Comment réduire le chauffage sans se geler ?
La température de la planète monte dangereusement tandis que le prix de l’énergie grimpe lui aussi très sérieusement. Il est temps d’adopter des habitudes plus écoresponsables, y compris pour notre chauffage. En effet, pour faire des économies d’énergie, certains gestes sont contre-productifs. Remise à jour des idées reçues pour réduire sa facture de chauffage, sans se geler.
Une simple variation de quelques degrés peut être décisive. Au niveau de la planète et selon les différents scénarios du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), les températures sur le globe pourraient monter de 2° à 5° d’ici 2100. Ce qui est loin de l’objectif de 1,5° décrété lors des accords de Paris.
Ces petits degrés de trop sont dus à la hausse des concentrations des gaz à effet de serre qui risquent d’entraîner des catastrophes : crises alimentaires et de l’eau, problèmes sanitaires et prolifération des maladies, perte de la biodiversité, montée des eaux…
Quelques degrés de plus ou de moins ont aussi un fort impact sur l’organisme humain qui le ressent immédiatement. Selon le site Effy, deux tiers des Français ont froid chez eux alors que le chauffage est allumé et que, un ménage dépense en moyenne 1 696 euros par an, à cet effet. Le chauffage représente 66 % de la consommation énergétique d’un foyer. Alors comment réduire cette consommation sans se geler ?
Identifier la juste température
La juste température varie selon le sexe et les différentes pièces de la maison.
La température de confort
Pour une femme, la température de confort se situe autour de 25° contre 21° pour un homme. Différence expliquée par des besoins énergétiques différents du fait d’une masse de muscles plus importante chez l’homme.
La température dans les différentes pièces
En ce qui concerne les pièces à vivre comme le salon, la cuisine, la salle à manger, la température recommandée est entre 19° et 21°. 16 à 17 degrés suffisent dans la chambre à coucher pour un sommeil de qualité. Et pour la salle de bain, 17° quand elle n’est pas utilisée et 22° quand elle l’est. La nuit, vous pouvez réduire de 2 à 3 degrés pour faire des économies.
Comment optimiser la chaleur ambiante ?
Certains gestes, soi-disant utiles pour « conserver » la chaleur, peuvent être contre-productifs. Voici la liste des erreurs qui génèrent un sérieux gaspillage d’énergie :
Ne pas aérer
Cela parait logique, vous ouvrez la fenêtre, le froid rentre et fait baisser la chaleur. Eh bien non, ouvrez vos fenêtres 10 minutes par jour même s’il gèle dehors. Les murs n’auront pas le temps de refroidir et si cette aération évacue les polluants intérieurs et les acariens, elle réduit aussi l’humidité. Et un air plus sec demande moins d’énergie pour être chauffé.
Fermer volets et rideaux
Les fenêtres représentent jusqu’à 15 % de la déperdition de chaleur de votre maison. Mais fermer volets et rideaux ne colmate pas les fuites de chaleur et surtout, cela empêche le soleil de réchauffer la pièce.
Varier la température
Maintenir une température constante est plus économique que de la régler sans arrêt selon l’occupation des lieux. Si vous partez longtemps, baissez à 12°, mais ne fermez pas votre chauffage pour éviter le gel dans les canalisations.
Monter au maximum les radiateurs quand vous rentrez
C’est sûr, baisser le chauffage quand vous êtes absent est logique pour réduire la facture. Mais allumez à fond quand vous rentrez pour avoir vite plus chaud entraîne à coup sûr une surconsommation. L’idéal, ne pas baisser en dessous de 15° pendant la journée si vous n’êtes pas là et investissez dans un système de chauffage programmable pour chauffer plus une demi-heure avant votre retour.
Utiliser un chauffage d’appoint
Un chauffage d’appoint est un moyen efficace, mais ne doit pas être utilisé régulièrement. Non seulement il est plus consommateur d’énergie (surtout le radiateur soufflant) mais il dessèche l’air et irrite les voies respiratoires.
Encombrer les radiateurs
Évitez de placer un meuble devant un radiateur ou de le transformer en sèche-linge. Et si le radiateur est placé contre un mur froid, il perdra d’autant plus de chaleur. Dans ce cas, mettez un panneau réflecteur derrière.
Négliger l’isolation
Un mur froid absorbe la chaleur et explique la sensation désagréable d’inconfort. Par exemple, dans une température ambiante de 20°, une paroi à 14° procure une température ressentie de 17°. Si le mur est à 19°, la température ressentie est alors de 19,5°. D’où l’intérêt de bien isoler le toit et les murs de votre logement, les principales sources de déperdition de chaleur.
Oublier la révision de la chaudière
Un contrôle par an est obligatoire pour tous les types d’appareils (chaudières à bois, charbon, gaz, fioul) d’une puissance de 4 à 400 w. Outre le risque d’intoxication au monoxyde, ce contrôle peut réduire de 8 à 12 % de la quantité de combustible utilisée.
Récup’ en ville : 7 conseils pour se remeubler sans dépenser
Entre la déco vintage et le geste éco-responsable, la récupération d’objets dans les rues permet de se remeubler sans se ruiner et en toute bonne conscience ! Avant de vous lancer, suivez le guide !
Il y a quelques années, une de mes stagiaires de retour de New York, me racontait comment, sans le sou, elle avait entièrement décoré son appartement en récupérant des meubles (canapé, table, lit…) dans la rue. J’avais trouvé cette idée très étrange, mais elle m’avait rassurée en me disant que c’était très fréquent aux États-Unis. J’ai sans doute gardé cette information dans le coin de ma tête, car depuis, je regarde les encombrants laissés dans la rue d’une autre façon.
Ouvrez l’œil
Au détour d’une rue, à pied ou en voiture, on peut tomber à tout moment sur un petit trésor abandonné par son propriétaire. La raison ? Un changement de déco, un déménagement, un tri. Imaginez … la ville de Paris récupère chaque année près de 90 000 tonnes d’objets encombrants. D’après le journal Le Monde : 43 000 canapés, 930 cuisinières, 4600 lave-vaisselles. Sans oublier les montagnes de petits objets (vaisselle en tout genre, livres, coussins, plantes…). Se mettre à la récup’, ce n’est pas faire les poubelles, c’est juste ouvrir l’œil sur les objets laissés sur les trottoirs et qui peuvent encore servir.
Surveillez les encombrants
La première chose à faire est de se renseigner sur les dates de passage des encombrants. Dans certaines villes, la date est fixe (dernier jeudi du mois, chaque lundi, etc.) dans d’autres grandes villes (Paris, Lyon, Marseille) c’est un service au cas par cas. Le particulier prend rendez-vous et dépose son objet devant chez lui en fonction. Quand le jour est fixe, il suffit de se promener dans les rues la veille au soir. Dans l’autre cas, c’est au petit bonheur la chance. Sachez que certaines rues sont plus « donneuses » que d’autres. En effet, certains habitants, qui doivent sans doute trier régulièrement, mettent proprement à disposition, dans des sacs, des objets pour les intéressés. Une fois un « spot » trouvé, il suffit de passer devant un peu plus souvent que d’habitude. Sachez aussi qu’il y a des jours plus propices à la récup’ : le dimanche et le lundi après le tri du week-end, les fins de mois, les mois de déménagement (de mai à septembre) et le mois de janvier après la déferlante des cadeaux.
Soyez créatifs

De nombreux tutos sur YouTube existent sur « comment transformer un meuble » ou « que faire avec une palette en bois ». Si vous n’êtes pas très bricoleur, vous pouvez tout simplement récupérer un objet en excellent état (ça arrive très souvent). Autre possibilité : donner une nouvelle vie à un objet. Par exemple, une chaise haute comme porte plante.
Évitez certains objets
Pas question bien sûr de tout récupérer et de transformer votre chez vous en bric-à-brac de la récup’. Le plus simple est de vous laisser tenter par un objet qui pourrait avoir une utilité chez vous. En cas de doute, passez votre chemin. Avant d’embarquer les objets, vérifiez leur état et détectez la présence de petites piqures sur les meubles, signes de nuisibles. Pour éviter de ramener des puces de lit chez vous, faites l’impasse sur les matelas ou les sommiers !
Nettoyez les petits trésors
Une fois à la maison, nettoyez bien les objets avec une éponge et un matériel dédié. Utilisez aussi un bâton de fumigation (sauge, Palo santo) pour retirer toutes les énergies accumulées et faire place nette.
Suivez les bons comptes




Sur Instagram, de nombreux comptes de particuliers sont entièrement dédiés à la récup’ en ville. Vous allez être bluffés par tout ce qui est trouvé et récupéré dans les rues. Comment équiper entièrement une maison sans jamais rien acheter avec le compte @tombes_du_ciel ou @la_recyclerie_des_merveilles ou @lrecycle_la_rue ou @merci_la_rue_. Le point commun de ces comptes ? Redonner une nouvelle vie aux objets jetés afin de limiter les déchets et d’éviter le cycle infernal de la société de consommation (j’achète, je jette, je remplace). Autres comptes inspirants @consommons.sainement @defi_riendeneuf qui partagent des tutos de récup’ et donnent des astuces pour mieux consommer.
Équipez-vous
Si vous êtes à pied, prenez toujours avec vous un petit sac pliable, des gants (pour inspecter les meubles et autre objet) et ouvrez l’œil… des tonnes de trésors vous attendent !
A lire pour en savoir plus : La récup’facile d’Aline Gubri (Éditions Leduc, 14,90 €).
Comment bien acheter d’occasion ?
On le sait aujourd’hui : l’écologie repose essentiellement sur notre consommation. Nos porte monnaies permettent de financer des produits vertueux ou, au contraire, polluants. A l’inverse, acheter d’occasion permet d’économiser de l’énergie, des ressources et de réduire les émissions de CO2 (qui accélèrent et aggravent le réchauffement climatique). Sans compter l’intérêt des prix de la seconde main qui défient toute concurrence !
Écologie : pourquoi acheter d’occasion ?
La fabrication d’un objet ou d’un vêtement nécessite non seulement des matières premières qui, pour être utilisées, nécessitent de l’énergie, mais aussi tout un faisceau de services, d’actions et de ressources (eau, électricité…). L’ensemble du processus
Acheter d’occasion : le geste écolo pour freiner la fast fashion
L’industrie de la mode est la deuxième industrie la plus polluante après l’industrie pétrolière. Ce sont des milliers d’écosystèmes, terres ou rivières, qui sont anéantis par les rejets industriels toxiques des teintures, notamment dans les pays pauvres (lieux de fabrication et législations peu regardantes). Côté ressources, c’est également terrible. Imaginez : on parle de 10 000 litres d’eau utilisés pour fabriquer un simple jean ! La technique du sablage qui le délave (du sable projeté à haute pression) est polluante, gâche de l’eau et déclenche la silicose, une maladie incurable et mortelle chez les travailleurs qui respirent les poussières de silice. Même si cette technique décriée est censée cesser, elle se pratique encore massivement. Enfin, la culture du coton nécessaire à la fabrication du denim est l’une des plus polluantes au monde.
Pas de chance, selon l’OMS le coton représente 40 % de la production textile mondiale, 25 % des insecticides et 2,5 % des surfaces cultivées. Pire, plus de la moitié du coton cultivé dans le monde est génétiquement modifié. La culture de coton bio est plus éthique et moins néfaste puisque qu’il est cultivé sans pesticides, ni insecticides ou engrais chimiques. Mais elle reste très gourmande en eau. Or la fast fashion invite à acheter encore et encore ces pièces de coton bon marché, fabriquées à l’autre bout du monde. Acheter d’occasion est un coup de frein à ce désastre écologique.
Acheter d’occasion : une arme anti-déchet !
Autre argument écologique de taille en faveur de l’occasion : utiliser un produit une seconde fois au lieu de le jeter évite la création de déchets qui sous-entend l’utilisation d’emballages, de plastique, etc. Déchets qui, eux aussi demandent beaucoup de matières et d’énergie pour être produits. En réalité, les emballages devraient être considérés comme des objets à part entière. Acheter des jouets d’occasion par exemple, permet de s’inscrire dans une démarche zéro déchet, mais aussi zéro plastique, ou en tout cas zéro « nouveau » plastique. Face à une société de surconsommation, la seconde main présente un autre avantage : proposer parfois des produits neufs encore emballés, ou en parfait état. Ces produits à moindre prix présentent un bilan carbone quasi nul, qui se réduit à l’acte d’achat et le transport, en général local ou national, et hautement mutualisé.
Acheter d’occasion sur Internet : sites d’occasion spécialisés ou généralistes ?






Sur Internet, plusieurs options s’offrent à vous.
- Il y a des sites spécialisés comme VideDressing.com Onceagain.fr pour les beaux vêtements, Percentil pour les fripes, et iletaitplusieursfois.com, micolet.fr ou salopettepetitcol.com pour les jolis vêtements enfants de seconde main.
- D’autres se spécialisent dans les appareils hight tech : Backmarket, yesyes, ou encore La Fnac onglet « Reconditionné-et-occasion » pour les ordinateurs et téléphones. La plupart des grands groupes s’y mettent, ainsi Darty propose aussi un service de matériel d’occasion. Ces sites apportent un certain nombre de garanties : état de marche, marque ou état du vêtement, et tout simplement de l’envoi. Ils sont à privilégier pour un achat important, comme un article de luxe qui pourrait être contrefait ou un appareil qui pourrait tomber en panne.
- Les sites généralistes comme leboncoin, eBay ou Vinted, reposent entièrement sur des particuliers qui gèrent les annonces et les envois. Pour les petits objets comme les jouets, les livres et les vêtements, on trouve des pépites à moindre prix et souvent neufs, avec ou sans emballage. Les prix des livres peuvent parfois être plus intéressants sur les sites de livres d’occasion spécialisés comme momox-shop.fr, recyclivre.com ou www.chasse-aux-livres.fr : comparez avant d’acheter !
Mais l’on peut aussi faire de bonnes affaires avec des produits plus « impliquants » (plus chers). Sur leboncoin typiquement, l’offre de meubles de grandes marques en parfait état (et même de meubles anciens), de vaisselle, d’objets de décoration de valeur, etc. peut permettre de se meubler entièrement d’occasion. Si l’on se trompe, ou que l’on a envie de changer de décor quelques temps plus tard, on revend facilement, et parfois au même prix (si l’on a pris soin de nos acquisitions). Au final, on se meuble donc quasi-gratuitement.
Conseils pour acheter sur Vinted
L’appli qui s’est imposée en quelques années comme leader incontesté de l’achat d’occasion entre particuliers offre un monde d’occasions dans votre téléphone et mérite quelques conseils :
- La recherche : tapez les bons mots-clés et enregistrez en favoris ce que vous repérez.
- Observez toutes les photos et lisez les descriptifs
- Si vous avez un doute, envoyez une question : la réponse du vendeur orientera votre choix.
- Consultez le profil du vendeur : s’il ne s’est pas connecté à l’appli depuis 6 mois (indication visible sur son profil), il y a peu de chances qu’il réponde à votre message ou envoie l’objet. Consultez ses évaluations pour estimer son sérieux.
- N’hésitez pas à faire une proposition de prix (fonctionnalité spécifique) ou à faire un lot en consultant les autres produits du dressing du vendeur (fonctionnalité « constitution de lot »). Cela amortira les frais d’envoi.
Évitez les annonces avec une seule photo, un prix dérisoire par rapport à la qualité attendue, ou encore des évaluations qui indiquent que les ventes n’ont pas abouti : cela veut dire que le produit n’a jamais été envoyé. Même si dans ce cas, vous récupérez votre argent, c’est une déception.
Conseils pour vendre sur Vinted
Il est aussi très facile de vendre ses affaires inutiles sur Vinted. On engrange l’argent des ventes sur le compte …pour racheter sur Vinted (ou possibilité de se verser l’argent récolté). Vous pouvez vraiment passer en « circuit fermé », financer vos nouveaux achats avec l’argent de vos ventes.
- Soignez les photos : qu’elles soient bien nettes, et montrent le produit sous différents angles.
- Ajoutez des mots-clés dans la description pour que votre annonce sorte du lot
- Indiquez tout défaut pour que l’acheteur ne soit pas surpris
- Soignez l’emballage, protégez bien le produit, ajoutez un petit mot
Que vous achetiez ou que vous vendiez, n’oubliez pas de laisser une évaluation sur le site !
Acheter d’occasion chez les brocanteurs, en dépôt-vente ou aux enchères
Pour les amoureux des objets anciens, ce sont les canaux à privilégier. Connectez-vous sur les sites de brocante en ligne, les sites de ventes aux enchères type Drouot, etc. Même chose pour les meubles modernes de créateurs, les bijoux, les accessoires de maroquinerie de luxe, etc. Ces lieux sérieux offrent en général des services associés comme la livraison ainsi que des factures, certificats d’authenticités, etc. Ces lieux offrent une bonne traçabilité et on peut y faire de vraies affaires. La difficulté ? Trouver ce que l’on cherche. On trouve mieux quand on ne cherche rien de précis ! Ou bien il faut être patient, et suivre les ventes en ligne régulièrement, pour tomber enfin sur ce que l’on cherchait.
Acheter d’occasion et solidaire dans les « ressourceries » ou « recycleries »

Connaissez-vous les ressourceries ? Ces magasins solidaires d’un nouveau genre se développent un peu partout, souvent sous forme d’association. Ils regroupent des dons des citoyens et vendent à prix mini toute sorte d’objets du quotidien : vaisselle, jouets, livres, instruments de musique, petit électro-ménager… Parfois aussi des meubles, comme chez Emmaüs. Il suffit de chercher les adresses près de chez soi pour donner ou acheter. On peut y trouver des ateliers pour apprendre à réparer les appareils cassés et un réseau de personnes solidaires. Les bénéfices sont reversés à l’association, ce qui permet d’embaucher du personnel pour faire tourner le magasin ou mener des actions en faveur des populations défavorisées. C’est le symbole de l’économie circulaire par excellence !
Comment bien acheter des vêtements d’occasion ?
Quand on achète pour soi, il faut se projeter dans le vêtement (plus difficile pour une veste que pour un t-shirt). Observez bien la coupe, si la ceinture est élastique, si le tissu est fluide, etc. La marque peut aussi vous donner une idée de la qualité, surtout si vous la connaissez. Dans tous les cas, regardez dans quel état se trouve l’article : bouloches, tissu détendu, coupe déformée par l’usure peuvent décevoir. L’idéal est de chercher quelque chose de précis : plus vous saurez ce que vous voulez, plus vous aurez de chances d’être satisfait, surtout par exemple si vous rachetez vos baskets chéries une fois usées. C’est d’autant plus valable pour les enfants : quand on connaît les modèles d’une marque, on peut facilement les retrouver une taille au-dessus. D’une manière générale, acheter d’occasion les vêtements pour enfants est très facile, car les prix sont intéressants. Et comme les enfants ne portent pas longtemps leurs vêtements, le risque est minime. Une technique qui peut vraiment réduire votre budget.
Comment bien acheter des meubles d’occasion ?
C’est un peu différent. Outre les défauts type griffures, marques de coups, peinture écaillée ou vernis à refaire qui influent sur la décision d’achat, ce sont les conditions techniques de montage et de livraison qui peuvent tout changer. Un meuble en kit sans sa notice, ou avec des vis qui manquent, vous entraînera dans un grand moment de solitude et d’énervement. De même, les particuliers ne livrant pas, mieux vaut se tourner vers des ventes géolocalisées comme sur leboncoin pour éviter d’avoir à payer un transporteur. Enfin, attention aussi aux meubles de designer : ils peuvent avoir été repeints, modifiés ou être des répliques sans que vous ne puissiez vérifier. Or, ils n’ont plus du tout la même valeur s’ils ont subi des modifications ! Sinon, de nombreux sites se spécialisent dans la vente de meubles d’occasion vintage, comme selency, troc.com ou izidore, qui permettent d’éviter l’achat de meubles neufs souvent de qualité moyenne.
Comment bien acheter des objets de luxe d’occasion ?

Le problème ici est en premier lieu la contrefaçon, bien sûr. Qu’il s’agisse de sacs à main, de parfum ou de bijoux, sauf à passer par un site qui garantisse l’authenticité, il existe un risque non-négligeable. Les copies sont devenues si proches des objets authentiques qu’il est parfois très difficile de s’en rendre compte sur photo. Méfiez-vous en particulier des profils qui proposent un ou deux produits seulement, avec une ou 2 évaluations seulement : ce sont des profils qui vendent un produit contrefait puis disparaissent.
Sur les sites qui garantissent l’authenticité (la meilleure option) demandez si le produit est vendu avec l’emballage original, le certificat d’authenticité, la garantie, etc. Pour les montres par exemple, une facture peut être demandée pour assurer les réparations. Il n’est pas interdit de vendre sans, mais cela peut être ennuyeux par la suite.
Comment bien acheter de l’électroménager ou du high tech d’occasion ?
Si vous achetez sur place, dans une ressourcerie/recyclerie, il est facile de demander une prise pour vérifier que l’objet fonctionne, et puis en l’ayant en main et sous les yeux, peu de risque de mauvaise surprise. A distance, c’est plus compliqué, ici encore, en passant par un site officiel géré par un groupe, vous pouvez avoir une extension de garantie ce qui est très rassurant : la machine a, en effet, été testée et « reconditionnée » par des pros. Reste à gérer la livraison qui peut présenter un surcoût. En revanche, entre particuliers, si vous achetez, déplacez-vous : si une fois sur place la machine, présente un problème, vous pourrez repartir sans, alors que si le vendeur vous la livre, il peut ensuite faire des histoires si vous refusez de concrétiser la vente.
Comment bien acheter des voitures et des maisons d’occasion ?
Côté voitures, les préoccupations écologiques sont similaires à celles des produits high-tech : ce sont des milliers de composants qui entrent dans la fabrication et autant de produits utilisés. Mais les gouvernements mettent en place des mesures incitatives pour que les fabricants diminuent leur empreinte carbone et produisent des modèles plus écologiques. L’achat d’une voiture d’occasion évite toute la pollution liée à la fabrication, mais peut se révéler plus polluant à l’usage qu’un nouveau modèle, surtout si le véhicule est vraiment ancien. Dans certains cas, le marché de l’occasion peut proposer des véhicules très récents, avec peu de kilomètres au compteur. L’occasion reste ici encore, sur tout le cycle de vie, préférable dans la grande majorité des cas écologiquement parlant, qu’elle soit essence, diesel, hybride ou électrique. Sans compter que l’achat d’une voiture d’occasion est bien plus rentable que l’achat d’une voiture neuve (qui décote massivement dès la première année : perd entre 15 et 30% de sa valeur).
En ce qui concerne les maisons, sachez que l’urbanisation des territoires naturels est un véritable cataclysme pour les écosystèmes, qui sont tout simplement rasés. Même s’il parait curieux de le mentionner, en comparaison avec les vêtements, sachez que l’impact de ces chantiers immobiliers est tout aussi préoccupant. En effet, les matériaux de construction sont eux aussi extrêmement polluants : le béton est l’un des matériaux les plus néfastes qui soient. Consommateur d’eau à l’extrême, il est responsable d’une forte part des émissions de gaz à effet de serre et contribue ainsi au réchauffement climatique, sans parler des ravages causés par les carrières de calcaire et les cimenteries. L’industrie de la construction est hautement destructrice pour la planète. Sans compter que l’investissement immobilier dans l’ancien est bien plus rentable que dans le neuf.
Comment bien acheter d’occasion en vide-grenier ou brocante de rue ?

C’est sans doute le meilleur rapport déplacement/risque/prix. Vous pouvez vérifier sur place, avoir l’objet ou le vêtement en main, les prix sont en général très bas, en enfin, vous évitez les frais de port. Des avantages notamment valables pour les jouets et les habits pour enfants, qui parfois peuvent même s’échanger entre exposants si vous participez vous-même au vide-grenier !
Oui, le monde change. Il est temps d’arrêter de surconsommer, d’acheter moins, mais mieux, du durable et surtout, de l’occasion afin de limiter notre impact. C’est un des rares gestes, avec le boycott d’un produit, à avoir un effet direct, mesurable et immédiat. Quand on voit les montagnes de vêtements jetés échoués sur les plages ou cachés dans le désert chilien après avoir tant pollué, et les ordinateurs amoncelés en plein air dans une décharge au Ghana après avoir tant coûté à la planète en matériaux rares, acheter d’occasion est une solution d’avenir. Sans aucun doute !
Pourquoi l'avocat est-il si critiqué ?
L’avocat est le symbole de la Healthy food par excellence : propulsé au rang de superstar de la nutrition pour ses nombreuses vertus nutritionnelles, on le retrouve aussi dans plusieurs produits comme gage de naturalité. Mais qu’en est-il de sa culture et de son approvisionnement ?
L’avocat est à juste titre considéré comme un super aliment. Avec ses bonnes graisses, des acides gras insaturés, des vitamines (E, K1, B5, B9…), des fibres, du potassium, du folate, du cuivre, le fruit de l’avocatier (oui, l’avocat est un fruit) est également riche en antioxydants ce qui lui confère des vertus neuroprotectrices, en plus de nombreuses allégations santé, notamment son effet bénéfique sur le taux de “mauvais” cholestérol, grâce à son acide oléique. Il est tellement bon pour la santé qu’on en fait même des produits de beauté, pour que la peau et les cheveux puissent bénéficier de ses bienfaits.
Tendance Avocat : une demande démesurée

Cet incontournable de la cuisine et de la salle de bain se met en scène : il est partout sur les réseaux sociaux. Cette surexposition contribue à sa notoriété et fait augmenter la demande. L’avocat est photographié sous toutes ses formes, du poke bowl jusqu’à des lamelles artistiques qui enregistrent des records de « like ». Ce fruit, qui a été élu l’aliment le plus populaire sur le réseau social Pinterest en 2015, possède même sa propre tendance : le shaved avocado propulsé par Colette Dike (photographe culinaire basée aux Pays Bas) sur son blog, puis son compte Instagram @fooddeco (115k followers). Son « food art » est ainsi dédié à l’avocat nu coupé en fines lamelles organisées pour un rendu artistique : de véritables tableaux comestibles dont personne ne questionne l’approvisionnement.Une image contenant alimentation, intérieur, réfrigérateur, appareils électroménagers
L’avocat, un désastre écologique

Longtemps resté discret, l’avocat fait face aujourd’hui à une demande exponentielle qui l’a fait basculer dans un commerce mondial lourd de conséquences. L’explosion de sa culture et de son transport a un impact néfaste sur l’environnement. La culture des avocats demande l’utilisation de beaucoup de pesticides dans les pays où il est cultivé, comme le Mexique. Et en plus, l’avocatier est un arbre très gourmand en eau. On considère qu’un kilo d’avocats nécessite environ 1 000 litres d’eau. Cultivé dans les pays chauds pour leur climat, les cultures d’avocat se sont multipliées au point d’assécher les nappes phréatiques, comme en Afrique du Sud. Près de Johannesburg, la région du Limpopo n’a jamais autant manqué d’eau… alors que la ferme ZZ2, installée dans cette zone, est un des plus importants exportateurs en Europe. Cette ferme a nécessité la construction d’un aqueduc de 30 kilomètres de long pour capter l’eau des montagnes et la transférer sur l’exploitation. Si bien que ce manque d’eau réduit la culture du maïs que le pays doit à présent importer, que des bovins meurent de soif, et que certains Sud-Africains n’ont toujours pas l’eau courante. Même processus à Petorca, au Chili, où la culture de l’avocat est responsable de l’asséchement du fleuve et empêche les autres agriculteurs d’avoir accès à l’eau. Enfin, l’expansion des cultures entraîne la déforestation de milliers d’hectares, notamment en Amérique latine et au Mexique, où des forêts entières sont brulées de manière criminelle pour pouvoir cultiver l’avocat.
L’avocat, terrible bilan carbone
Pour finir, le bilan carbone de l’avocat est catastrophique à cause du transport. Pour amener l’avocat depuis les pays producteurs jusqu’aux pays consommateurs (principalement l’Europe et les Etats Unis), il doit prendre le bateau pendant près d’un mois, dans des chambres réfrigérées, ce qui demande une grande consommation d’énergie, et une forte émission de pollution et de CO2. Mais le bilan ne s’arrête pas là : une fois arrivé aux Pays Bas, les avocats doivent être progressivement réchauffés jusqu’à température ambiante. Les fruits passent environ une semaine sur place pour les faire murir artificiellement grâce à de l’éthylène. En effet, l’avocat produit naturellement ce gaz, surtout quand il est près d’une source de chaleur, ce qui explique pourquoi on peut aider ce fruit à murir en l’emballant dans du papier journal ou en le plaçant au soleil (ou sur un radiateur). Enfin, les avocats sont triés par des ouvriers à une cadence infernale : 52 fruits par minute, selon une enquête peu reluisante du journal le “Zeit”. Et en plus, les fruits qui n’ont pas la bonne forme (ils doivent être identiques) sont tout simplement jetés.
Faut-il arrêter l’avocat pour l’écologie ?
« L’or vert » du Mexique s’est ainsi transformé en « diamant de sang ». Il faut s’interroger quant à la provenance de l’avocat et en limiter en partie la consommation. On peut se tourner vers le bio et le plus local possible, pour les français ce sera sans doute les avocats de Corse. Il faut aussi se rappeler que l’avocat est un fruit exotique dont on doit respecter la saison comme le chef Romain Meder, qui le choisit français et corse, et seulement pendant leur saison. Plus petits, ils sont aussi moins courants et plus chers, pour une saveur un peu moins crémeuse. Les plus engagés écologiquement peuvent choisir de s’en passer à l’instar du chef étoilé Florent Ladeyn qui n’utilise que des produits locaux, ou des cafés Marlette qui ont choisi de rayer l’avocat de leur carte par souci d’écologie.
Vous l’avez compris, la plupart du temps l’avocat que vous aurez devant vous ne sera pas, mais alors pas du tout clean…. C’est malheureusement le lot de nombreux produits quand la demande explose. Il faut revenir à la modération en considérant ces produits comme des produits de luxe dont la consommation doit rester rare.
Comprendre l’empreinte carbone
Quelle est notre part de responsabilité en termes d’émissions de gaz à effet de serre, autrement dit, notre participation au réchauffement climatique ? C’est pour les mesurer qu’existe l’empreinte carbone, une mesure de l’impact de nos activités sur l’environnement en termes d’émission de CO2, un calcul qui n’est pas réservé qu’aux entreprises !
L’empreinte carbone, c’est quoi ?
L’empreinte carbone est un indicateur qui mesure les émissions de gaz à effet de serre.
En général, il est exprimé en équivalent dioxyde de carbone (CO2e) d’une activité humaine. C’est la mesure du volume émis par la combustion d’énergies fossiles. On peut donc évaluer l’empreinte carbone d’une entreprise, mais aussi d’un territoire ou encore de particuliers, d’un groupe, d’une famille, etc.
Si le nom « empreinte carbone » a été choisi, c’est parce que le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique. On utilise, pour l’ensemble des Gaz à Effet de Serre (GES) mesurés, cette mesure globale rapportée au CO2 qui indique un résultat facile à interpréter. L’empreinte carbone d’un pays peut aussi se mesurer par rapport aux GES des ménages (énergie utilisée pour le transport et le chauffage), à la production nationale de biens et de services non exportés, ou encore aux produits et services importés.
Calcul de l’empreinte carbone
L’empreinte carbone se calcule en évaluant les émissions directes de GES dues à l’utilisation de l’énergie consommée par l’entreprise/le groupe/l’individu en question, en incluant l’analyse des cycles de vie. Le cycle de vie d’un produit s’évalue en tenant compte, non pas uniquement de son impact lors de son utilisation (émissions directes), mais aussi celui de sa genèse, jusqu’à sa disparition. On inclue alors au calcul les émissions de GES « indirectes » qui proviennent de l’approvisionnement en matières premières, de la transformation, du transport, de la distribution sans oublier de la destruction, recyclage ou transformation après usage. Forcément, le bilan est alors bien plus lourd, mais aussi plus juste.
Empreinte carbone et bilan carbone
Le terme « empreinte carbone » est un terme généraliste qui indique la mesure destinée aux particuliers ou tout autre groupe. Chaque pays mesure ainsi ses émissions de gaz à effet de serre afin d’évaluer son empreinte carbone et réduire ses émissions (ou les compenser).
Pour les entreprises, on parle plutôt de « bilan carbone », un outil spécifique développé par l’ADEME (Agence de la transition écologique). Ce bilan carbone permet de calculer l’empreinte de l’entreprise, en mesurant ses émissions directes et indirectes.
En France, depuis la signature du Protocole de Kyoto de 1997, les entreprises de plus de 500 salariés doivent obligatoirement réaliser un bilan carbone. De plus, tous les organismes doivent en faire la déclaration, et rendre public leur impact et leur stratégie d’investissement. Cette stratégie d’investissement doit tenir compte du plan national bas carbone décidé par le gouvernement.
Alors, à quoi sert l’empreinte carbone ?

Qu’il s’agisse d’une entreprise, d’un pays ou d’un individu, évaluer son empreinte carbone est le premier pas nécessaire pour lutter contre le réchauffement climatique. L’objectif est d’identifier les postes qui émettent le plus de gaz à effet de serre afin de développer des stratégies et de prendre des mesures pour changer certains process ou habitudes, en vue de diminuer ces émissions. Cette démarche permet d’évaluer l’urgence à changer, de chercher de nouvelles solutions qui auront moins d’impact sur l’environnement. Ce calcul
Qu’est-ce que la compensation carbone ?
Pour une entreprise, la compensation carbone (ou contribution carbone) consiste à s’engager sur le terrain dans un projet qui aura un impact positif sur les émissions de gaz à effet de serre : soit en les réduisant, soit en les « séquestrant ».
En effet, les gaz à effet de serre impactent le climat de la même manière, quelle que soit leur zone géographique d’émission. Chaque entreprise éligible (industries spécifiques), possède un certain nombre de « crédits carbone » personnalisés, et déterminés selon ses émissions potentielles de CO2. Si l’entreprise réussit à réduire ses émissions, elle peut revendre ces crédits sur le « marché du carbone » où 1 tonne d’équivalent CO2 réduite ou séquestrée (c’est-à-dire du CO2 qui est emmagasiné au lieu d’être libéré dans l’atmosphère) non émis équivaut à 1 crédit carbone.
Ainsi, une entreprise française peut investir dans un projet de plantation d’arbres par exemple, même à l’autre bout du monde, et cela pourra être comptabilisé en sa faveur : son impact positif pourra être converti en crédits carbone.
Grâce à ses crédits, l’entreprise peut alors s’acquitter de certaines obligations écologiques. Ces obligations écologiques sont valorisées dans le cadre d’une politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais ne peuvent pas suffire à elles seules, ni se substituer à la démarche globale de réduction des émissions.
Il s’est ainsi créé ce qu’on appelle la « finance carbone » qui met en place, contrôle et comptabilise toutes ces démarches. Ce sont autant de développeurs de projets, d’organisations spécialisées et de labels qui doivent intervenir.
Si cette notion de compensation carbone peut paraitre un peu hypocrite, elle ne suffit pas à justifier une stratégie écologique. Mais la création de crédits carbone permet de générer d’autres avantages écologiques et sociaux, là où les projets sont mis en œuvre.
Calculer son empreinte carbone personnelle






Si tenter l’exercice vous intéresse, sachez qu’un grand nombre de calculateurs gratuits sont disponibles en ligne. Ils prennent principalement en compte les postes d’émissions de GES :
- les déplacements quotidiens tous transports confondus, ainsi que les déplacements plus rares comme les voyages en avion
- les caractéristiques du foyer, ses habitants, sa taille, le traitement de l’eau et des déchets
- l’énergie utilisée (gaz, fioul, électricité…) impliquant de renseigner le type de chauffage, mais aussi l’isolation ou encore les appareils ménagers, les machines, les appareils électroniques etc.
- la consommation incluant l’alimentation, les vêtements, les médicaments consommés, les produits de beauté, le mobilier, etc.
A titre d’indication, le Ministère de la Transition Écologique évaluait l’empreinte carbone d’1 français à 11,2 tonnes d’équivalent CO2 émis dans l’atmosphère par an (dont 8 tonnes de CO2) dont 85% au moins proviennent de la consommation ! C’est-à-dire à ce qu’un individu paie directement.
Le reste est indirect, provenant du fonctionnement des services publics que le citoyen français utilise. Ce que l’on sait peu, c’est que le logement pèse peu dans la balance car, en France, près de 90% de la production d’électricité est dite « décarbonée » c’est-à-dire que l’électricité ne provient pas des énergies fossiles mais des énergies renouvelables (hydro-électrique, solaire, éoliennes), ou du nucléaire, qui produisent très peu de CO2.
Empreinte carbone VS empreinte écologique
La notion d’empreinte carbone est parfois confondue avec celle de l’empreinte écologique.
La composante carbone de l’empreinte écologique va au-delà de cette définition. Elle indique la quantité, en surface de forêt, qui sera nécessaire pour séquestrer les émissions de dioxyde de carbone. Cet indicateur représente l’impact que les combustions de ressources fossiles exercent sur la planète.
Cette empreinte carbone, qui représente la moitié de l’empreinte écologique de l’ensemble de l’humanité, doit être réduite afin de lutter contre cette surconsommation.
L’empreinte écologique, dont le CO2 n’est qu’une composante, couvre un spectre plus large. Elle s’exprime en surface de terre productive requise pour produire les biens et services que nous consommons et absorber les déchets qui en découlent. Son évaluation la plus parlante – et couramment utilisée dans les médias – s’exprime en nombre de planètes nécessaires pour absorber nos modes de consommation. Ce qui permet de comparer les modes de vie des citoyens (d’un pays à l’autre par exemple) et de comprendre plus facilement le mode de vie à adopter pour respecter le renouvellement des ressources naturelles de notre terre.
Empreinte cachée et empreinte carbone

Au-delà de l’empreinte carbone, on peut aussi se pencher sur l’analyse de cycle de vie, c’est-à-dire remonter encore plus loin dans la chaine de responsabilité des émissions de gaz à effet de serre et prendre en compte le reste des impacts de notre consommation sur la
Planète. C’est-à-dire les ressources nécessaires pour produire ce que l’on consomme, au sens large.
Il n’y a pas de critères vraiment définis car ce que l’on cherche à évaluer avec l’empreinte écologique, c’est la pression qu’exerce l’homme sur l’environnement.
Malheureusement, cette évaluation-là sera toujours en dessous de la réalité car si elle prend en compte l’impact de l’utilisation du produit, elle n’évalue pas toute la partie invisible de l’iceberg : les ressources cachées qui ont été utilisées lors de la conception, comme par exemple l’eau nécessaire, ou encore l’impact du produit sur la biodiversité ou la pollution de l’air par exemple, ou l’impact des déchets produits en aval de l’utilisation.
Pourtant, ces ressources cachées représenteraient plus de 75% de l’impact environnemental
d’un produit sur son cycle de vie complet !
L’empreinte carbone de la France
Un outil existe pour mesurer l’impact de la France, c’est l’Inventaire National. Mais ce dernier prend uniquement en compte l’impact sur le lieu de production, c’est-à-dire pour ce qui est made in France. En l’utilisant, il est facile en tant que pays, de se déresponsabiliser en faisant produire (et donc) polluer ailleurs. A l’inverse, l’empreinte carbone qui prend en compte le lieu de consommation final, et non de production, offre une analyse bien plus juste.
Appliquée à un pays, l’empreinte carbone empêche ainsi de se défausser sur ses voisins en se félicitant d’une baisse d’émissions… alors que l’on importe ! En intégrant les émissions de GES résultant du cycle de vie complet, incluant production et transport, l’empreinte carbone est un indicateur bien plus réaliste, qui empêche le biais classique de la délocalisation de la production et l’importation, en bonne conscience.
Voilà pourquoi l’empreinte carbone est aujourd’hui reconnue, notamment depuis les Accords de Paris. Cette empreinte carbone permet aussi d’évaluer la pression écologique exercée par un pays importateur sur un autre et donner une vision plus équitable entre pays développés et pays en voie de développement.
Vous l’avez compris, l’empreinte carbone est un levier indispensable pour aider les nations à faire leur transition et devenir ainsi plus vertueuses, ou moins
Guerre en Ukraine : c’est aussi une catastrophe écologique !
Les guerres, en Ukraine comme ailleurs, sont toujours une catastrophe pour les peuples, mais également pour l’environnement. Les armes modernes sont dévastatrices pour l’écologie. Elles ne laissent derrière elles que désolation qui détruit les hommes mais aussi la nature pendant des décennies.
L’attaque de l’environnement
Dans une guerre, il y a un attaquant et un attaqué qui doit se défendre. Si la destruction de l’environnement est un dommage collatéral de cet affrontement, c’est aussi une stratégie à part entière de l’attaquant aujourd’hui.
Soumis à des bombardements et des incendies, les écosystèmes sont abimés, voire anéantis. Ces armes de destruction de l’environnement sont utilisées pour mettre les populations à genoux, montrer l’ascendance de l’attaquant sur un territoire et laisser la marque pérenne d’une domination.
Au-delà de deux armées qui s’affrontent, détruire délibérément tout l’environnement d’une ville, d’une région voire d’un pays, peut devenir un objectif de guerre en soi. Et si détruire l’environnement de l’ennemi n’est pas une stratégie nouvelle, les moyens technologiques actuels en font une arme redoutablement efficace.
Des bombardements destructeurs

Les bombardements d’une ville et d’infrastructures, qu’elles soient civiles ou militaires, détruisent les bâtiments avec tout ce qu’ils contiennent, en particulier les réseaux d’électricité et d’eau. La réduction en cendres de matières toxiques génère des poussières et des fumées qui se dispersent dans l’environnement et étouffent les êtres vivants sur place.
Voilà pourquoi les bâtiments sont des cibles privilégiées pour ne laisser aucune chance de survie à tout ce qui se trouve sur place et aux environs. Cette stratégie, dite de la « terre brûlée », isole les populations en les privant de ressources. Une démonstration de force qui rajoute la terreur aux dégâts matériels et humains.
Les infrastructures visées et le nucléaire

Un pays industrialisé, comme l’Ukraine, offre malheureusement à travers ses usines métallurgiques, chimiques, et ses nombreuses infrastructures installées dans les grandes villes (Kiev, Kharkiv ou Marioupol) des cibles de choix à la guerre menée par Vladimir Poutine.
En Ukraine, les infrastructures liées à l’énergie comme les centrales de production électrique (nucléaire, hydroélectrique) sont les plus à même de causer des dommages irréversibles sur l’environnement. Ce qui explique pourquoi pipelines, centrales, usines, réserves d’eau ou de carburant, et sites militaires, sont des cibles privilégiées. La destruction de ces sites est stratégique.
Aujourd’hui, la peur des dirigeants serait qu’une centrale nucléaire soit touchée par un missile, et entraine un accident nucléaire. Après que des pipelines aient été sabotés, des raffineries attaquées, la crainte de dégâts majeurs sur des sites sensibles qui pourraient émettre des déchets radioactifs est réelle. Mener de tels combats en Ukraine, dans un pays qui possède 15 réacteurs nucléaires, est une situation inédite et inquiétante.
L’Ukraine : un grand réservoir de biodiversité menacé






L’Ukraine est un pays dont la biodiversité est extrêmement riche. Avec des dizaines de zones humides précieuses, une quarantaine de réserves et parcs nationaux, et la célèbre réserve de biosphère de la Mer Noire, l’Ukraine est un pays-sanctuaire dont de nombreuses espèces, déjà en danger, le sont encore plus aujourd’hui.
Les dégradations et les incendies, qui calcinent les forêts et tous les matériaux sur leur passage, ont libéré des fumées toxiques et une pollution importante de microparticules et de métaux lourds. Dans ces zones, l’air peut devenir irrespirable. Les poussières se faufilent partout et polluent l’air, mais aussi les sols et l’eau, contaminant des zones entières dont les écosystèmes pourraient, à terme, ne jamais se relever.
Côté mer, les ports, zones stratégiques de premier ordre, sont aussi attaqués et bombardés. Tout l’environnement marin est menacé : la côte, mais aussi la mer Noire en ce qui concerne l’Ukraine. Des images satellites ont montré que des incendies dans la réserve de biosphère de la mer Noire, au sud de l’Ukraine, mettent en péril une des plus grandes zones naturelles protégées du pays ainsi que plusieurs espèces en voie de disparition. Animaux marins, terrestres et oiseaux migrateurs, sont directement touchés par la guerre. Ils pourraient ne plus jamais retrouver un environnement propice à leur survie. Sans parler des blindés, qui, sans aucune considération pour l’environnement, franchissent les zones protégées qu’ils saccagent avec leurs troupes.
La région du Donbass sacrifiée
Avant que n’éclate le conflit actuel, le Donbass, région à l’est de l’Ukraine, connaissait déjà (depuis 2014) des affrontements entre l’armée ukrainienne et les séparatistes prorusses. Cette guerre du Donbass offre une vision de ce que peut donner un conflit à plus grande échelle. Le Donbass, aujourd’hui dévasté, est considéré comme une des zones les plus polluées en Europe. La démolition des zones minières laisse les mines à l’abandon, dispersant des produits toxiques qui contaminent l’eau et les sols. A cela, s’ajoute une pollution aux métaux lourds et aux produits chimiques, due à l’utilisation des munitions, qui a envahi les cours d’eau et les lacs de cette région.
L’impact de la guerre sur la nature en Ukraine est sans appel. Ce pays subit une catastrophe environnementale, dont on ne peut pas encore anticiper l’étendue et la gravité, qui sera en partie irréversible. Tout comme toutes les zones qui font l’objet de conflits armés aujourd’hui dans le monde.
Les 10 avantages du DIY
Si la tendance Do It Yourself (DIY pour les initiés) a débarqué dans nos vies grâce aux tutoriels et autres vidéos sur les réseaux sociaux, c’est aussi par souci d’écologie ! Passe-temps pour les uns, passion pour les autres, le DIY possède de nombreux avantages.
1 – Le DIY réduit les déchets

La gestion des déchets est coûteuse pour les collectivités (collecte, ramassage, tri, transport…) et pour la planète puisqu’une grande partie d’entre eux sera enterrée, brûlée, ou envoyée à l’étranger pour atterrir dans des décharges sauvages. Des modes d’action qui polluent. Alors en réutilisant des matériaux pour fabriquer de nouveaux objets, on évite que ces derniers finissent à la poubelle. En offrant une seconde vie au plastique, au bois, au carton, on participe à la réduction des déchets.
2 – Le DIY diminue la pollution
Chaque fois qu’un objet est fabriqué, sa production utilise des ressources et de l’énergie. A chaque étape de cette fabrication, on pollue l’air, l’eau, les sols. Ainsi, chaque objet fabriqué par nos soins évite l’utilisation de ces ressources, qu’il s’agisse de matières premières (bois, sable…), d’eau ou d’énergie.
3 – Le DIY fait faire des économies
En recyclant ou transformant des objets anciens, ou des matériaux, c’est le porte-monnaie qui dit merci ! Faire soi-même coûte toujours moins cher que d’acheter neuf. Même si au départ pour fabriquer ses propres meubles par exemple, il faut un peu de matériel, celui-ci est en général vite rentabilisé.
4 – Le DIY n’alourdit pas l’empreinte carbone
L’empreinte carbone correspond au volume de gaz à effet de serre nécessaire à votre consommation et à votre mode de vie. Les ressources et l’énergie liées à la production des achats que vous faites, vous rendent donc indirectement responsable de ces gaz qui aggravent le dérèglement du climat.
5 – Le DIY apprend à bricoler
Bricoler pour fabriquer quelque chose que l’on a imaginé donne beaucoup de satisfaction. Chaque petite création (cadre photo, jouet…) enseigne l’art d’assembler, de percer, de coller, de découper… avec le DIY, on apprend à bricoler et on retrouve son âme d’enfant !
6 – Le DIY initie au sur-mesure
Un autre avantage du DIY est bien sûr de pouvoir fabriquer des objets sur-mesure : dimensions, matières, couleurs… de nombreuses personnes ont d’ailleurs commencé comme cela : parce qu’elles ne trouvaient pas dans le commerce le produit dont elles rêvaient !
7 – Le DIY détend et augmente la confiance en soi
Quelle fierté dans un monde où tout est automatisé et où l’on est incité à consommer toujours plus, de reprendre l’initiative et de créer de ses propres mains. Poterie, peinture et même créations au jardin, diminuent le stress et apportent un grand sentiment de fierté.
8 – Le DIY rend hommage à la nature

En particulier pour le DIY Déco ou avec les enfants, on favorise souvent les matériaux naturels : coquillages, fleurs séchées, bois, pierres. Orner son intérieur avec des petits morceaux de nature est une manière de rendre le DIY encore plus écolo !
9 – Le DIY encourage l’upcycling et le recyclage
Le DIY est en passe de devenir un véritable mode de vie. Il incite naturellement à s’intéresser à l’upcycling (le fait de fabriquer à partir de l’existant) et aux produits faits de matières recyclées. Il initie donc à de nouveaux modes de consommation. D’ailleurs, les entreprises responsables spécialisées dans ce domaine se multiplient, des vêtements aux meubles !
10 – Le DIY inspire l’entourage

Voisins, amis, famille : en parlant autour de soi des avantages du DIY on influence, on inspire, on convertit ! C’est aussi le cas quand on offre des cadeaux faits maisons, qu’il s’agisse d’une bougie ou d’un petit objet. Reste à créer des projets DIY en groupe, et pourquoi pas construire une maison tous ensemble ?
Au-delà d’une tendance, le DIY possède une véritable dimension écologique. Tout ce que l’on fabrique soi-même met la planète à l’abri de tous les impacts liés au cycle de vie du produit, depuis la conception jusqu’à l’utilisation, en passant par l’emballage et le transport. Alors à vous de jouer !
L’agriculture bio est-elle meilleure pour la planète ?
Encore un choix d’initié il y a quelques années, le bio s’est démocratisé à grande vitesse ! Dans l’inconscient collectif, le bio est forcément meilleur pour la santé et pour la planète que l’agriculture conventionnelle. Vrai ou faux ?
C’est quoi une culture bio ?
Par rapport à l’agriculture dite conventionnelle, les fruits et légumes bio sont cultivés suivant une charte : le cahier des charges AB (Agriculture Biologique) interdit l’utilisation de pesticides, c’est-à-dire de « produit phytopharmaceutique », ou produit phytosanitaire de synthèse. Ces termes désignent toute substance utilisée pour lutter contre les organismes considérés comme nuisibles par les agriculteurs : champignons, insectes et mauvaises herbes. L’agriculture bio utilise bien des pesticides à condition qu’ils proviennent de substances naturelles ou substances dérivées de substances naturelles ou issus d’une liste de quelques exceptions tels que la chaux éteinte (de son vrai nom hydroxyde de calcium), l’huile de paraffine (pourtant issue du pétrole) ainsi que le soufre et des composés de cuivre, le sulfate de cuivre étant le pesticide le plus retrouvé sur les aliments biologiques, utilisé comme fongicide (anti-champignons). Des méthodes qui ne sont pas forcément inoffensives pour l’homme ou dépourvues d’effets néfastes pour l’environnement.
Naturel n’est pas parfait
A priori pourtant, on se dit que l’absence de pesticides est forcément meilleure pour la santé et pour la planète. Mais la charte n’est peut-être pas assez stricte car elle autorise par exemple les préparations au cuivre qui sont issues de la chimie minérale de synthèse comme la fameuse « bouillie bordelaise », un mélange de chaux et de sulfate de cuivre obtenu industriellement à la suite du décapage chimique du cuivre par l’acide sulfurique. Une bouillie autorisée mais loin d’être vertueuse. N’étant pas biodégradable, le cuivre a des effets négatifs sur les micro-organismes des sols où il s’accumule, des dommages collatéraux bien connus d’ailleurs soulevés par l’Inra (Institut National de la Recherche Agronomique) dans une expertise scientifique. Problème : dans la vigne bio comme pour les pommes de terre bio, il n’y a pas d’alternative. Ce contre-exemple permet en particulier de comprendre qu’il est difficile de faire une généralité sur le bio, car chaque culture possède des spécificités.
Les failles du bio
Les produits bio répondent donc à un cahier des charges qui cible les produits chimiques, mais qui ignore des points essentiels : on peut ainsi cultiver du bio tout en ayant des pratiques agressives pour l’environnement et les sols. En effet, l’agriculture “conventionnelle” a tout autant recours au labour que le Bio alors que c’est est une des pratiques les plus perturbantes pour les sols et la biodiversité. En effet, il faut considérer toutes caractéristiques d’une culture pour évaluer ses impacts et pouvoir comparer bio et conventionnel. En l’occurrence, utiliser quelques grammes de glyphosate mais préserver les sols de pratiques qui détruisent leur équilibre en les soulevant est sans doute moins néfaste que de se passer d’un peu de produit chimique mais détruire l’écosystème de la terre (bactéries, vers de terre et champignons qui en font la richesse). Par ailleurs, l’agriculture bio a un rendement plus faible. C’est-à-dire que pour la même production, l’agriculture bio a besoin de plus de terrain, une surface qui va générer plus d’émissions de gaz à effet de serre au cours de la production.
Le bio mondialisé = bio néfaste

Autre critère à prendre en compte : l’endroit où le produit bio est cultivé par rapport à celui où il sera consommé. S’ils viennent de l’autre bout du monde, (et d’autant plus s’ils sont sur-emballés dans du plastique), les produits bio auront un bilan écologique très mauvais par rapport à des légumes cultivés en conventionnel mais consommés localement. En effet, les dommages écologiques du transport et de ses émissions de gaz à effet de serre, la pétrochimie utilisée pour les emballages, ne seront jamais compensés par l’absence de pesticides de l’agriculture bio.
Par ailleurs, le label et la charte bio ne garantissent pas le respect des travailleurs sur les exploitations. Des ouvriers agricoles d’exploitations bio exercent dans des conditions déplorables, y compris en Europe. Par exemple, poivrons, tomates et autres légumes d’été que l’on trouve encore en fin de saison sur nos étals, viennent majoritairement d’Espagne et de sa « mer de plastique » à Almeria. Cette zone qui produit du bio pour toute l’Europe est largement cultivée et récoltée par des travailleurs migrants saisonniers, qui vivent dans des conditions proche de l’esclavage moderne. Le label Bio est dans ce cas un argument marketing très loin des attentes des consommateurs.
Fruits et légumes bio, meilleurs pour la santé ?

Et en ce qui concerne la teneur en nutriments souvent vantée par les producteurs bio, elle ne dépend pas de l’utilisation ou non des pesticides naturels ou de synthèse mais de la variété de la plante, de son exposition ou non au soleil, de la pollution de l’air et de la richesse ou de la pauvreté du sol. Sans oublier les engrais azotés utilisés et du moment de la cueillette. Un fruit cultivé en bio mais qui finit de mûrir dans un container ne sera pas aussi riche en minéraux, vitamines et autres qu’un fruit qui est resté murir sur son arbre en profitant des bienfaits du soleil. Il est donc très délicat, pour ne pas dire impossible, de se prononcer et de trancher sur ce sujet. Encore une fois, une exploitation familiale bio, locale ou nationale, sera forcément un gage de meilleure qualité par rapport à des fruits ou légumes issus d’une culture bio industrialisée et loin de chez nous.
Le bio, meilleur pour la santé des agriculteurs
Aujourd’hui, si l’on sait qu’il vaut mieux éviter de consommer des pesticides, leurs effets sur la santé des consommateurs fait encore débat. Ce qui n’est pas le cas pour les agriculteurs : l’exposition professionnelle soutenue et répétée aux pesticides est un facteur de risque avéré pour la maladie de Parkinson, certains cancers du sang et le cancer de la prostate. De quoi y laisser sa santé… D’autant que la France n’atteint pas l’objectif du plan Ecophyto visant à réduire l’usage des produits phytosanitaires de 50% d’ici à 2025, un objectif déjà reporté plusieurs fois depuis sa création en 2008. Incroyable mais vrai : la France a vu les ventes de produits phytosanitaires augmenter significativement en 2018, avec un bond de +10% pour le fameux glyphosate, extrêmement toxique mais extrêmement efficace. L’arrêt de l’utilisation de cette substance rendrait le travail des agriculteurs peu rentable. Si certains agriculteurs ont fait des stocks en prévision d’interdictions futures, ils ont aussi acheté en abondance des produits moins nocifs mais qui devront être utilisés en plus grande quantité pour obtenir les mêmes résultats.
Les avantages du bio
Malgré les imperfections de la charte, cultiver en bio, pour l’agriculteur, c’est redécouvrir le métier de paysan, renouer avec la nature, l’observer pour intervenir au bon moment. Mis à part le Bio mondialisé à grande échelle, les agriculteurs bio adhèrent à une philosophie vertueuse globale même si elle n’est pas inscrite au cahier des charges. A savoir : respecter les écosystèmes, produire une alimentation saine, alimenter les circuits-courts, optimiser les consommations en énergie et en eau, réintégrer la biodiversité. C’est un choix positif aussi pour la collectivité car le bio pollue beaucoup moins, ce qui permet de réduire les coûts des traitements de dépollution de l’eau et des sols. L’agriculture bio participe à la réduction de ces dépenses pour la société. Voilà pourquoi le bio est nécessaire, et souvent meilleur, même s’il n’est pas parfait.
Au-delà du bio, l’agriculture de conservation
La charte bio est donc perfectible avec une troisième voie, entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture bio : l’agriculture de conservation. Non bio, cette agriculture utilise un ensemble de pratiques vertueuses pour les écosystèmes : ne pas labourer les sols, éviter d’avoir des sols « nus » en y semant un « couvert végétal », c’est-à-dire un mélange de plantes qui lui évite de se dégrader et s’appauvrir en perdant sa précieuse matière organique. Or pour pratiquer l’agriculture de conservation, il est nécessaire d’avoir un petit peu recours au glyphosate, pour détruire le « couvert végétal » entre deux semences et éviter qu’il ne repousse et se mélange aux cultures. Ce pesticide est si puissant qu’une quantité absolument minime suffit (les meilleurs agriculteurs arrivent à n’utiliser qu’1 à 2L/hectares !) pour gérer le problème du couvert. Quant aux agriculteurs bio qui veulent eux-aussi préserver les sols mais ne peuvent utiliser de pesticides, pratiquent le désherbage mécanique pour enlever le couvert végétal. Une technique fastidieuse et complexe qui doit s’ajouter aux pratiques du bio. Aujourd’hui, cette agriculture de conservation permet d’arrêter d’épuiser les sols, cultivés en bio ou non.
Le futur du bio
Ainsi, pour vraiment bien faire, préserver sa santé ET l’environnement des dégâts de l’agriculture intensive et des pesticides, l’agriculture devrait donc à la fois se convertir au bio, bannir toute molécule chimique de synthèse mais aussi appliquer toutes les bonnes pratiques de conservation des sols. Autant de pratiques qui permettraient de pratiquer une agriculture vraiment vertueuse, du « vrai bio », et non du bio mondialisé ou low cost. La vente en circuits courts devrait aussi se démocratiser : sans intermédiaire, l’agriculteur est plus justement rémunéré.

Ce sont toutes ces pratiques qui construiront l’agriculture régénératrice du futur, que certains appellent déjà l’ABC (Agriculture Biologique de Conservation). Cette nouvelle agriculture repose pour l’instant sur la motivation et le bon vouloir d’agriculteurs nouvelle génération véritablement écologistes.
Si l’agriculture bio fut une étape importante, elle est dépassée aujourd’hui par la crise écologique qui exige des mesures plus fortes, et un véritable accompagnement des agriculteurs par les pouvoirs publics. A votre échelle de consommateur, vous pouvez soutenir cette transition en réduisant les achats en supermarchés au profit de marchés de producteurs locaux, et en choisissant des aliments sans emballage, produits en France voir idéalement dans votre région, et -de fait – consommer les produits frais et de saison. A l’heure actuelle, il n’existe aucune forme d’agriculture productiviste qui permette aux agriculteurs de bien vivre tout en préservant l’environnement. Il faudrait donc revoir tout le système agricole !
5 déchets néfastes dont on parle peu
La réduction des déchets et la tendance « zéro déchet » sont sur toutes les lèvres dès que l’on parle écologie. Mais on a plus souvent en tête les poubelles domestiques issues de notre alimentation que d’autres déchets courants qu’il est facile de réduire… voire d’éliminer ! Plongée au cœur de 5 déchets à éradiquer.
1- Les masques covid à usage unique
Les directives pour le port du masque obligatoire ont fait bondir la production, l’utilisation et ensuite les déchets de ces masques chirurgicaux habituellement réservés aux professionnels de santé. Ces masques sont faits de fibres synthétiques : du polypropylène, bref, du plastique. Et si on ajoute les gants chirurgicaux, la pandémie et son corollaire de protections jetables, ceux-ci ont fortement aggravé la pollution plastique en mer. Aujourd’hui on commence à se pencher sur la mise en place de leur recyclage, celui-ci se heurtant à la difficulté de les collecter d’une part mais aussi à la nécessité de séparer les fils de métal du masque lui-même. Il est aussi possible de tout broyer mais cela demande des procédés industriels lourds pour de petits volumes. Tout reste à faire !
Solution : les masques en tissu lavables, bien sûr ! L’Association française de normalisation (Afnor) indique que les masques en tissus de catégorie 1 filtrent bien les particules incriminées, tout comme le masque chirurgical. Plus d’hésitation : choisir le réutilisable.
2- Les protections hygiéniques

Les « textiles sanitaires » types protections périodiques, lingettes et couches, représenteraient 13% des déchets ménagers résiduels. Malheureusement serviettes et protèges slips ainsi que tampons ne sont pas biodégradables. Or ils représentent un volume terrifiant de déchets qui seront enfouis ou incinérés, générant une pollution des sols et de l’air, en plus des impacts environnementaux dus à leur fabrication. Sans compter leurs emballages individuels et autres applicateurs… La production des protections périodiques jetables principalement composées de coton et de plastique, nécessite aussi beaucoup de ressources, et de nombreux produits chimiques (chlore, principalement) qui interviennent dans leur composition : en plus d’être néfastes pour la planète, ils le sont aussi pour le corps.
Solution : il existe de nombreuses alternatives durables et zéro déchet : la cup menstruelle, les protections lavables en tissu et culottes de règles qui possèdent le double atout d’être très pratiques et écologiques.
3- Les sacs poubelle

Ces sacs en partie faits de plastique sont des déchets supplémentaires qui s’ajoutent à nos déchets ! En effet, après le camion poubelle, les déchets ménagers sont dirigés dans des centres puis incinérés ou enfouis, sacs compris. On peut faire le choix de sacs poubelle en plastique recyclé mais cela ne résout pas le problème de leur disparition. Sinon, les sacs poubelles dits biodégradables et/ou compostables ont le vent en poupe. Problème : si les conditions de compost ne sont pas réunies, le plastique végétal ne se dégradera pas. La plupart de ces sacs poubelle sont composés de polyéthylène (plastique) ainsi que d’amidon de maïs ou de fécule de pomme de terre afin qu’ils puissent se « désintégrer » en se morcelant. Si la partie faite à base de végétal est biodégradable, il reste les morceaux de plastique. Quand on pense à sa finalité, dans le sol, ou les fumées toxiques quand il est brulé, le sac poubelle devient absurde.
Solution : pourquoi ne pas tout simplement abandonner le sac poubelle classique au profit d’un sac en carton ? A mesure que l’on trie ses déchets et qu’on les réduit, la poubelle de cuisine peut facilement être contenue dans un sac en papier kraft. Il suffit de doubler le fond avec un sachet papier comme ceux des primeurs, et de sortir sa poubelle un peu plus souvent.
4- Les cosmétiques

Si dans la cuisine les emballages alimentaires sont souvent recyclés à l’aide de différentes poubelles de tri, dans la salle de bain, il est rare que ce soit le cas. En effet, dans la poubelle de salle de bain, bidons plastique de shampoing vides côtoient tubes de dentifrice et cotons sales qu’il est rare de séparer. Certains contenants sont pourtant parfaitement recyclables comme les flacons et pots en verre des soins pour le visage, leurs couvercles plastique ou encore les boites en carton. Reste alors les tubes de crèmes, les rouges à lèvres et le maquillage en général, les vernis à ongles ou encore les déodorants en stick ainsi que les systèmes de pompes des soins pour le corps par exemple qu’il faut séparer. Terracycle et Citéo, spécialistes des programmes spéciaux de recyclage, offrent des solutions de collecte en partenariat avec des marques, qui de leur côté font aussi beaucoup d’efforts pour que le consommateur puisse rapporter les contenants. Tout cela demande encore à être généralisé, tout comme l’engagement en amont à concevoir des emballages facilement recyclables, à utiliser des matériaux recyclés, et à indiquer des consignes de tri sur les produits.
Solution : Privilégier les cosmétiques éco-conçus et les emballages sans plastique. Penser aux formats solides également : préférer les savons aux gels douche, le shampoing solide, le dentifrice solide, le maquillage rechargeable et les lingettes lavables. Il existe même des palets d’huile démaquillante solidifiée, des déodorants solides et des beurres corporels sous forme de pains que l’ont fait fondre sur la peau. Avec tout cela et les cotons tiges réutilisables, plus besoin de poubelle dans la salle de bains.
5- Les éponges

Les oubliées des déchets ménagers, ce sont elles ! On leur accorde peu d’importance et pourtant, les éponges sont une catastrophe écologique, depuis leur production, jusqu’à leur mort et pendant leur utilisation. En général, l’éponge est jetable, synthétique, faite en mousse de résine, traitée chimiquement et enduite de polyuréthane, une colle forte, pour y fixer la face qui gratte composée de nylon et polyester, eux aussi des fibres plastique issues de la pétrochimie. Sans compter les colorants chimiques des versions bleues et roses. Pendant son utilisation, ce sont des milliers de microplastiques imbibés de ces substances toxiques que l’éponge perd dans l’eau de vaisselle et qui partent dans les eaux usées et in fine, dans les sols. Enfin, quand elle finit à la poubelle, l’éponge est impossible à recycler. Les éponges végétales, très répandues car sensées être plus écologiques, sont une solution intéressante mais elles comportent la même colle pour le côté abrasif et souvent tout autant -voir encore plus- de produits chimiques pour les rendre plus résistantes. Enfin les éponges naturelles sont quant à elles biodégradables mais d’origine animale : il s’agit en effet du « squelette » d’un organisme marin qui est récolté en mer.
Solution : on peut commencer par s’équiper avec des outils de nettoyage plus durables tels que les brosses à vaisselle avec manche en bois, les brosses en coco. On parle beaucoup des tawashi, ces éponges japonaises à faire soi-même en tressant des lanières de coton issues d’un vieux teeshirt par exemple. Parfaites pour faire les vitres, elles ne grattent parfois pas assez pour la vaisselle. On peut alors se tourner vers des éponges lavables, en toile de jute par exemple, qu’il suffit de passer à la machine pour les débarrasser des bactéries et s’en resservir.
Le combat contre les déchets se gagne avec les changements d’habitudes qui entrainent des changements au niveau industriel quand les marques suivent la demande. A vous de faire ces choix pour agir, à votre niveau sur la réduction des déchets, ou à minima sur leur recyclage. Consommez de manière éclairée afin de choisir les produits les plus durables et biodégradables possible !
Quelles sont les relations entre changements climatiques et faim dans le monde ?
Il est parfois difficile pour nous, occidentaux, de faire ce triste constat : le réchauffement climatique est bien une des 3 grandes causes de la faim dans le monde, après les guerres et les crises économiques. Pour bien comprendre, il faut étudier l’impact du réchauffement sur les écosystèmes liés à la production alimentaire, le pillage des ressources dont l’eau, et les effets des catastrophes climatiques sur l’augmentation des prix de la production agricole et la stabilité des populations les plus fragiles.
Crise alimentaire et dérèglement climatique
Selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’évolution du climat et ses dérèglements sont aujourd’hui une des causes les plus graves de la faim dans le monde. Un lien d’ailleurs reconnu par l’Accord de Paris. Les changements climatiques impactent très négativement la crise alimentaire, avec des rapports directs avec le réchauffement climatique. En effet, toutes les nouvelles perturbations climatiques inédites viennent aggraver les crises préexistantes. Ainsi, plus de 800 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim, un chiffre qui continue à augmenter, et qui continuera tant que les populations vulnérables ne pourront pas s’adapter à ces changements climatiques. Si rien n’est fait, ce sont près de 600 millions de personnes de plus qui pourraient subir le manque d’eau et de nourriture d’ici à 2080, selon le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD). Si aucune mesure de réduction des gaz à effet de serre n’est véritablement mise en place à l’échelle mondiale, les dérèglements climatiques et le réchauffement rendront l’accès à la nourriture de plus en plus difficile.
Instabilité climatique et économique
Le climat évolue plus vite que les populations n’arrivent à s’adapter, si bien qu’elles sont dans une extrême vulnérabilité. Quand les variations climatiques deviennent extrêmes, les conséquences le sont aussi. En effet, les effets négatifs des changements climatiques transforment les espaces naturels : dégradation des terres, élévation du niveau de la mer, zones désertiques qui avancent, rendent impossible la culture de terres qui étaient fertiles. Ailleurs, les zones se redessinent en fonction des inondations toujours plus graves, faisant suite à des tempêtes de plus en plus fréquentes, et à des saisons des pluies qui se décalent, avec des périodes de mousson parfois dévastatrices. Ces évènements déclenchent des perturbations économiques qui aggravent l’incapacité des populations à faire face. L’instabilité climatique entraine l’instabilité économique, une nouvelle cause de faim à l’origine d’une insécurité alimentaire durable. C’est le cas particulièrement quand la population ne peut plus vivre de son agriculture comme avant, et qu’elle n’a pas accès à d’autres sources d’aliments.
Phénomènes météorologiques extrêmes et catastrophes climatiques

On parle beaucoup du réchauffement climatique, mais au-delà de l’augmentation des températures qui entraine la fonte des glaces et des sécheresses importantes, il faut aussi noter le dérèglement du climat et la recrudescence catastrophique des phénomènes climatiques extrêmes : vagues de froid inattendues qui brisent les récoltes, tempête, cyclones et pluies diluviennes ou au contraire périodes de canicules de plus en plus fréquentes. Ces évènements extrêmes détruisent les habitations et affaiblissent la productivité agricole, en particulier pour les « grandes cultures » essentielles comme celles du riz, blé ou encore maïs. Quand les récoltes sont mauvaises, on manque de nourriture et les prix augmentent alors que les revenus tirés de l’agriculture baissent. Or, sans ressources directes, les familles sont alors obligées d’acheter de la nourriture produite ailleurs ce qui est bien plus couteux. C’est un cercle vicieux que vivent les agriculteurs dans des zones à risques secouées par les épisodes climatiques chaotiques. Déjà très vulnérables dans ces régions du monde, ces agriculteurs locaux sont privés de leur source de revenus, d’accès à la nourriture et à toutes autres ressources quand l’eau potable vient à manquer. La corrélation est aujourd’hui établie entre l’exposition des pays aux variations climatiques extrêmes et de températures, et la faim : près de 80% des personnes sujettes à la faim vivent dans les régions propices aux phénomènes météorologiques extrêmes.
Productions agricoles en danger
Le réchauffement climatique et son corollaire d’épisodes météo extrêmes aggravent les difficultés déjà présentes. Le fragile système agricole est menacé par une baisse de productivité, la destruction des récoltes mais aussi des sols ce qui compromet l’avenir aussi… Car si l’augmentation des températures et la sécheresse peuvent s’anticiper, ces variations climatiques violentes et imprévisibles laissent les agriculteurs traditionnels démunis faute d’infrastructures suffisantes pour compenser les pertes. Ce sont les pays en voie de développement qui sont les plus menacés et qui connaissent aujourd’hui le « stress alimentaire ». Leur situation précaire, leurs récoltes menacées par la moindre variation climatique, les sols appauvris, asséchés, précipitent les communautés les plus démunies dans une insécurité alimentaire voire vers la famine. Cette fragilité est accentuée par la pression financière continue sur les petits producteurs à cause de la concurrence et des variations de prix sur les marchés financiers.
L’eau, précieuse et meurtrière

Le paradoxe ? On manque d’eau dans de très nombreuses régions du monde, même en Europe parfois certaines zones doivent rationner l’eau. Et pourtant, les inondations font partie des catastrophes qui abiment le plus une région. Quant à leur alternance, elle est dévastatrice. En 2016, le courant côtier baptisé El Nino, véritable anomalie climatique qui dérange la circulation des courants et qui a des impacts au niveau mondial, a décalé l’arrivée des précipitations printanières en Somalie. L’alternance subite de pluies et de sécheresse a eu un impact foudroyant sur les plantations, la fertilité des terres et la survie du bétail qui souffre de la soif, s’affaiblit et devient impossible à conserver ou à vendre. Les inondations dévastatrices entrainent souvent des catastrophes sanitaires. Cyclones et tempêtes rendent l’eau impure et devant le manque d’eau potable les populations n’ont d’autre choix que de s’en contenter ce qui entraine la diffusion de bactéries et des épidémies telles que le choléra. C’est ensuite le manque d’hygiène, lié à l’absence d’eau, qui fait basculer les populations dans des situations dramatiques, les forçant à se déplacer et à devenir des réfugiés climatiques.
Les conséquences en chaîne du réchauffement climatique
On l’a vu, déjà à l’échelle locale, le réchauffement climatique et les phénomènes extrêmes entrainent déjà une cascade d’effets qui conduisent à la faim et à la migration des populations touchées. Il pourrait y avoir près de 150 millions de réfugiés climatiques d’ici 2050 si les conséquences du réchauffement ne sont pas endiguées en particulier en Afrique subsaharienne, Amérique Latine et Asie du sud. Mais il y a aussi un maillage d’effets pervers du aux variations climatiques brutales. Quand les petits agriculteurs ruraux subissent la sécheresse ou l’inondation de leurs cultures, ils n’ont plus les moyens d’envoyer les enfants à l’école. Ils vont ainsi les déscolariser pour qu’ils aident la famille aux champs, ou qu’ils assurent le ravitaillement en eau. Lors d’un ouragan, quand les terres et les maisons sont inondées, quand le bétail périt, les familles qui n’ont plus rien et qui courent des risques doivent partir. A cause de la faim, ces catastrophes sont aussi le théâtre de problèmes de sécurité, de pillages, de dangers et de violences pour survivre, et la loi du plus fort à vite fait de faire basculer des régions entières dans la famine et le chaos. La faim et le manque de ressources provoquent des conflits qui peuvent dégénérer en guerre civile ne faisant qu’accentuer la détresse des populations.
Comment préserver les récoltes ?
L’ensemble des habitants de la Terre vont devoir, où qu’ils habitent, s’adapter à des changements parfois brutaux au cours des prochaines décennies. Les populations les plus fragiles sont, très injustement, celles qui auront le moins participé à l’accélération du réchauffement climatique, mais qui en souffriront le plus. Et c’est encore elles qui devront faires les plus gros efforts de résilience et d’adaptabilité sur le plan alimentaire : repenser ses ressources et ses moyens de subsistance, transformer les habitudes, l’habitat, les méthodes agricoles… de nombreuses ONG participent à ces transformations en dispensant des formations en agroécologie pour fournir aux populations locales les bases d’une agriculture résiliente à long terme. Il faut aider ces peuples à mieux gérer les terres agricoles en restaurant la richesse des sols, en diversifiant les cultures, et en renforçant les infrastructures. La mise en place de constructions de biens communautaires aidera la communauté à résister aux événements climatiques prochains (création de ponts, de barrages, de systèmes d’irrigation), pour sécuriser les récoltes. En Afrique, de simples bacs fermés ont permis de préserver les grains de la sécheresse et réduire considérablement les pertes des récoltes dues au manque d’eau.
Le réchauffement climatique et ses dérèglements catastrophiques auront un retentissement terrible sur l’accès à la nourriture et les récoltes dans le monde. Heureusement, il existe des solutions. La mise en place d’une agriculture vertueuse et raisonnée, sera également bien utile en Europe où les épisodes météo extrêmes ont aussi un impact dramatique dans certaines régions.
Si l’agroécologie répond concrètement à l’insécurité alimentaire, c’est en limitant le réchauffement climatique que l’on pourra éviter la famine à de nombreux peuples déplacés ou réfugiés climatiques. Mais il n’y a pas de miracle. Ce sont les pays riches qui doivent absolument changer leurs habitudes car ils sont, à travers leur consommation effrénée, responsables du réchauffement climatique.

