfumés : qu’il s’agisse de parfum synthétique ou naturel, on les évite pour ces peaux hypersensibles, car il y a autant d’allergène (voire plus) dans un parfum naturel que synthétique
  • Les conservateurs potentiellement irritants ou allergisants : MIT, MCIT sont à éviter, car irritant, tout comme l’acide benzoïque autorisé en bio.
  • Les sulfates, agents moussants de la plupart des gels douche classiques, sont trop décapants pour ces peaux. Ils perturbent le microbiote et le film hydrolipidique.
  • Le savon : A PROSCRIRE ! Hormis un savon saponifié à froid, sans parfum, avec une haute teneur en huile de la meilleure qualité, c’est-à-dire un savon acheté chez un petit savonnier et payé plus de 10€. On oublie le savon industriel, hyper décapant et au pH bien trop élevé y compris le Savon de Marseille !
  • La lanoline : tirée de la graisse de mouton, elle est très allergène. Cependant, il est plus que rare d’en trouver dans un émollient spécifique pour peau atopique.
  • Les perturbateurs endocriniens : évidemment, comme pour tout le monde, mais là encore, ils sont difficiles à détecter et nombre de marques les éliminent. On privilégie donc, c’est une évidence, les produits ayant une charte Clean mais avant tout des produits estampillés « testés sous contrôle dermatologique » et même « sous contrôle pédiatrique ».

Un environnement sain

On utilise une lessive hypoallergénique pour le linge mais aussi les draps des atopiques, pour éviter tous les surfactants et parfums. Attention aussi à ne pas utiliser d’adoucissant car c’est la dernière eau de rinçage qui en contient.

On évite tous les produits domestiques et meubles contenant des composés organiques volatils (COV) : matériaux de construction, de décoration, d’isolation, peintures, diluants, colles et vernis, mais aussi les agents de nettoyage, les désodorisants, les détachants, les insecticides et les détartrants.

Le microbiote, une voie d’avenir pour l’atopie

L’avancement dans la connaissance de ce qu’on appelait autrefois la flore cutanée a montré que la diversité et l’équilibre entre les micro-organismes qui composent le microbiote empêchent la colonisation par des espèces agressives et participent aux défenses du système immunitaire cutané. Or, on sait désormais grâce à une étude parue dans la revue Nature que la dermatite atopique est intimement liée à un fort déséquilibre de ce microbiote et au surdéveloppement du staphylocoque doré – Staphylococcus Aureus – dans celui-ci. Il se fixe sur la peau et se crée un bouclier qui contribue à amplifier les poussées d’eczéma, la sécheresse et les démangeaisons. Si les corticoïdes restent le traitement de référence, on découvre l’intérêt de créer des émollients enrichis en actifs (pré et post biotiques) qui permettent de rééquilibrer le microbiote, de réduire le facteur inflammatoire et d’empêcher le staphylocoque doré de s’installer. C’est pour contrer ce dernier que certaines marques ont développé des complexes de pré et post biotiques.

La routine alimentaire

L’allaitement jusqu’à 6 mois, surtout s’il y a des antécédents de dermatite atopique dans la famille, permet de diminuer les risques d’allergies alimentaires chez le bébé. Il vaut mieux introduire tardivement, et seulement un par un, certains aliments, comme les œufs et le poisson (après 12 mois), ainsi que tous les oléagineux (après 3 ans).

Si la dermatite atopique n’est pas liée à un aliment en particulier, certains peuvent l’aggraver, notamment ceux qui ont une action pro inflammatoire ou favorisent l’acidité du corps. Ainsi, une sueur acide peut favoriser les crises. Il faut donc privilégier une alimentation à tendance basique (fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes). Les végétaux, riches en anti oxydants, permettent de lutter contre l’inflammation. Évidemment, il faut manger équilibré, éviter les aliments sucrés et transformés, les graisses saturées (beurre et margarine cuits, charcuterie, fritures, chips…), la junkfood. Certains atopiques souffrent aussi du syndrome du côlon irritable, qui a tendance à acidifier le corps. Dans ce cas, mieux vaut dissocier l’absorption de féculents et de fruits et légumes, et voir si les symptômes réduisent lorsqu’on élimine le gluten et les produits à base de lait de vache. Mais aussi, parce que l’atopie est liée à une dysbiose du microbiote, et que microbiote intestinal et microbiote cutané sont intimement liés, manger des aliments riches en pré et probiotiques et notamment tous les aliments fermentés (yaourts, kéfir, kombucha…). On peut aussi compléter cette alimentation riche en aliments fermentés par des compléments alimentaires riches en probiotiques.

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LE FROID, LE CHAUD, des soins naturels pour la peau 

Et si le meilleur booster de soins était tout simplement… La température. Le froid, comme le chaud, ont des vertus à choisir selon les besoins de la peau.

Premier indice : jetez un œil à votre sèche-cheveux, s’il est assez récent vous y trouverez un commutateur pour lui permettre de souffler autant le chaud (souvent très chaud) que le froid. Et pour cause, si le chaud permet d’imprimer une forme aux cheveux, le froid referme les écailles et fixe la forme. Et bien coté peau, c’est pareil, le froid et le chaud agissent sur les tissus, les vaisseaux sanguins, le réseau lymphatique mais aussi sur les cellules, bref les températures jouent sur le corps autant que sur le moral.

Le chaud c’est bon pour quoi ?

Pour faire peau nette

Un petit sauna du visage ouvre les pores, permet d’extraire les comédons, sans maltraiter la peau. Il suffit de faire bouillir de l’eau dans une casserole, ajoutez deux ou trois gouttes d’huile essentielle de géranium et de placer son visage au-dessus, une serviette autour du tout pour bien conserver l’effet sauna. Les pores se dilatent. La peau s’assainit.

Pour un joli teint

Boire un bol d’eau chaude a aussi un effet bonne mine et joli teint. En effet, ajoutez-y un trait de jus de citron et vous donnerez un coup de pouce au foie pour une meilleure digestion. Le teint brouillé s’éclaircit ! À consommer ponctuellement ou en cure mais pas tout au long de l’année au risque d’abîmer les dents avec l’acidité du citron. A moins de boire avec une paille.

Pour chasser les tensions

baignoire - we are clean

Immergée dans un bain chaud, environ 38°, vous sentez les tensions corporelles s’envoler, les muscles se détendre et le bien-être vous gagner. Les pores de la peau du corps ouverts, les toxines s’éliminent. En effet, la peau est un des émonctoires les plus efficaces. À partir de 12 minutes, on sait que les actifs du bain pénètrent la barrière cutanée, aussi si vous avez glissé huiles essentielles, sels, algues, eau de mer etc… vous en aurez les bénéfices au-delà de ce laps de temps. Veillez en revanche à ne pas rester plus d’une vingtaine de minutes au-delà desquelles l’eau du bain refroidit et vous aussi. En sortant du bain, pensez à bien hydrater votre peau avec un lait ou une crème.

Pour un soin profond des cheveux

Un masque sans chaleur ne pénètre pas au cœur du cheveu ! Alors n’hésitez pas à procéder comme chez le coiffeur : appliquez un soin puis poser une serviette humide et très chaude (placée au micro-ondes) sur toute la longueur des cheveux le temps que le soin pénètre. Puis rincez à l’eau chaude, puis tiède et finissez par un jet frais pour resserrer les écailles du cheveu. Et voilà l’alliance du chaud et du froid pour les clés d’une routine beauté réussie.

Le froid c’est bon pour quoi ?

Pour calmer les douleurs et gagner en énergie

C’est connu, après les matchs, les joueurs de rugby se plongent dans une grande poubelle remplie de glaçons pour récupérer et calmer les tensions musculaires. Un procédé utilisé pour soulager certaines myalgies et rebooster son tonus. Le processus se développe dans certains instituts et cabinets avec des séances de cryothérapie en portant juste quelques minutes un short et un top de sport réfrigérés à – 160° ou debout dans une cabine réfrigérée. Quand le corps tout entier est en contact avec le froid, c’est un vrai coup de boost sur le métabolisme et la qualité de la peau ! La température corporelle chute de quelques degrés, les vaisseaux se contractent. Lorsque le contact avec le froid s’arrête au bout de 3 minutes, la température corporelle remonte, les vaisseaux se dilatent, la circulation sanguine est activée et le corps secrète des endorphines qui génèrent une sensation de bien-être, atténuant au passage les douleurs.

Pour dynamiser la peau

Bonne nouvelle, le froid a un réel effet sur la qualité de la peau. Il resserre les pores et entraine un phénomène de vaso-dilatation qui réactive la microcirculation cutanée. La circulation sanguine au niveau des vaisseaux capillaires est améliorée, entrainant un véritable coup d’éclat au teint ! Il existe des masques à mettre au congélateur, mais on peut aussi placer des glaçons dans un fin tissus et les passer en douceur sur la peau. La peau tonifiée par le froid, se relâche moins que ce soit au niveau du contour du visage que sur l’ensemble du corps pour les plus courageuses qui terminent leur douche par un jet glacé…

Pour atténuer les poches

Pierres massantes - Clean Beauty - WE ARE CLEAN

Sur des yeux gonflés, le froid fait aussi des merveilles. Tapotez et lissez le contour des yeux avec du froid. Alternative précieuse : un rouleau de jade ou de quartz rose conservé au réfrigérateur aura le même effet vasoconstricteur et dégonflant que des glaçons.

Pour booster l’effet des soins

Non seulement le froid conserve les actifs des crèmes, sérums et autres textures crémeuses ou liquides plus longtemps mais en prime il en décuple les effets quand les soins sont destinés à soulager les jambes lourdes ou à créer un effet glaçon sur le visage en cas de coup de chaleur ou de brûlure. Ce geste augmente aussi l’efficacité des soins destinés à resserrer les pores d’une peau mixte ou grasse. Avec des pores resserrés, la sécrétion de sébum diminue.

Pour des cheveux brillants

En resserrant les écailles, les cheveux sont plus brillants et plus doux. Ce n’est pas un hasard si de plus en plus de salons et spas capillaires proposent des soins de cryothérapie du cheveu, associant soin nourrissant et lissage aux plaques glacées avant de procéder à un rinçage à l’eau tiède puis froide pour un effet tonifiant et gainant.

Pour des jambes légères

Au-delà des soins à glisser au frigo, une douche quotidienne froide sur les jambes, des pieds jusqu’aux cuisses, en fin de journée chasse illico la sensation de jambes lourdes, de fatigue et d’engourdissements. Attention, si vous êtes trop sujette aux crampes évitez les douches glacées sur les jambes. Préférez une douche tiède et finissez par un jet un peu plus frais.

Cosmétiques clean et/ou vegan ? Image

Cosmétiques clean et/ou vegan ?

La cosmétique vegan semble le must absolu en termes de respect de la planète et des animaux. En effet, avec une formule vegan c’est l’assurance qu’aucune substance animale n’entre dans la composition du produit, et ainsi qu’aucun être, de l’insecte à l’animal marin, n’a été exploité. Mais la beauté vegan est-elle forcément clean et vertueuse pour autant ? Le point.

Cosmétique vegan, définition

Être vegan c’est choisir de n’utiliser ou consommer aucun produit animal ou issu de l’exploitation animale, dans tous les domaines de sa vie. Pas de poisson, ni viande, ni produits laitiers dans l’assiette, pas de cuir, de laine et encore moins de fourrure pour les vêtements et aucun ingrédient d’origine animale dans les cosmétiques. En effet, il arrive que des produits ou sous-produits animaliers entrent dans la composition des crèmes ou du maquillage. Certains ingrédients ont fort heureusement déjà été interdits ou abandonnés car trop chers comme le musc animal utilisé dans les parfums et responsable de la quasi-disparition des chevrotins dont il était extrait, la graisse de baleines ou encore l’acide hyaluronique qui provenaient auparavant des crêtes de coq et qui aujourd’hui ne sont plus d’origine animale. Par ailleurs, les ingrédients d’origine animale encore utilisés ne peuvent être issus que d’animaux d’élevages pour la fabrication des cosmétiques en Europe et peuvent entrer dans la composition d’un produit bio. Il peut s’agir de miel et de cire d’abeille (dans les baumes à lèvres par exemple), de lanoline, un ingrédient émollient utilisé dans les soins hydratants obtenu à partir de laine de mouton, ou encore de « carmin » un pigment rouge utilisé pour colorer les rouges à lèvres issu de cochenilles, des insectes que l’on écrase. Les poils des pinceaux de maquillage peuvent eux aussi avoir une origine animale !

Cosmétiques vegan, bio, cruelty-free, slow : quelles différences ?

Il existe beaucoup d’appellations pour classer les différentes familles de cosmétiques.

Si les labels bio indiquent des formules à base d’ingrédients issus de l’agriculture biologique qui respectent la charte bio, ils autorisent des matières animales comme le miel, mais aussi le carmin, issu des cochenilles et la lanoline.

La Slow Cosmétique regroupe des produits reconnus par le label indépendant du même nom qui soutient la planète, la fabrication locale et les formules naturelles.

De son côté « cruelty free » est un label donné aux produits qui ne contiennent aucun ingrédient testé sur les animaux mais qui ne sont pas forcément vegan, car il accepte les ingrédients produits par les animaux (lait, miel). Il se décline du coup en une version « cruelty free vegan ».

Les appellations des cosmétiques véganes sont elles aussi variées et nombreuses : Expertise Vegan Europe avec le sigle Eve Vegan, le sigle Vegan de Vegan Society pour les produits certifiés par la Vegan Association, Vegan de l’Awareness Fondation, un logo vegan délivré par la Vegan Awareness ou encore le label VeganOK. Globalement ils garantissent que les produits ne contiennent pas d’ingrédients d’origine animale. Mais le label One Voice accepte pourtant le miel, le pollen et la cire d’abeille biologiques que l’on peut donc retrouver dans les formules qu’il certifie.

Il n’est pas obligatoire de certifier les cosmétiques végans pour le revendiquer : les marques peuvent inventer leur propre logo et communiquer dessus, sans contrôle, ce qui peut donner lieu à des abus. En France il n’existe qu’un seul organisme de certification végane, c’est Expertise Végane Europe. Enfin, contrairement aux labels naturels et/ou bio dédiés à l’écologie qui garantissent que les produits ne contiennent aucun ingrédient synthétique polluant, les produits végans peuvent ne pas être naturels, ne pas être produits de manière vertueuse, ou encore être très artificiels, tant qu’il n’y a pas de matière animale. Le critère « vegan » ne suffit donc pas pour être sûr d’acheter des cosmétiques écologiques et sains.

Pas toujours clean les cosmétiques vegan

Acheter des cosmétiques vegan répondrait donc surtout aux préoccupations des consommateurs -végans ou non- pour la protection animale. Problème : si le sigle « vegan » ne garantit pas que la formule soit clean, ni qu’elle soit dépourvue d’ingrédients controversés, elle ne garantit pas non plus la protection animale pour les ingrédients qu’elle utilise. Par exemple, l’huile de coco est végétale et donc tout à fait compatible avec une formule végane, et pourtant, elle exploite souvent de petits singes. De même pour l’huile de palme qui implique déforestation et mort des orangs outans… pourtant celle-ci permet de remplacer le squalène qui est, lui, issu des foies des requins… Par ailleurs, certains ingrédients d’origine animale n’impliquant pas la mort des animaux, peuvent sembler tolérables, comme la lanoline (une graisse à base de laine de mouton), les laits de chèvre, d’ânesse, de brebis ou de vaches, ou encore les produits de la ruche. Pourtant, en se penchant sur leur production, on constate que beaucoup d’abeilles meurent lors du processus industriel de récolte de la cire ou du miel. Enfin, quand une marque souhaite rendre ses produits vegan, elle n’a souvent pas d’autre choix que de se tourner vers les substituts pétrochimiques pour rester compétitive, notamment.

Attention au « castor oil » que l’on trouve souvent dans les listes d’ingrédients, c’est un faux ami : il s’agit bien d’une huile végétale, l’huile de ricin, et non de l’huile de castor ! Ouf ! 

Cosmétiques Vegan ou Clean, comment choisir ?

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Compte tenu de l’urgence écologique, consommer des produits vegan a un sens : l’élevage industriel trouve dans la cosmétique un débouché facile pour ses sous-produits animaliers. L’élevage intensif et la surpêche sont extrêmement néfastes à la planète, dévastent des espaces naturels tout en étant un enfer pour les animaux. Malheureusement, il est bien plus facile pour un cosmétique d’être vegan que clean, bio ou naturel, et certaines formules mettent en avant leur caractère vegan pour masquer des formules très synthétiques : on peut être clean sans être vegan et vegan sans être clean.

Pour s’assurer de choisir un produit vertueux, il faut donc se tourner vers ceux qui répondent à un engagement à la fois éthique, écologique et durable. L’idéal sont des produits clean ou certifiés bio ET végans afin de s’assurer de la provenance des ingrédients et de leur naturalité, mais aussi le caractère durable des emballages : packagings réduits, matière recyclable et recyclée, étuis en cartons, encres végétales etc. tout en évitant tout ingrédient issu de l’exploitation animale. Les cires végétales, type cire de carnauba, remplacent alors la cire d’abeille, le squalène de requin peut être remplacé par du « squalène » végétal issu d’huile d’olive, de blé ou de riz, la lanoline sera évincée au profit d’huiles végétales bien plus efficaces d’ailleurs pour soigner les problèmes de peau. Des actifs végétaux peuvent aussi agir sur la production de collagène au lieu de mettre du collagène animal dans la formule, tout comme utiliser la kératine dans sa version végétale. Seul le pigment carmin ne trouve pas d’équivalent à son intensité colorielle dans le monde minéral ou végétal, mais de très beaux rouges à lèvres végans réussissent très bien à s’en passer aujourd’hui et à offrir des couleurs vibrantes : plus d’excuse !

Les cosmétiques végans peuvent émaner de marques réellement engagées et vertueuses dont les produits sont écologiques, tout comme se révéler issues de la pétrochimie et être peu regardantes quant à la qualité tant qu’il n’y a rien d’animal dedans. Mais en se tournant vers des marques estampillées clean ou bio, avec un réel engagement écologique on peut trouver des produits véritablement vertueux pour se faire belle et se sentir bien, en respectant et protégeant la planète, ses animaux et ses écosystèmes. Alors le rejet des ingrédients d’origine animale dans les cosmétiques prend tout son sens. Go vegan and clean !

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Le blond d’adoption peut-il être clean ?

Parler blond « d’adoption », c’est parler décoloration, la plupart du temps. En effet, rarement les fans de cette couleur appartiennent naturellement à cette famille. Alors pour entrer dans ce club très prisé du blond réussi, il faut passer par la décoloration. OK mais le clean dans tout ça ? On tire cela au clair.

Décoloration, coloration, c’est quoi exactement ? Le principe de la décoloration consiste à éliminer, plus ou moins et de manière plus ou moins rapide, les pigments naturels qui sont à l’intérieur de la fibre capillaire, en ayant recours à l’oxydation. On ne vide pas totalement le cheveu de sa couleur originelle, on l’éclaircit jusqu’à huit tons maximum. Un cheveu foncé, par exemple, va évoluer vers le rouge, avant d’arriver au jaune, futur blond harmonieux… Mais le processus ne s’arrête pas là, puisqu’il faut ensuite recharger le cheveu en pigments de la couleur désirée. La bonne nouvelle ? il existe aujourd’hui des colorations végétales.

La coloration végétale, c’est quoi ?

Attention, il y a coloration végétale et coloration végétale préviennent Sarah Horlaville El Kamel, responsable éducation France d’Aveda et Céline Herbeaux, conseillère au sein de l’équipe conseil des Couleurs de Jeanne. Une véritable colo végétale n’associe que des plantes tinctoriales comme le curcuma, le henné, le brou de noix, l’indigo, et des poudres soins à base d’autres plantes, comme la guimauve ou le jujubier. Elle se superpose à la couleur naturelle.

Pour les blondes désireuses d’obtenir un blond plus froid ou plus chaud, plus homogène ou plus brillant, il y a des plantes comme la camomille ou le curcuma (apportent des reflets dorés), l’indigo (neutralise les reflets roux, jaunes et fonce légèrement), le henné rouge (intensifie le coté chaud). Une coloration végétale à 100% n’a recours qu’à un mélange de plantes et pas à un oxydant. Sinon, il s’agit d’un kit de « fausse coloration végétale ».

Si vous optez pour une colo maison, lisez attentivement le flacon et si vous voyez de l’ammoniaque, du polyquaternium, du propylène glycol, ou des toluènes, passez votre chemin ! Attention, des cheveux entretenus avec des shampooings ou des soins siliconés, ne pourront pas faire tenir la coloration végétale. Les pigments vont glisser sur la cuticule. Pour remettre les cheveux « à zéro » après des années de soins siliconés ou autres qui engorgent le cheveu, faites une cure de soins à l’argile pour les détoxifier pendant trois semaines, avant d’envisager votre coloration végétale.

Un blond « clean » ou presque… ça existe ?

Tous les experts sont unanimes, pour passer au blond quand on a une couleur naturellement foncée, il faut forcément passer par la case décoloration. Or la décoloration n’est, pour l’instant, pas clean puisqu’elle nécessite forcément un processus chimique. Sauf si on se contente des reflets du soleil.

Pour Romain, coloriste, créateur de Romain Colors, spécialiste de la coloration douce, vegan et organique, la douceur s’impose toujours quand on parle de cheveux, même si, tout dépend de la couleur de base.

Selon lui, impossible de décolorer le cheveu sans oxydant et sans persels. Mais, pour adoucir ce procédé, il a recours à un mélange végétal / chimique : un balayage à l’argile, au kaolin, à la poudre de riz, mélangés à des oxydants dans des doses raisonnables afin de respecter au maximum l’intégrité de la fibre. Attention, même les décolorations les plus « clean » possibles doivent pouvoir être compatibles avec des colorations végétales. Car la coloration végétale n’est pas compatible avec tout. Et pour cause, une coloration végétale peut contenir de l’indigo, qui s’associe très mal avec les décolorants qui risquent de faire virer la couleur désirée. C’est pour cette raison qu’une coloration végétale ne peut pas se faire aussitôt après une décoloration chimique. Et cela, on ne le sait pas toujours… Même si, et c’est là son atout, la coloration végétale respecte le cheveu. En effet, son processus actif s’arrête naturellement, contrairement à la coloration chimique qui poursuit son travail au cœur du cheveu. Ce qui explique pourquoi la coloration végétale offre une transparence très naturelle et très recherchée !

Décoloration, coloration, vraiment pas clean

Concrètement, pour décolorer le cheveu, on utilise des agents éclaircissants (comme le peroxyde d’hydrogène, c’est-à-dire l’eau oxygénée), qui sous l’effet d’un catalyseur (l’ammoniaque), vont éclaircir les pigments naturels du cheveu.

L’ammoniaque a deux actions : il catalyse l’action de l’eau oxygénée, accélère la réaction chimique, ramollit la kératine du cheveu, en ouvre les écailles et ainsi les pigments peuvent quitter plus facilement le cheveu. Sont associés à l’eau oxygénée et à l’ammoniaque, des persels, des oxydants qui sont extrêmement puissants (parmi eux on trouve les persulfates d’ammonium, de potassium, de sodium).

Une fois le cheveu décoloré, on le recolore étape par étape, en passant par une pré coloration qui affichera une teinte intermédiaire, puis on termine par la nuance désirée. Afin d’empêcher les nouveaux pigments de partir avec l’eau du prochain shampooing, le coiffeur termine le cycle par un shampooing spécifique à pH acide, afin de rééquilibrer le PH du cheveu et du cuir chevelu et surtout, de refermer les écailles. Selon la nature et l’état des cheveux, le professionnel peut proposer à sa cliente d’attendre quelques jours après la décoloration avant de passer à l’étape de recoloration. Le but ? Ne pas sur sensibiliser un cheveu déjà très agressé par la décoloration. Vous l’aurez compris, pas grand-chose de naturel dans tout cela.

En conclusion, si vous avez les cheveux foncés, ne rêvez pas, un blond clean est impossible. Il passera forcément par une décoloration intense. La seule précaution « clean » est de jouer avec des soins naturels et le facteur temps. Si vous avez une base naturelle blonde, vous pouvez la magnifier avec des plantes dans une démarche clean.

Une nuance d’espoir ? Romain travaille actuellement avec le service Recherche et Développement des laboratoires Pierre Fabre pour imaginer une formule capable d’éclaircir le cheveu de deux à trois tons, de façon totalement clean.

En attendant, aimez-vous telle que vous êtes, offrez à vos cheveux des soins 100% clean (sans silicones et autres agents polluants) et choisissez ainsi la voie de la sagesse… en beauté. Merci à Romain, coloriste créateur de Romain Colors à Paris (romaincolors.fr), à Sarah Horlaville El Kamel, responsable éducation France d’Aveda (aveda.eu) et à Céline Herbeaux, conseillère au sein de l’équipe conseil des Couleurs de Jeanne (lescouleursdejeanne.fr)