Les droits de la nature, c’est quoi ?
Des droits et des devoirs, adultes ou enfants, nous en avons toutes et tous. Les animaux aussi ont des droits ! Mais la nature ? Cette nature, que l’on pille et qui ne peut pas se défendre, est au cœur du combat des écologistes pour lui offrir des droits et un règlement pour la protéger. A la découverte des droits de la nature !
Droits de la nature, kezako ?
Il s’agit d’un concept pour reconnaitre des droits à des entités naturelles, leur donner un statut et leur offrir ainsi la possibilité de voir leurs intérêts défendus en justice. Ces droits pourront protéger le vivant, les écosystèmes, ou encore une rivière, un glacier. Les ressources naturelles seront alors reconnues et dotées de droits spécifiques. Il existait un droit de l’environnement dans lequel la nature était une possession de l’homme. L’idée aujourd’hui est de considérer les divers systèmes nécessaires à la vie (biodiversité, climat, eau douce) par rapport à leur lien avec la société humaine. Un champ juridique nouveau émerge dans lequel la nature et ses composantes pourront revendiquer le droit à exister, se développer et évoluer, avec la notion de crime « écocide » si nécessaire via des recours juridiques.
Quel est le principe de ces droits ?

Les Droits de la Nature, ou Droits de la Terre, s’inspirent de la Jurisprudence de la Terre, imaginée par Thomas Berry. Cette philosophie s’oppose à la vision biocentrique qui considère la nature comme la propriété de l’Homme. Les Droits de la Nature envisagent le monde comme les peuples autochtones : un Tout vivant dont chaque composante est interdépendante des autres. Une évidence que les sociétés modernes ont effacé, considérant la nature comme un outil à leur service, et ignorant que sans nature, il n’y a plus l’Homme.
Pensée biocentriste et droits de la nature
Ainsi, ces droits reposent sur une notion précise : chaque entité naturelle a un rôle dans le fonctionnement global de la Terre. Chacune possède donc une valeur intrinsèque au même titre que les autres entités naturelles, égale aux autres puisque chacune est nécessaire. C’est l’idée du « Grand Tout » : une communauté dont chaque membre est un composant essentiel puisqu’il participe au bon fonctionnement du système. Cette vision biocentriste est la pierre angulaire de ces droits par opposition à l’anthropocentrisme qui considère l’homme comme souverain. Avec les Droits de la Nature, l’intégrité des entités naturelles est préservée et défendue : on ne protège plus seulement la nature à des fins d’exploitation par l’homme, selon la valeur qu’elle représente, mais simplement pour ce qu’elle est, dans une nouvelle vision égalitaire où l’homme n’est plus au centre.
Comment ça marche ?

Chaque pays peut ou non reconnaitre des droits à la Nature via des entités juridiques à condition que l’entité vivante puisse être représentée par un organisme type association, personne reconnue comme tutrice, ou gardienne de cette entité. Il peut s’agir d’avocats, de personnalités politiques, d’associations…Le Gange en Inde avait été reconnu comme entité juridique et doté de représentants mais cette décision a été suspendue. Offrir une personnalité juridique à une entité vivante est la première condition à la reconnaissance de ses droits. Ensuite, il faut définir des droits et les lui accorder, exister pour lui permettre de jouer pleinement son rôle. Au cours des 20 dernières années, des pays de plus en plus nombreux ont reconnu des droits de ce type à des écosystèmes, à échelle locale ou nationale, par des actions législatives ou judiciaires.
Quels textes pour définir les droits de la nature ?
Par le passé, plusieurs textes ont tracé le chemin des droits à la Nature tels qu’on les envisage actuellement. Adoptée en 2010, lors de la Conférence mondiale sur le changement climatique, la Déclaration universelle des Droits de la Terre Mère a inscrit la définition de la Terre en tant que « communauté indivisible d’entités interdépendantes » et cela au niveau international. Cette déclaration donne aux hommes et aux institutions une série de droits et devoirs envers les écosystèmes. Depuis 2009, l’organisation des Nations Unies avait mis en route plusieurs réflexions pour adopter des résolutions alignées sur la Jurisprudence de la Terre et adopter une vision globale des droits de la nature. Ensuite, la Déclaration mondiale de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) de 2016 a ouvert la voie à une évolution européenne du droit environnemental. Plus récemment, la chambre des représentants belge a adopté une résolution pour reconnaitre le crime d’écocide, c’est à dire l’endommagement irrémédiable d’un écosystème par destruction ou exploitation. La plupart des pays partage cette vision, mais aucun n’est allé jusqu’au bout de cette démarche. Cependant, c’était une des plus fortes propositions de la Convention citoyenne pour le climat, qui a finalement abouti à un simple délit de pollution. De nombreux activistes persistent pour intégrer l’écocide à la directive sur la criminalité environnementale au niveau européen.
Tous ces changements et ces batailles, menés pour protéger la nature concrètement, est un formidable espoir. Mais l’urgence est là. Loin d’être une nouvelle lubie, les droits de la nature, inspirés de philosophies ancestrales, reconnaissent avec humilité la dépendance aux écosystèmes et, de fait, l’impérieuse nécessité de les préserver, pour se préserver soi. Le bien-être de l’Homme sur terre est inextricablement lié au bon fonctionnement des écosystèmes et des entités vivantes entre elles.
Vivre éco-responsable, les comptes Insta à suivre
On a toutes envie de s’y mettre. Oui, mais par où commencer et comment bien faire, tout en étant éco-responsable ? L’éclairage d’Aline Gubri, consultante en développement durable, et notre sélection des meilleurs comptes Insta à suivre.

Petit à petit l’oiseau fait son nid. Si vous lisez cet article, c’est que ça y est, vous avez pris conscience que vous pouvez faire quelque chose pour la planète, à votre humble niveau. Auteur du livre bourré d’astuces « La récup facile » (Ed. Leduc), l’expert Aline Gubri nous aide à y voir clair dans les bons gestes à adopter. Consultante en développement durable et instragrammeuse sur le compte @consommons.sainement , Aline rappelle qu’« il faut d’abord s’attaquer aux principales sources d’impact de l’environnement avant de cibler des secteurs en particulier (comme la beauté, la mode etc…) ». Pourquoi ? Parce qu’ au-delà d’utiliser une brosse à dents en bambou ou d’éliminer à jamais les pailles à l’apéro, cibler précisément les sources de pollution est plus efficace. Et ce, même si l’intention de départ est louable. Suivez le guide !
1 – L’alimentation : le vrai virage à prendre
Selon Aline Gubri, si un secteur doit être prioritaire, c’est bien celui de l’alimentation. En effet, les chiffres sont effrayants. Selon l’Ademe, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, 20 à 50% de l’empreinte environnementale d’un Français se trouve dans son alimentation. Comment expliquer un tel écart ? Par la composition du régime alimentaire suivi par chacun. Une alimentation riche en protéines animales ou encore en laitages, par exemple, exige des productions néfastes pour la planète.
Les actions fortes et faciles à mettre en place :
Découvrez deux petits gestes qui ne demandent pas tant de sacrifices ou d’efforts et qui ont de gros impacts sur la planète.
- Réduire sa consommation de viande rouge. Attention, il ne s’agit pas de lancer l’opération « tout ou rien », hop hop hop, je deviens végétarien du jour au lendemain. Tout le monde ne peut ou ne veut pas devenir végétarien. L’idée serait plutôt de consommer un steak de moins par semaine. Rien que ça, c’est déjà énorme. Pour contrebalancer et combler vos apports en protéines, vous pouvez remplacer cette source de protéines par des protéines végétales (comme le houmous), ou encore choisir une volaille dont le bilan carbone est peu élevé. Avec cette action simple, vous agissez directement sur les gaz à effet de serre.
- Manger de saison, au moins pour les fruits et légumes : c’est une action classique mais très efficace quand on sait qu’une tomate vendue en décembre provient soit de l’hémisphère sud (et du coup avec l’avion de transport, elle consomme 10 à 20 fois plus de pétrole qu’une tomate produite en France) soit d’Espagne… C’est plus proche certes, mais la tomate est alors produite dans des serres chauffées et éclairées artificiellement avec un impact écologique fort. Moralité, réservez les tomates à vos menus de printemps et d’été.
Les comptes à suivre pour s’inspirer :



@deliciouslyella, @loomiparis et @missblemish
Les idées à piquer aux instagrammeuses :

Sur le compte de la brocanteuse pop et vintage @Lanabrocante, un post détonnant, daté du 26 février. La chineuse partage avec sa communauté ses « cinq efforts écolo » qu’elle essaye d’appliquer au quotidien. Coté alimentation, elle a opté pour avoir sur soi une tasse en inox (pour éviter les gobelets), rechercher des ustensiles de cuisine sur les brocantes et réutiliser les boites à emporter.
2 – Les achats : vive la seconde main !
Bien sûr, quand on se penche sur les travers de la société de surconsommation, on est effaré par le nombre de déchets liés à ce mode de vie. Mais Aline Gubri est alerte sur les tonnes de déchets invisibles liées à cette course à la conso. Un exemple ? L’achat d’une table neuve mobilise pas moins de 127 kilos de ressources naturelles consommées. Ces déchets invisibles (de l’extraction de la matière première, à sa transformation sans oublier son transport…) ont un fort impact sur la planète. Autre exemple : pour les ordinateurs portables, les chiffres sont encore plus élevés. Il s’agit cette fois de 800 kilos de déchets invisibles. Et, le pompon revient de loin au four à micro-ondes qui mobilise à lui seul deux tonnes de ressources naturelles.
Les actions fortes et faciles à mettre en place :
- Avant d’acheter du neuf, on essaye de réutiliser autrement, c’est-à-dire réparer, acheter d’occasion… Même principe quand on veut se séparer d’un objet. Pensez, avant de le glisser dans la benne, à le proposer au don ! De plus en plus d’applis de voisinage ou d’onglets d’entraide voient le jour (sur le Bon Coin, via le service des encombrants à Paris…) ou sur des réseaux de voisinage comme NextDoor. Offrir une deuxième vie à un objet permet d’éviter la fabrication d’un objet neuf, alors adoptez le bon réflexe !
Les comptes à suivre pour chiner des pépites :



@huguette.shop, @odael_vintage, @parisfashionvintage…
Les idées à piquer aux instagrammeuses :

Sur le compte @merci_la_rue_, la parisienne dévoile sa manière positive de donner une autre vie aux objets jetés… dont énormément de vêtements qui l’habillent de la tête aux pieds !
3 – Le compost : une nouvelle façon de recycler nos déchets
Le compost est le troisième levier fort sur lequel on peut agir. En effet, en France, chaque année, chaque personne produit 250 kilos de déchets alimentaires dans ses ordures alimentaires. « Pas simple de se mettre au compost, prévient notre experte, surtout face aux idées reçues ! ». Les principales ? C’est compliqué, et ça sent mauvais. Or, en suivant des règles claires pour bien composter, ce recyclage des déchets devient très simple. Bien arroser l’été, éviter d’ajouter des restes de viande, penser à mélanger régulièrement
Les actions fortes et faciles à mettre en place :
Certes, le compost est beaucoup plus facile dans un jardin, mais pas impossible en appartement (grâce aux composts spécifiques à glisser sous l’évier ou à mettre sur le balcon). Enfin, n’oublions pas les zones de compost à partager prévues dans la plupart des grandes villes (même si elles restent encore très minoritaires) et les nouveaux partenaires qui viennent récolter les biodéchets dans certaines zones urbaines. Moralité : apprendre à composter permet d’éviter un tiers de nos ordures ménagères !
Les comptes à suivre pour apprendre l’art du compostage :




@composturbain, @absolu_compost, @les_alchimsites_compost
Les idées à piquer aux instagrammeuses :

Sur @gardenplanning, de nombreux designs de jardins à partager qui peuvent nous donner envie de réinvestir la terre de toutes les façons.
4 – Les autres gestes faciles à adopter :
Selon notre expert, il est préférable d’agir de manière ciblée en fonction de notre plus gros impact. Maintenant rien ne vous empêche de faire comme vous le sentez. Essayez juste de ne pas tomber dans certains travers comme Aline Gubri à ses débuts. « Lors de ma transition, je pouvais traverser tout Paris pour trouver un aliment vendu en vrac de l’autre côté de la ville… » Beaucoup d’énergie perdue pour un gain assez faible au final. Pour tenir sur la longueur, il faut être réaliste et surtout ne pas vouloir être « écologiquement parfait » au risque de lâcher avant d’avoir terminé sa transition.
Les actions fortes et faciles à mettre en place :
- le transport aérien. On sait tous que c’est très polluant. Si cela vous coûte de renoncer aux voyages lointains, vous pouvez dans un premier temps décider de ne plus prendre l’avion d’abord en France, ensuite en Europe. Et dans quelques temps de vous limiter à un grand voyage tous les trois ans. L’important étant d’apprendre à nuancer ses efforts.
- Autre action facile qui passe souvent à la trappe : changer de fournisseur d’énergie. Attention cependant, tous les fournisseurs labellisés verts ne se valent pas. Certains achètent des équivalents d’énergie ailleurs, d’autres développent les énergies renouvelables en France, ce qui est mieux. Une petite étude de marché s’impose. Plus simplement, vous pouvez opter pour un abonnement plus vert chez votre fournisseur. Le coût sera légèrement plus élevé, mais vous n’aurez pas de grosses démarches à faire (ce sont les mêmes câbles etc…).
- Enfin dans votre quête du clean au quotidien, vous pouvez aussi changer un peu, beaucoup, passionnément vos routines beauté ou mode selon votre penchant naturel.
- Dans la salle de bains : éliminez définitivement le coton pour vous démaquiller. Adoptez des produits de beauté clean (une fois que vous avez fini tous vos anciens pots, bien entendu). Optez pour une routine beauté minimaliste.
- Côté dressing : on ne peut que vous conseiller d’effectuer un vrai tri intelligent (je donne, je vends etc…) avant de faire de nouveau les magasins. Vous allez être surpris du nombre de pièces enfouies au fond de vos tiroirs que vous aviez tout simplement oubliées. Ne rachetez pas votre dix-septième chemise blanche en coton et pensez là aussi à la seconde main avant d’acheter du neuf.
Les comptes à suivre pour trouver des idées clean ou réfléchir :



@celestethomas, @ecoloversforever, @vert_le_media
Les idées à piquer aux instagrammeuses :

L’influenceuse mode-beauté marseillaise @charlotteaime offre une mine de tenues « sorties du dressing » pour réhabiliter les fringues qui dorment sagement au fond du placard. Beaucoup d’idées et de bon sens !
Néo banques écologiques :
la finance verte, kesako ?
Parmi les « petits gestes » écologiques, il y a celui qui est de « changer de banque ». En effet, nos placements, notre épargne participent souvent, sans qu’on le sache, au financement d’initiatives qui participent au réchauffement climatique. Mais de nouveaux établissements bancaires permettent de faire un autre choix : des investissements « clean ». Explications.
Quel est le problème écologique avec les banques classiques ?
La plupart des citoyens l’ignorent, mais l’argent que nous déposons à la banque, notre épargne, ne reste pas à dormir sur nos comptes. En réalité, cet argent est utilisé par les banques pour le faire fructifier, notamment par l’octroi de crédits, ou de détention d’actions. Les banques financent ainsi des projets avec notre argent sans que nous sachions forcément quoi. Et certaines entreprises, que les banques financent, ne sont pas toujours vertueuses. Surtout quand il s’agit d’acteurs des énergies fossiles, très émettrices de CO2, qui contribuent au réchauffement climatique. Ainsi, en finançant ces entreprises, la banque offre son soutien. Le plus écologique des citoyens peut donc vivre sobrement, adopter tous les gestes les plus responsables au quotidien, tout en finançant à son insu les énergies fossiles. Certains algorithmes peuvent même évaluer vos émissions de CO2 en fonction de votre banque, sur CombienEmetMonAgent.info par exemple.
Une néo banque, c’est quoi ?
Au départ, le terme néo banque désigne une banque sans agences physiques, sans guichet, accessible uniquement à distance via un site, une application mobile ou des conseillers par téléphone. Ces banques « modernes » permettent d’avoir un compte courant, une carte de paiement, et parfois de l’épargne et du crédit. Plus réactives, plus accessibles, plus disponibles, les informations et les opérations courantes y sont simplifiées, et de nombreux frais bancaires n’existent plus.
Les banques écologiques, jeunes banques, ont choisi ce mode de fonctionnement moins couteux au démarrage, plus souple et qui répond mieux aux besoins de leurs clients, souvent engagés et jeunes, habitués à utiliser des applis et des documents dématérialisés.
C’est pourquoi l’appellation « néo-banque écologique » caractérise ces banques écologiques. Normalement le mot « banque » est réservé aux établissements de crédits. Les néo-banques qui possèdent une licence bancaire sont donc des banques sans agence.
Celles qui n’ont pas de licence bancaire devraient être appelées « intermédiaire financier », car les fonds des clients sont abrités par une banque dont elles sont clientes.
Banque écologique : quelles différences avec une banque classique ?
Une banque « verte » s’engage à faire travailler l’argent des déposants dans le cadre de projets écologiques, durables et non nocifs à l’environnement. Contrairement aux banques classiques, les banques écologiques adoptent des politiques de transparence totale. Elles choisissent à qui elles prêtent de l’argent, mais aussi les actifs dans lesquels l’argent est investi. Enfin, les banques écologiques ne sauraient l’être sans appliquer une charte sur l’éthique et le développement durable à 360°.
Quels sont les placements verts et labels ?


Les néo banques écolo ne proposent pour la plupart pas de placements mais il est possible d’en faire via des plateformes spécialisées qui ne travaillent qu’avec des entreprises responsables. Ces placements peuvent bénéficier de labels assurant leur neutralité carbone, ou leur impact sur l’environnement, comme l’Investissement Socialement Responsable (ISR) et le label Greenfin (anciennement TEEC). Avec eux, aucune crainte de financer des marchés ou des projets dans des secteurs que vous pourriez réprouver (armement, énergies fossiles, tabac…), mais au contraire des entreprises dédiées à la transition énergétique, à la réduction des émissions de CO2 ou encore éthiques, responsables ou qui valorisent l’égalité hommes-femmes. Il existe même des assurances vie ISR qui proposent des placements verts. Pour obtenir le label ISR créé par le ministère des Finances, les établissements financiers doivent analyser scrupuleusement leur méthode de sélection des investissements proposés et mesurer leur impact, ce qui revient à choisir sur des critères sociaux et environnementaux les sociétés les plus vertueuses dans chaque domaine d’activité.
Quels effets sur l’écologie ?
En choisissant des investissements écologiques, les néo banques vertes favorisent certains projets et permettent à des initiatives responsables de voir le jour. Mais encore plus que de soutenir ces projets vertueux, les banques écolo évincent les entreprises qui ont un impact négatif sur l’environnement. En excluant de leurs financements les producteurs d’énergies fossiles, les activités polluantes et non éthiques, les banques vertes jouent un rôle majeur dans les changements sociétaux et écologiques à venir. Par ailleurs, les fameuses actions à 360° mises en place au sein des néo banques green en font des entreprises elles-mêmes responsables. Ces actions vont de la réduction du plastique (avec par exemple des cartes bancaires sans plastique), au soutien d’associations écologiques en passant par des actions internes ou auprès des clients, pour les aider à calculer leur empreinte carbone ou à consommer plus responsable en analysant leurs relevés de comptes.
Les banques écologiques, une vraie solution ?
Par rapport aux conséquences écologiques des investissements des 4 plus grandes banques françaises, qui sont considérables, les banques écolo sont bien plus vertueuses. De plus, notre porte-monnaie a un impact très puissant par rapport à un bulletin de vote. Si plus personne n’achète un produit néfaste, on arrêtera de le produire et si le consommateur exige une traçabilité avant d’acheter un produit, on la lui fournira. Si l’on ralenti les investissements vers les grands pollueurs et les énergies fossiles, ces derniers devront se tourner vers d’autres solutions. Et si, en plus, une partie de ces investissements se porte vers d’autres systèmes vertueux, le bénéfice sera conséquent !
Depuis des années, les citoyens financent à travers leur banque certains secteurs polluants sans le savoir, ni le vouloir, alors qu’ils luttent contre eux par ailleurs. Heureusement certains organismes ont une nouvelle vision de la banque qui permettent à chacun de choisir ce que son argent fera ! Alors, prêts à changer de banque ?
Pour une vie plus clean, passez aux low tech
Dans une société de consommation transformée en une société de surconsommation, nous utilisons plus de ressources que la Terre ne peut en reconstituer. Enfin « nous », les occidentaux car ailleurs dans le monde, on sait faire les mêmes choses avec des techniques plus simples, plus écologiques et plus artisanales. Comme le prédisent les écologistes de tous bords, il est urgent d’apprendre à faire autrement : partez à la découverte des low techs !
Low tech, kesako ?
Saviez-vous que l’on peut faire marcher une machine à laver en pédalant sur un vélo ? Voilà l’esprit low tech. On parle de « low tech », « basse technologie » en français, pour désigner des technologies simples qui marchent très bien et qui ont besoin de peu pour exister et fonctionner. Ce sont des alternatives aux systèmes et aux technologies modernes, qui peuvent répondre aux besoins d’énergie, d’alimentation, d’eau pour l’habitat et les transports. Et ceci tant que le système low tech n’a pas d’impact, ni écologique, ni social. Il faut aussi que cette solution ait une durée de vie acceptable, soit locale et bon marché. De ce point de vue, un vélo est « low tech ». La low tech, c’est un peu le do it yourself appliqué aux technologies. Ce sont des objets mais aussi des pratiques ou des modes de vie, qui répondent aux problèmes des ressources qui ne sont pas infinies grâce à une autre manière de faire. Les low tech doivent être utiles aux individus et/ ou à la collectivité (il peut s’agir d’une installation dans une communauté). Derrière la philosophie low tech se cache aussi l’idée d’entraide et d’autonomie : chacun doit pouvoir s’approprier le système en question, l’utiliser et même transmettre son usage et sa mise en place.
Low tech : plutôt prévenir
Plutôt prévenir que guérir semble relativement impossible, au train où vont les choses. En revanche, on peut prévenir certaines conséquences du réchauffement climatique et de la raréfaction des ressources et apprendre à se passer des systèmes actuels en mettant en place des solutions alternatives. La société va devoir changer un grand nombre de ses procédés, surtout en ce qui concerne l’énergie. Si des adaptations low tech sont en train d’émerger, le timing joue contre nous. En effet, l’ensemble du système est à revoir et certaines problématiques sont insolubles, menant par exemple à des restrictions (comme c’est déjà le cas pour l’eau dans le sud de la France chaque été), ou à des rationnements. Aujourd’hui, les innovations high tech ne parviennent pas vraiment à sauver la planète, au contraire… alors qu’à l’inverse les low tech semblent émerger un peu partout pour prévenir les manques à venir, par convictions écologiques ou par nécessité. Peu à peu, ces changements d’habitudes vers la low tech s’imposeront aux populations.
Des exemples de low tech
Les low tech, inspirées du fameux « système D », sont une autre manière de faire les mêmes choses, parfois par soi-même, avec moins. Par exemple, avec quelques planches et des clous, une vitre (pour l’effet de serre) et du papier aluminium, on peut fabriquer un four solaire qui peut chauffer jusqu’à 170° (s’il fait beau). Ce type d’équipement rudimentaire peut générer également de l’eau potable par pasteurisation. On peut aussi fabriquer de mini éoliennes pour recharger des téléphones portables ou allumer une lampe grâce à de petits moteurs. Il suffit de récupérer ces petits moteurs sur des appareils jetés et d’y fixer de petites pales pour obtenir son éolienne maison ! Le fameux lave-linge que l’on fait tourner en pédalant, en mettant de l’eau et de la lessive dans le tambour, muni d’un tuyau pour évacuer l’eau sale par gravité, lave sans électricité. En Afrique, on fabrique avec des pièces détachées de voiture Toyota (la marque étant très implantée dans la région, aucun problème d’approvisionnement pour réparer), certaines couveuses pour bébés mais aussi des réfrigérateurs en terre cuite et des tiny houses. Enfin, une low tech est considérée comme « low » par rapport à une autre technologie existante pour le même usage : un crayon à papier peut par exemple être considéré comme une low tech comparé à un stylo bille en plastique plus compliqué, plus polluant à fabriquer et à éliminer.
Low tech : retour au Moyen Age ?
Quand on parle de four solaire ou de toilettes sèches, certains ont des difficultés à admettre l’intérêt de telles installations, sans parler des remarques ironiques comme « revenir à la bougie » ou au modèle Amish. En effet, le low tech signifie pour certains la perte du confort moderne, une régression sociale ou encore un sacrifice, comme de la « débrouille » ou de la survie, sans aucune notion de désirabilité. Or ces ” basses technologies ” pourraient anticiper aujourd’hui les pénuries à venir en gardant un niveau de confort agréable. Le développement des low tech pourrait explorer les dernières voies possibles d’un système économique et industriel à bout de souffle. La nécessité de changement impose à tous les secteurs de se pencher sur le développement de telles solutions bis. La low tech est en effet une des voies du futur : elle permet de réduire les impacts négatifs sur l’environnement et de gagner en autonomie. Avec, en prime, une vision collaborative de la société.
Les intérêts écologiques des low tech
Durables, robustes, peu couteuses, réparables, recyclables, accessibles, fonctionnelles, les low tech s’affichent comme LA possibilité de vivre autrement, par opposition aux matériaux polluants et gourmands en ressources et ceci sans renoncer à la fonctionnalité de l’objet. Dans un contexte économique difficile accompagné d’une crise environnementale, les systèmes low tech peuvent être construits par tout un chacun ou presque, souvent avec des matériaux de récup (L’Upcycling c’est à dire fabriquer un nouvel objet avec un ancien, étant en lui-même une sorte de low tech), sans beaucoup de ressources. Ils sont également réparables facilement par ceux qui les ont fabriqués. Ces concepts « d’innovation frugale » permettent à des communautés de résoudre leurs problèmes localement en toute indépendance, avec les moyens du bord, en respectant les principes de résilience et d’économie circulaire. Moins de ressources, moins de pollution, moins de déchets…
Business de low tech

L’idéologie low tech est donc celle du durable. L’idée ? vivre mieux avec moins, et adopter des modes de vie plus sobres et plus collaboratifs, en remettant du sens dans le quotidien. Le low tech n’exclut absolument pas d’en faire commerce, ou de produire en série, tant que l’objet est écolo et répond aux critères de ce concept. On peut imaginer des entreprises locales produire des systèmes low tech, les commercialiser, être rentables avec une utilisation contrôlée des ressources et l’intégration des aspects écologiques à tous les stades du développement du produit. Ces entreprises pourraient tout à fait distribuer des fours solaires ou installer des toilettes sèches de manière pro et en faire un business lucratif. Au contraire, pour que les consommateurs changent (on n’a pas tous des dons de bricolage), l’émergence de telles micro-entreprises qui travailleraient localement seraient une voie vertueuse. Pour cela, il faut revoir le concept de la technologie, miser sur l’intelligence collective et la coopération locale. Si les low tech répondent aux besoins de premières nécessités dans les pays émergents, elles sont des exemples inspirants pour nos sociétés occidentales en termes d’ingéniosité, d’entraide et de sobriété.
La vision collective du Low Tech Lab
Un système basé uniquement sur ces techniques offre en prime une société plus solidaire et plus « raisonnable ». C’est la vision de tous les acteurs et fondateurs du LowTech Lab qui se sont spécialisés dans l’observation des low tech partout dans le monde. Ces précurseurs ont repéré des solutions vertueuses alliant respect de l’environnement, autonomie des communautés et solutions efficaces pour l’homme incluant une compréhension des écosystèmes pour une meilleure cohabitation avec eux.
Leur mission ? recenser et tester toutes ces découvertes pour imaginer un monde nouveau « La mutualisation de services robustes plutôt que la vente de produits jetables ; une éducation et une connaissance ouvertes et libres, des espaces de création, de recherche et de formation décentralisés, relocalisés, autonomes et interconnectés ; des écosystèmes régénérés, des territoires que leurs habitants connaissent sur le bout des doigts ; des collectivités qui partagent le sens des responsabilités face à leurs propres ressources tout autant que les fruits du travail. ». Pour découvrir les nombreux enseignements de ces organisations low tech via des tutos et des contenus en accès libres : www.lowtechlab.org/fr.
Si la société d’aujourd’hui peut nous faire croire que le confort actuel est éternel, l’essence des low tech pourrait apporter une autre vision plus sobre, plus autonome, plus accessible et plus solidaire. Ces basses technologies pourraient être LA réponse aux grands enjeux à venir. Le développement de ces technologies établirait aussi un rapport plus juste entre les humains et la nature. Une notion de progrès revisitée au profit de toutes et tous !
Comment bien choisir sa lessive ?
Une lessive qui lave bien, qui ne sent pas la lavande et qui est écolo-friendly… Un vrai casse-tête ! Tous nos conseils pour franchir le pas et choisir une lessive écologique, clean pour la planète, et toute douce pour notre linge et notre peau. Avec notre experte, Caroline Vivant, co-fondatrice du site www.lekaba.fr, le guide de la consommation écoresponsable.
Ça y est c’est décidé. On va lâcher la lessive familiale qui, depuis trois générations sent divinement bon le propre à coup d’ingrédients pas très nets pour notre peau et notre planète. Oui, mais voilà. Pas facile de choisir l’élue de notre tambour. « C’est vrai, confirme notre experte Caroline Vivant, c’est assez dur de changer de marque de lessive car c’est une habitude ancrée en nous. Mais rappelons que les lessives classiques posent deux problèmes de taille. D’abord le bidon en plastique et ensuite leur composition… » Sans oublier bien sûr l’impact du transport, le reversement des eaux usagées et l’utilisation de beaucoup d’eau et d’actifs montrés du doigt (des allergènes, perturbateurs endocriniens etc…). En France, d’après le site planetoscope, on réalise en moyenne 5 lessives par semaine et par foyer et on utilise 40 kilos de lessive par an.
Changer de lessive



Si vous décidez de complètement changer de mode de fonctionnement, il vous suffit de choisir, en conscience, une lessive moins polluante. Pour Caroline Vivant, co-fondatrice du site www.lekaba.fr, le guide de la consommation écoresponsable, « il faut alors choisir au minima une lessive labellisée Écocert. »
La garantie ? L’utilisation privilégiée d’ingrédients naturels et de tensio-actifs biodégradables. Certaines marques, de plus en plus nombreuses, font aussi un effort au niveau de l’emballage, en utilisant par exemple des matériaux recyclés. Pour vous aider à faire votre choix, certains sites de comparateurs de lessive existe sur Le Kaba, mais aussi La Famille Tortue ou Futura Sciences. Ensuite, il ne vous reste plus qu’à essayer.
A noter : les lessives écolos se trouvent aussi bien dans les magasins spécialisés qu’en grandes surfaces. A la rédaction de We Are Clean nous avons aussi nos petits chouchous : la lessive liquide et rechargeable L’Arbre Vert, la lessive en poudre Frais et la lessive en paillettes et sans parfum pour le linge et les peaux délicates de 3abeilles Lessive Bio.
D’autres marques proposent des initiatives très intéressantes et originales. C’est le cas de La Marque en moins, qui a opté pour des pastilles d’actifs hyper compactes dans un emballage hyper clean.
Faire sa lessive soi-même
Cela n’a pas échappé à la tendance écoresponsable du Do It Yourself, on peut aussi faire sa lessive soi-même. « Certes on peut avoir l’impression que c’est long et fastidieux à faire… mais pas du tout, cela prend dix minutes à peine » nous rassure notre experte green Caroline Vivant. D’ailleurs, elle partage même sa recette sur le site Lekaba.
La base d’une lessive maison ? Du savon en paillettes (on peut en trouver ici par exemple sur le site La droguerie éco ou encore dans le blog Marius Fabre, de l’eau et du bicarbonate de soude ! Un vrai jeu d’enfants. Vous pouvez ajouter ou pas quelques gouttes d’huiles essentielles pour le parfum, mais ce n’est pas obligatoire.
Seule précaution : si les vêtements des tout-petits sont très tachés (un retour du parc le samedi par exemple), n’hésitez pas à détacher en frottant au savon de Marseille avant de passer les vêtements en machine. Au final, un joli geste pour l’environnement et une sacrée dépense en moins pour le foyer ! En effet, la lessive achetée dans le commerce, coûte cher, en la préparant nous-mêmes, nous réalisons une économie certaine. L’astuce en plus : gardez toujours un fond de lessive classique, les jours de grandes flemmes, si vous n’avez plus de fait-maison sous la main.
Adopter les bons gestes
Que vous changiez ou non de lessive, pensez, au moment de faire tourner votre machine que plusieurs de vos gestes ont un impact fort sur l’environnement. Le temps du cycle, la température utilisée et… la quantité de lessive ajoutée. En effet, nous avons toutes tendance à avoir la main lourde, alors que la plupart des lessives sont « concentrées », donc il en faut très peu. Pensez-y la prochaine fois, vous verrez que votre bidon descendra moins vite aussi. D’autant que c’est une technique des lessiviers pour mettre plus de lessive dans la même quantité d’emballage. En surdosant les lessives, on annule cet effet !
Va-t-on vraiment manquer d’eau ?
L’eau serait en passe de devenir plus précieuse que l’or noir. Les dérèglements climatiques et météorologiques accentuent les épisodes de canicule et de sécheresse mais aussi les tempêtes et les inondations alors que des régions françaises connaissent chaque année des restrictions d’eau. Entre stress hydrique et pénurie, où en sommes-nous exactement en France ?
De l’eau, une ressource en péril
Quand la demande dépasse la quantité d’eau disponible, on parle de stress hydrique : on ne peut plus se permettre de gaspiller, il faut alors réduire la demande sinon on va manquer d’eau et entrer dans la pénurie. L’eau est une ressource (on pourrait même dire re-source) naturelle que l’homme utilise pour boire mais aussi pour l’agriculture (et donc manger) ainsi que pour l’industrie où beaucoup de machines et processus de fabrication en consomment. Dans la société « moderne », cette ressource n’a pas toujours été utilisée avec conscience. La surconsommation pousse à plus de production, plus d’économie sur les procédures et à la délocalisation dans des pays où la réglementation écologique notamment sur la pollution de l’eau est plus souple, voire inexistante. C’est ce déséquilibre qui met aujourd’hui en péril l’accès à une eau douce propre à la consommation. En plus de cette surexploitation par l’homme, l’accès à l’eau est menacé par les dérèglements climatiques et le réchauffement climatique. En effet dans certaines régions du monde où l’on s’approvisionne aux puits, directement à la source. Et si la région est touchée par la sécheresse, si les précipitations (pluies) ne viennent pas la renflouer, la source se tarit. Le réchauffement climatique augmente également la fréquence et l’intensité des évènements météorologiques extrêmes (inondations, grêle, pluies intenses, tempêtes, sécheresses) qui perturbent le cycle de l’eau, la rendent impropre à la consommation, transforment les sous-sols et les plantes qui n’arriveront plus à bien retenir l’eau. Ces mécanismes expliquent les problèmes des ressources en eau, en particulier en été.
Cycle de l’eau
Les ressources d’eau naturelles, par opposition à des « sources » créées par l’homme (comme un canal ou un plan d’eau), sont constituées de nappes phréatiques souterraines, de rivières et de lacs… Elles sont alimentées par les précipitations : pluie, grêle, neige. En France, on comptabilise environ 480 milliards de m³ de précipitations par an. 61% s’évapore, 23% s’infiltre dans le sol pour reconstituer les réserves souterraines, 16% alimentent les cours d’eau (lacs, rivières, fleuves). Le manque de pluie, combiné a de fortes chaleurs, ne permet plus de reconstituer certaines réserves d’où la réglementation de l’utilisation de l’eau. Or, ce sont les pluies de fin d’hiver et de printemps qui s’infiltrent le plus pour être absorbées par les plantes qui sortent au printemps. C’est la conjonction d’une baisse des précipitations à ce moment-là et de températures très élevées en été qui déterminent le manque d’eau d’une région et entrainer la sécheresse. Les épisodes de canicule, qui se multiplient à cause du réchauffement climatique dû aux émissions de GES (gaz à effet de serre que sont notamment le CO2 et le méthane), ont une incidence directe sur la température de l’air. Le climat et ses régulateurs naturels (courants d’airs chauds ou froids) sont complètement dérèglés, ainsi que le cycle de l’eau (évaporation, nuages, précipitations…). Ces phénomènes peuvent provoquer des alternances inhabituelles de baisses et montées des températures du jour au lendemain, et donc entrainer un manque d’eau.
La sécheresse en France

82 % de l’eau utilisée en France provient des eaux de surface car il est plus facile de la prélever ici que sous terre, et cela coûte moins cher. Sauf pour l’eau potable qui vient, elle, à 62% des eaux souterraines, plus pures. Bien que les « stocks » en France restent positifs, la ressource n’est pas inépuisable et la sécheresse au sens propre du terme, apparait de plus en plus régulièrement et durablement. En effet, la sécheresse renvoie presque toujours au manque de pluie dans l’esprit des citoyens mais cela ne traduit pas toujours la réalité de la sécheresse des sols. On parle ainsi aussi de sécheresse agricole quand les sols de ne sont plus assez humides pour hydrater les cultures et de sécheresse hydrologique quand le niveau d’eau des nappes phréatiques descend anormalement. Ainsi, quand le haut de la réserve souterraine n’a plus d’eau, le sol au-dessus perd son humidité, et si elle alimente une source ou une rivière, leurs débits baissent. Dans ce cas, on a la chance d’avoir des réseaux assez nombreux et différenciés pour que la population ne vienne pas à manquer d’eau potable. En revanche, sur les zones concernées, surtout si le manque est lié à l’agriculture, celle-ci devra réduire ses volumes d’irrigation, une répartition confiée à un organisme de gestion collective qui délivre des autorisations de prélèvement d’eau.
Ces mécanismes peuvent entrainer des situations curieuses. Par exemple, près du Jura, dans le Doubs, une partie de la rivière du même nom est à sec chaque été obligeant les communes à se ravitailler en eau par camions citernes. Pourtant, non loin de là, la station locale de ski a fait installer une usine à neige qui prélève de l’eau tout l’hiver …
Des restrictions d’eau en France
Dans les régions françaises, comme dans le monde entier, la pluviométrie varie énormément. En France elle se situe entre 0,5 et… 2 mètres/an, en fonction des régions. Or, quand la pluie manque, les sols s’assèchent rapidement avec des conséquences directes sur le remplissage des nappes phréatiques.
Depuis des années, les eaux des cours d’eau dites « eaux de surface » sont plutôt stables, même si de nombreuses régions ont vu des cours d’eau asséchés. En revanche, les niveaux des réserves d’eaux souterraines baissent de manière inquiétante. Processus qui le sera de de plus en plus si ces réserves ne sont pas renouvelées, et qu’elles sont plus prélevées que remplies.
En France, nous avons environ 270 000 kilomètres de cours d’eau permanents et des nappes souterraines estimées à 2000 milliards de m³. Nous sommes donc très bien pourvus. Et pourtant, à ce jour, 36 départements français sont touchés par la sécheresse et se voient obligés d’adopter des restrictions.
- La Vendée, la Vienne, l’Eure-et-Loir et le Loiret et les Bouches-du-Rhône sont en alerte maximale
- L’île de Groix en Bretagne est en « crise sécheresse » : l’arrosage des jardins non potagers et le remplissage des piscines sont interdits.
- Idem pour l’Aquitaine, la Charente, la Charente-Maritime, la Gironde, les Deux-Sèvres, la Dordogne, le Lot et les Pyrénées-Atlantiques qui sont en situation d’alerte renforcée, sans oublier la Sarthe, le Loir-et-Cher, le Rhône, l’Ain, les Alpes maritimes, l’Ardèche et le Var qui sont aussi concernés. Les alertes peuvent concerner des territoires, ou le département entier comme c’est le cas pour l’île et Vilaine.
- 13 départements sont sous alerte renforcée : le secteur agricole voit son utilisation de l’eau réduite à des horaires définis, et les particuliers ne doivent pas arroser leurs jardins, laver leur voiture, ni les toits ou façades des bâtiments.
- A savoir : Le niveau d’alerte non renforcé permet l’arrosage des jardins avant 11 h ou après 18 h et impose aux agriculteurs certaines limites aussi. Ces derniers jours de juin 2022, en Ardèche le niveau d’eau dans les rivières ardéchoises est si faible que le préfet s’inquiète car l’approvisionnement en eau potable pourrait connaitre des ruptures.
Politiques publiques et régulations nécessaires
Devant ce constat il est injuste de faire peser la totalité de la charge sur les particuliers et les agriculteurs.
- L’industrie doit également être contrôlée et soumise à des régulations à la fois dans les volumes d’eau utilisés mais aussi dans le traitement des eaux usées à l’origine de pollution là où parfois on ne l’attend pas. Par exemple, l’industrie du fromage Comté s’est récemment révélée très polluante. En effet, les cours d’eau de la zone de « l’AOP Comté » pâtissent des engrais répandus dans les herbages pour nourrir les vaches qui produisent le lait nécessaire à la fabrication de ce fromage. Or, le sous-sol en Franche-Comté est particulièrement poreux : perméables aux fertilisants issus du fumier qui saturent l’écosystème en azote et phosphore. Ce phénomène déclenche la prolifération d’algues filandreuses qui empêchent les poissons de survivre.
- Les systèmes d’épuration des eaux des exploitations sont souvent insuffisants car ils doivent faire face à une forte augmentation de leur rendement pour répondre à la demande.
- L’eau potable peut aussi manquer en qualité.
- Au-delà des restrictions, on pourrait envisager des limites dans la taille des élevages d’animaux qui boivent de l’eau et la polluent directement avec leurs déjections. De plus, nourrir les bêtes exige d’énormes productions de céréales qui elles-aussi nécessitent de l’irrigation de masse et/ou d’être importées de loin. Si l’élevage peut nuire aux réserves en eau, légiférer sur la (sur)production de viande pourrait être une solution, sachant qu’une partie de la viande produite est jetée quand la date limite de consommation est dépassée.
Le cas de certaines multinationales
Enfin, il faut savoir que certaines marques d’eau de source pompent directement dans les nappes phréatiques d’une région, pour une mise en bouteille et être ensuite vendue. Un procédé qui peut arriver à la privation pour les habitants quand le pompage dans la nappe phréatique est fait de manière disproportionnée par rapport à son renouvellement. Par exemple, le géant de l’agro-alimentaire, Nestlé, a acheté officiellement des terres agricoles il y a 30 ans pour les protéger de la pollution via une filiale et obtenu des accords de pompage. Certains agriculteurs doivent aujourd’hui faire des kilomètres pour se ravitailler en eau alors qu’elle coule sous leurs terres mais « réservée » à la mise en bouteille (750 millions de litres exportés à l’étranger). Même problème avec les producteurs de sodas qui pompent l’eau partout dans le monde. Cette eau, qui n’est plus accessible aux populations locales, leur est vendue dans des sodas parfois moins chers que l’eau. C’est le cas à Mexico où l’eau, qui ne manque pas véritablement, est comme « privatisée » où la population, qui surconsomme alors des sodas, connait une épidémie de diabète et d’obésité.
Solutions pour préserver l’eau

industriel et agro-alimentaire de l’eau. Il est urgent de faire adopter des pratiques industrielles responsables aux entreprises et de réguler leur consommation qui est parfois très élevée dans des secteurs que l’on ne soupçonne pas, comme celui du bâtiment. A Paris, l’entreprise « Eau de Paris » qui gère l’eau potable de la capitale, possède un dispositif extrêmement rare : un second réseau d’eau, parallèle à celui de l’eau potable. Celui-ci achemine une eau non potable, en provenance de la Seine et du Canal de l’Ourq, qui est grossièrement filtrée mais pas traitée car on s’en sert pour l’arrosage des parcs et jardins, le nettoyage des trottoirs, des égouts et pour renflouer les lacs de Vincennes et Boulogne. La réutilisation d’eaux non potables mais sans besoin d’épuration possède ainsi un formidable potentiel pour l’arrosage en particulier.
© Eau de Paris
Il faut aussi dès à présent cesser de faire des calculs économiques sur la base d’une ressource infinie mais de prendre en compte la raréfaction de l’eau pour chaque projet et adopter les bonnes pratiques associées pour que l’effort ne repose pas que sur les particuliers. Ces derniers peuvent à leur échelle mettre en place des systèmes de récupération d’eau de pluie pour le jardin, réduire le remplissage des piscines, installer des systèmes régulateurs de pression, des chasses d’eaux réduites… Enfin, les consommateurs peuvent agir en se détournant des produits des entreprises qui abusent du commerce de l’eau alors que celle-ci devrait être un bien commun.
Si l’eau est souvent utilisée comme le symbole de la vie, et ce n’est pas un hasard. Sans eau, la vie ne peut pas exister. Il est donc vital de modérer notre consommation d’eau, y compris la consommation d’eau indirecte via nos achats, en évitant les produits dont la fabrication est gourmande en eau, mais aussi qui émet beaucoup de CO2 puisque le réchauffement participe à la pénurie d’eau.
Ce qui nous amène aux mêmes conclusions quand on parle d’écologie : boycotter la fast fashion, consommer d’occasion, réduire la viande etc… Par chance, en France nos réserves sont bonnes, c’est donc beaucoup une question de gestion, pour pallier le manque dû aux sécheresses de plus en plus fréquentes.
Ailleurs dans le monde, la pénurie sera telle qu’aucune mesure ne pourra compenser la sécheresse qui impactera les populations et l’agriculture : face aux famines qui en découleront, ces populations n’auront et c’est déjà le cas, plus d’autre choix que de se déplacer.
Clean ou pas clean les maisons écologiques ?
Les temps changent, et avec eux l’immobilier et le secteur du bâtiment : maisons écologiques, tiny houses, maisons autonomes, bioclimatiques et maisons écologiques révolutionnent l’approche de l’habitat. Quels sont leurs avantages et leur impact sur l’écologie ? Quelques pistes pour s’y retrouver.
L’habitat, un secteur à réinventer
Le secteur du bâtiment et de la construction est un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre et contribue ainsi au réchauffement climatique d’une manière notable. Le bilan carbone des activités de BTP est mauvaise. Ces dernières émettent du CO2 mais aussi du méthane et des hydrofluorocarbures qui produisent des GES (gaz à effet de serre) tout au long de leur cycle de vie. Depuis l’extraction des matières premières, leur transformation, la production des matériaux de construction type ciment ou béton, en passant par la construction des bâtiments (transport, machines sur les chantiers etc…) jusqu’à leur fin de vie et leur recyclage souvent de mauvaise qualité. On appelle tout cela « l’énergie grise », c’est-à-dire celle qui est consommée de manière indirecte et peu visible, surtout en amont de ce qui est visible par le consommateur final.
Enfin, l’urbanisation à outrance est évidemment très néfaste à l’environnement : les surfaces agricoles et naturelles sont sacrifiées au profit de constructions qui détruisent les écosystèmes locaux. Zones industrielles ou commerciales transforment aussi les sols qui sont recouverts de goudron pour faire des routes ou des parkings géants.
Le principe des maisons écologiques

L’écoconstruction séduit aujourd’hui les particuliers comme les professionnels du bâtiment. L’objectif est double : faire des économies d’énergies et construire avec le moins d’impact sur l’environnement. Une maison écologique implique une attention à tous les stades du cycle de vie : depuis la conception qui doit penser le bâtiment en cohérence avec l’environnement naturel qui l’entoure et le chantier qui doit réduire les déchets, au choix de matières naturelles, recyclables et écologiques (non toxiques), aux aménagements qui doivent tous aller dans le sens des économies d’énergie, que ce soit dans le choix des équipements ou d’installations alternatives type panneaux solaires etc… Les fournisseurs et les matériaux locaux sont privilégiés. Le projet doit être pensé pour être en synergie avec les éléments extérieurs : création d’ombre par rapport à l’ensoleillement, renfort et plantations face au vent, fenêtres adaptées…
Chauffage, énergie, éclairage, eau : écologie à tous les niveaux


La première chose à laquelle on pense est bien sûr le choix de matériaux naturels tels que le bois, les briques en terre cuite voire la paille, notamment pour l’isolation thermique avec de nombreuses solutions d’isolants naturels comme la laine de lin ou de chanvre, les fibres de bois, etc…
L’architecte et le constructeur vont aussi réfléchir à la ventilation pour réguler la température en utilisant le moins d’énergie possible en été pour garder la maison au frais comme en hiver pour ne pas perdre de chaleur. Les systèmes de chauffage doivent être soigneusement choisis : pompes à chaleur autonomes qui fonctionnent grâce à l’air et à l’eau, poêle à bois surtout s’il utilise des granulés de bois ou des déchets comme la sciure, panneaux solaires pour alléger la consommation d’énergie en étudiant bien l’orientation et l’inclinaison, pour chauffer partiellement son habitat. En effet, toutes ces solutions ne peuvent suffire compte-tenu d’un ensoleillement discontinu. De même, une éolienne individuelle a peu de chance de répondre à une demande d’énergie, car très chère à l’achat, elle se révèle peu rentable. On privilégie aussi les ampoules basse consommation dont le prix est vite rentabilisé par une durée de vie imbattable, avec une mention spéciale pour les LED dont la consommation d’énergie est très faible. Enfin, une maison ne saurait être écologique sans systèmes pour économiser l’eau, ni sans un récupérateur d’eau de pluie pour arroser, nettoyer ou pour fournir les chasses d’eau dont on peut aussi complètement se passer avec des toilettes sèches.
Différents types de maison écologiques
Le secteur étant en développement rapide, de nombreuses déclinaisons de maisons écologiques existent.
- Les « maisons bioclimatiques » doivent avoir le label Haute Qualité Environnementale (HQE). En plus des principes d’écoconstruction, elles sont centrées sur les stratégies d’optimisation de l’orientation et de l’exposition de la maison pour réduire les besoins en éclairage et en chauffage.
- Les bâtiments à basse consommation ciblent pour leur part la réduction de la consommation d’énergie et ne doivent pas dépasser 50 kWh au mètre carré/an pour avoir le label BBC.
- Pour avoir le label Passivhaus ou Bâtiment à Énergie Passive (BEPAS), les « maisons passives » doivent, elles, produire leur propre énergie et pouvoir se passer de chauffage. Elles exigent une étude de faisabilité car le cahier des charges est très exigeant, en particulier côté isolation et étanchéité, ce qui explique un prix élevé.
- Enfin, les maisons positives sont les plus abouties des maisons écologiques car elles regroupent toutes les caractéristiques des maisons Passivhaus, en plus d’installations pour produire assez d’énergie pour être totalement autonomes… voire plus que de besoin !
Les maisons en bois nomades et tiny houses

Attention, la plupart des maisons écologiques utilisent beaucoup de bois mais une maison en bois n’est pas forcément écologique ! En revanche, de nouvelles générations de maisons en bois écologiques apparaissent. Elles utilisent des matériaux biosourcés et des bois d’origine locale voire hyper locale. Certaines sont même construites avec les arbres de leur propre terrain grâce à des scieries mobiles. Cette démarche durable se prolonge avec le choix d’un bois non traité. Un parti pris qui a pour objectif de donner vie à un habitat le plus sain possible, débarrassé de molécules volatiles toxiques. Ces principes sont particulièrement adaptés aux nouveaux habitats nomades comme les tiny houses, des mini maisons mobiles, évolutives, et écologiques. Ces maisons autonomes nomades vont de pair avec un choix de vie alternatif guidé par le principe de sobriété qui implique un certain minimalisme. Les tiny houses, peu couteuses et peu gourmandes en énergie, répondent parfaitement à ce concept.
Attention, la plupart des maisons écologiques utilisent beaucoup de bois mais une maison en bois n’est pas forcément écologique ! En revanche, de nouvelles générations de maisons en bois écologiques apparaissent. Elles utilisent des matériaux biosourcés et des bois d’origine locale voire hyper locale. Certaines sont même construites avec les arbres de leur propre terrain grâce à des scieries mobiles. Cette démarche durable se prolonge avec le choix d’un bois non traité. Un parti pris qui a pour objectif de donner vie à un habitat le plus sain possible, débarrassé de molécules volatiles toxiques. Ces principes sont particulièrement adaptés aux nouveaux habitats nomades comme les tiny houses, des mini maisons mobiles, évolutives, et écologiques. Ces maisons autonomes nomades vont de pair avec un choix de vie alternatif guidé par le principe de sobriété qui implique un certain minimalisme. Les tiny houses, peu couteuses et peu gourmandes en énergie, répondent parfaitement à ce concept.
Face à l’urgence climatique le secteur de la construction doit impérativement se transformer, et vite. Les maisons écologiques encore peu répandues sont en passe de devenir la nouvelle norme. Ces maisons ne cessent de se développer afin de pouvoir allier économies énergétiques et confort en synergie avec la nature et non en l’abîmant. Reste à étendre ces performances aux maisons anciennes. A ce sujet, la loi exige que les propriétaires dont la consommation en énergie dépasse 330 kWh/m²/an doivent réaliser une rénovation énergétique avant 2025. De plus, le propriétaire doit réaliser un diagnostic de performance énergétique lors de la vente de sa maison afin de diminuer le nombre de « passoires thermiques ».
Réchauffement climatique : Le point sur le dernier rapport du GIEC
Le groupe des experts du GIEC vient de publier le dernier volet de son 6ème rapport qui se penche tout particulièrement sur les émissions de gaz à effet de serre et aux solutions pour les réduire. Si les précédents volets concluaient à l’accélération du réchauffement de la planète et à la vulnérabilité accrue des populations, ce dernier rapport nous alerte sur l’urgence qu’il y a à agir.
Qu’est-ce que le GIEC ?
Ce Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat créé en 1988 rassemble 195 États membres qui étudient l’impact de l’activité humaine sur le réchauffement climatique. Il publie des rapports scientifiques dont les conclusions s’adressent aux décideurs et au grand public. Si ces conclusions alertent, elles aident aussi les pays à s’engager contre le réchauffement en prenant des mesures. Les scientifiques qui composent le GIEC viennent de diverses spécialités : économie, science, énergie… Ces disciplines sont réparties en 3 groupes qui fournissent chacun un volet de chaque rapport : WG1, WG2 ou WG3 pour « working group ». Le groupe 1 étudie les aspects scientifiques, physiques, et analyse les données passées présentes et futures. Le groupe 2 se concentre sur la vulnérabilité de nos sociétés modernes mais aussi sur les écosystèmes et les systèmes socio-économiques face au réchauffement et leurs conséquences en termes d’adaptation. Enfin, le groupe 3 se concentre sur les techniques et solutions de réduction des émissions de gaz à effet de serre, responsables des dérèglements climatiques. Le 5ème rapport a permis de montrer l’impact démesuré qu’aurait une augmentation des températures de +1,5°.
En quoi les rapports du GIEC sont-ils précieux ?
Le rapport du groupe 3, sorti en avril dernier (2022), concerne les solutions et les recommandations pour réduire les émissions de GES (gaz à effet de serre) et ainsi limiter le réchauffement climatique à +1,5°. Chiffre qui avait été fixé par les différents états lors de l’Accord de Paris en 2015.
Ces rapports du GIEC sont précieux parce qu’ils arrivent à un moment où nous manquons de temps pour répondre au problème. Ils rapportent des vérités qui parfois dérangent mais soulignent l’urgence de la situation.
Ils sont lus par des décideurs politiques ce qui leur donne un impact considérable sur les décisions prises en matière d’écologie. L’indiscutable expertise de ces rapports explique pourquoi les gouvernements s’appuient sur leurs données et suivent leurs diagnostics. De plus, ces rapports sont repris dans la presse. Résumés et vulgarisés, ils informent les citoyens et participent à de nombreuses prises de conscience. La partie 3 du dernier rapport présente les solutions nécessaires pour éviter la catastrophe climatique, écologique et sociale qui est déjà en marche.
Dernier rapport du GIEC : urgence !
Ce dernier volet du dernier rapport du GIEC a été rédigé par près de 300 experts d’après l’étude de 18 000 articles scientifiques environ. Le rapport se présente sous forme de 3 documents : un résumé destiné aux décideurs, un résumé technique et un rapport complet qui compte 17 chapitres : Introduction, Facteurs d’émissions, Chemins à long-terme, Chemins à court-terme, Aspect sociaux, Énergie, Agriculture, Villes, Bâtiments, Transports, Industrie, Perspectives intersectorielles, Politiques & institutionnel, Coopération internationale, Finance, Innovation et Accélérer la transition. Ce rapport tire la sonnette d’alarme en soulignant que nous avons pris une direction qui n’est pas compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris. Il est donc impératif d’enclencher des politiques globales multi sectorielles portées par tous les acteurs possibles à tous les niveaux possibles, à l’échelle mondiale comme régionale. Seuls des changements profonds permettront, en réduisant les émissions de GES, d’éventuellement atteindre nos objectifs. Or, chaque année qui passe sans réduire les risques climatiques les aggrave et entraine des conséquences négatives (et couteuses) sur la société.
Certains états peinent encore à actionner franchement les freins. La preuve : 17% de tous les gaz à effet de serre émis depuis 1850 l’ont été ces 10 dernières années et continuent d’augmenter. C’est clair : les politiques actuelles ne suffisent pas à espérer atteindre le seuil des +1,5°C. Pour rester sous celui des +2°C, Il faudrait avoir baissé de 37 % nos émissions d’ici 10 ans !
Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre ?

Les GES que sont les CO2, le méthane et le protoxyde d’azote, se positionnent au-dessus de la Terre comme un nuage qui agit comme un couvercle. En empêchant les rayons infrarouges (et leur chaleur) de les traverser pour s’échapper dans l’atmosphère, ils sont responsables du réchauffement climatique. Or, leurs émissions continuent d’augmenter. Le rapport montre que ce sont les populations les plus riches qui sont les plus responsables à cause de leur consommation très « carbonée » et cite que seule 10% de la population mondiale émet 36-45% des GES. Dans les pays sous-développés, un habitant émet en moyenne 1,7 tonne de CO2 par an, contre… 13 dans les pays développés ! Les experts ont aussi souligné la nécessité de ne pas développer l’usage des ressources fossiles (gaz, pétrole, charbon) responsables des émissions de GES, mais aussi et surtout d’arrêter certaines machines et infrastructures actuelles qui, si l’on continue à s’en servir sans rien changer, nous feront dépasser le seuil des +1,5°C. Et le rapport de préciser qu’il faut baisser de 43% nos émissions de GES d’ici 2030 pour rester en dessous des 1,5°C…
Un objectif incompatible avec nos trajectoires
Pour atteindre l’objectif des +1,5°C, la mise en place de politiques climatiques globales et le développement rapide de systèmes bas carbone sont essentiels.
Malheureusement, les pays n’ayant pas changé à temps, et les efforts étant tellement démesurés pour changer de trajectoire, il est de moins en moins probable qu’on y arrive nous dit le rapport. Ce dernier souligne qu’il ne faut pas pour autant baisser les bras : même si au-delà de +1,5°C les dégâts vont être considérables et en partie irrémédiables, limiter le réchauffement en dessous de 2°C sera de toute façon préférable. Mais pour s’arrêter à +2°, c’est 1/3 de nos émissions qu’il faut réduire. Le rapport indique que la taxe carbone serait un outil utile dans la mesure où il n’impacte ni l’emploi ni le PIB. Pour y parvenir, il faudrait également arrêter d’investir dans le charbon, le pétrole et le gaz, « décarboner » la production d’électricité, et employer un maximum d’activités électriques pour réduire les émissions de CO2.
Comment changer nos comportements ?

Pour la 1ère fois, le GIEC consacre un chapitre aux questions sociales et sociétales. Les experts expliquent qu’il est impératif de changer les modes de consommation car les progrès technologiques seuls ne suffiront pas à les réduire. Et ce d’autant plus qu’il est possible de changer les comportements sans rogner sur le confort. Le rapport propose d’adopter le trio : Avoid-Shift-Improve, en français, « éviter – transformer- améliorer ». En appliquant ce principe à tous les secteurs, il serait possible de réduire les émissions significativement. Pour les particuliers, cela implique : réduction de l’usage de l’avion et de la voiture au profit des transports publics, de la marche ou du vélo, diminution de la consommation de viande, modulation de l’utilisation du chauffage et de la climatisation, et amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments. A noter dans le secteur des transports : si on électrifie de plus en plus, notamment les voitures, l’utilisation du carburant fossile dans l’aviation et les transports maritime reste un point faible de la décarbonation en cours. Les experts du GIEC estiment que les biocarburants et carburants de synthèse seront encore trop peu utilisés et le kérosène trop présent en 2050 pour une baisse suffisante des émissions de ce secteur. Côté alimentation, la consommation de viande doit être réduite car le méthane (émis par le bétail) a un pouvoir de réchauffement de l’atmosphère 80 fois supérieur au dioxyde de carbone !
Nécessaire sobriété

Le rapport souligne que pour faire changer les habitudes de la population il est nécessaire d’utiliser des leviers sociétaux et économiques. Il met en garde contre l’effet boom-rang des économies liées à l’économie circulaire, qui pourraient être réinvesties dans des produits dont la production émet des GES. Les experts du GIEC ont aussi souligné la nécessité d’adopter la sobriété au quotidien, c’est-à-dire d’adopter un mode de vie dont la consommation en énergie est la plus faible possible, tant pour les particuliers que les entreprises, notamment dans le domaine du bâtiment. En effet, ce secteur représentait 21% des émissions mondiales de GES en 2019, à cause des systèmes utilisés et des méthodes de productions des matériaux consommés. Le rapport rappelle l’intérêt d’approches combinées de rénovation et de construction pour tendre vers des bâtiments bas carbone. Le rapport a aussi montré que la justice sociale est un élément clé dans la gestion des impacts négatifs du réchauffement. Enfin, le secteur alimentaire représente aussi une forte part des émissions mondiales et exige d’instaurer des modifications à tous les stades de la production, en incluant la fin du cycle de vie c’est-à-dire la gestion des déchets.
Comment sortir des énergies fossiles et absorber le CO2 ?
Le rapport montre qu’il faut transformer nos systèmes énergétiques et réduire au maximum l’utilisation des énergies fossiles (gaz, charbon et pétrole) puisqu’elles sont responsables de l’émission des GES, mais il pointe l’aspect financier. Si les énergies fossiles bénéficient de forts investissements, les secteurs qui concernent la transition beaucoup moins. L’idée est à la fois de taxer les émissions de CO2, ce qui pourrait être suffisamment fort comme mesure pour faire drastiquement baisser les émissions, mais aussi de diriger les capitaux vers la transition. Alors que l’utilisation de l’électricité venant de sources renouvelables se développe, les experts avertissent sur le risque de se limiter uniquement à elles. Le rapport liste aussi les leviers de réduction des émissions que sont la multiplication des voitures électriques et des pompes à chaleur, la fermeture des centrales à charbon, l’utilisation de la biomasse ou encore la « Capture et Séquestration du Carbone ». Par exemple, l’agriculture est un secteur-levier qui peut jouer un rôle de balancier pour à la fois réduire ses propres émissions de CO2, mais aussi et surtout déployer des techniques d’absorption du CO2 via des « puits de carbone » comme la reforestation par exemple. Cette dernière présente de nombreux avantages écologiques pour compenser les émissions mais qui ne sont pas suffisants pour atteindre la neutralité carbone nécessaire. La mer est un autre « puit de carbone » naturel et développer le plancton qui permet de capter le CO2 permettrait de maintenir cet énorme réservoir à dioxyde de carbone.
L’urbanisation doit être repensée
L’urbanisation est responsable d’une forte part des émissions de GES, or elle continue d’augmenter au détriment de la nature : la transformation et le contrôle du développement urbain sont un levier prometteur pour limiter le réchauffement. Des techniques visent un développement économe en ressources qui permettraient de diminuer les émissions de GES, d’autres pourraient augmenter la densité de cohabitation pour une croissance plus compacte. Une transformation totale et absolue sera néanmoins nécessaire pour arriver à des émissions faibles ou nulles, et le rapport préconise 3 axes pour ce faire. Il faudra réduire la consommation énergétique de manière systémique, opérer une transition vers plus de systèmes électriques et intégrer l’absorption du carbone. Compte tenu de la concentration de l’activité et de la population dans les villes, ces changements présentent une forte marge de progression.

Ce dernier volet du 6ème rapport du GIEC est sans doute le plus complet et le plus précieux avec ses recommandations claires et nettes. Il faut changer, et vite. Mais surtout le rapport insiste sur la nécessité d’une action globale, transversale et mondiale comprenant aussi les aspects financiers pour réduire les émissions des gaz à effet de serre.
Les experts pointent le fait qu’agir présente des intérêts bien supérieurs tout en plaçant les principes d’équité et de justice sociale au centre des réflexions. En revanche, pour que la décarbonation soit efficace à l’échelle de la planète nécessite une coopération internationale et des actions transversales. Les experts sont formels : les accords passés ne sont pour l’instant pas suffisants pour obtenir le changement nécessaire.
Plastiques : comment s’y retrouver ?
Le plastique, c’est fantastique ou… catastrophique ! On sait que l’on en consomme trop et que le recyclage n’arrive pas à endiguer le problème de la pollution marine et sanitaire qu’il provoque. Alternatives et bioplastiques, de nombreuses nuances existent : tout ce qu’il faut savoir pour réduire au mieux sa consommation de plastique.
Le plastique c’est quoi ?
Tout le monde sait ce qu’est le plastique… ou croit le savoir. Il faudrait en réalité dire « les plastiques » tant il en existe. On peut néanmoins le définir comme une matière synthétique, issu de résine et de plusieurs molécules appelées “polymères”, qui peut être travaillée, formée, déformée, colorée et traitée pour devenir un objet. Ce traitement avec des adjuvants et des additifs chimiques, pour en faire ce que l’on veut, lui donnera ses propriétés : résistance, souplesse, transparence etc… Il existe plusieurs grandes familles classées selon leurs réactions : les élastomères souples et résistants, les « thermo durcissables » très durs (comme la mélamine de la vaisselle pour enfants) et les thermoplastiques qui peuvent se déformer à la chaleur.
L’histoire de la matière plastique
C’est à partir du 20ème siècle que les plastiques semi-synthétiques, faits de polymères naturels transformés chimiquement, laissent la place aux plastiques entièrement synthétiques. Celluloïd pour les balles de tennis, viscose pour les collants, galalithe pour les stylos et les bijoux fantaisie, bakélite pour les téléphones puis la cellophane, premier plastique entièrement souple et transparent, et enfin le PVC, mélange de sel, de pétrole et d’additifs, en 1926.
A l’époque, personne ne s’inquiète de l’impact du succès fulgurant qu’aura ce nouveau matériau polyvalent sur la planète. Suivront les polystyrène, polyéthylène et le polyamide, fibre surdouée annoncée comme aussi fine que solide, puis les premiers polyuréthanes utilisés comme adhésifs et garnitures mousses pour matelas, coussins ou sièges auto.
Les années 40 accueillent le silicone avec joie et l’explosion de la consommation de masse des années 50 finit de sacraliser le dieu plastique que l’on retrouve alors dans tous les objets de la vie de tous les jours La mélamine et le formica envahissent les cuisines et le mobilier, le polyester nous habille, suivi par le polyamide et le lycra. Aujourd’hui, les plastiques sont absolument partout…
Les 7 différents types de plastique
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Le plus connu est le PET, pour Polytéréphtalate d’éthylène
- Il se recycle à 100% et perd peu ses caractéristiques fondamentales : il peut donc être réutilisé à plusieurs reprises. Toutefois, son recyclage exige l’extrême pureté de la matière collectée.
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Le second est le polyéthylène appelé HDPE.
- C’est un thermoplastique recyclable, peu souple, et opaque utilisé pour les bidons de lessive et les bouteilles de lait par exemple et dans le milieu médical.
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Le 3ème est le fameux « PVC » pour chlorure de polyvinyle.
- Ce thermoplastique mou et souple grâce à l’ajout entre autres de phtalates (considérés comme des perturbateurs endocriniens), rarement recyclable, c’est celui qui compose par exemple le film alimentaire, les bouées, et tout ce qui ressemble à un rideau de salle de bain.
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Le 4ème est un polyéthylène appelé LDPE.
- Directement dérivé du pétrole, ce matériau fin, très courant, se recycle très mal. Il constitue sacs de course, petits sachets qui protègent les articles commandés par correspondance, revêtement des briques de jus de fruit…
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Le cinquième est le polypropylène ou PP.
- C’est lui qui donne les pots de yaourts, pailles, jouets, boites alimentaires etc… On le retrouve beaucoup dans la cuisine parce qu’il ne se déforme pas si on le chauffe : il passe au micro-ondes et au lave-vaisselle, un geste déconseillé. Enfin, le PP est peu recyclable.
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Le 6ème est le terrible polystyrène ou PS.
- Directement issu du pétrole, sa forme « aérée » fait qu’il s’émiette dans la nature alors qu’il contient des substances toxiques. Il est très néfaste et rarement recyclé.
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Le 7ème c’est en fait… tous les autres !
- Dont le PC ou polycarbonate et le PLA pour acide polylactique, un plastique végétal compostable ce qui veut dire qu’il se désagrège dans un composteur pro avec une chaleur optimale. Abandonné dans la nature, il ne se passera rien car il n’est pas biodégradable.
Microplastiques et pollution marine

Le plastique est une matière formidable mais dont les avantages se sont transformés en (gros) inconvénients. Peu cher, le plastique est en effet solide… mais pas trop. Ainsi, il offre des objets robustes mais qui finissent quand même par se briser si bien qu’il faut quand même racheter à terme ou régulièrement. Le problème ? Quand le plastique se casse, il se fragmente, et s’émiette en morceaux de plus en plus petits, qui se dispersent sans jamais disparaitre. Les « gros » déchets plastique flottant à la surface de l’eau vont se dégrader et subir une érosion progressive sous l’action des rayons ultraviolets, de la chaleur du soleil, de la chimie des eaux salées, des mouvements et des micro-organismes, puis se fragmenter en morceaux de plus en plus petits jusqu’à se transformer en microparticules invisibles à l’œil nu. Les fragments issus des plastiques plus denses, comme le PVC, coulent et se déposent au fond de l’eau, recouvrant les fonds marins d’un tapis de microplastiques. Le reste des déchets, mélange de sacs plastique, de filets de pêche, de bouteilles, de vêtements synthétiques et de polystyrène va de son côté former d’immenses soupes de microplastiques, les fameux « continents de plastique » ou « gyres » qui sont propices au développement de nouvelles bactéries potentiellement dangereuses.
Mais attention, le plastique ne pollue pas que les mers ! Il est toxique partout où il finit sa vie. Enfouis sous terre, il contamine les sols. Brûlé avec les ordures, il dégage des gaz toxiques. Le problème écologique est aussi un problème sanitaire.
Plastique et pollution sanitaire
Une étude de WWF indique que l’on mangerait environ l’équivalent de 5 grammes de plastique par semaine, soit une carte de crédit. En effet, une fois devenu micro, le plastique se faufile partout et intègre notre chaine alimentaire y compris l’eau que l’on boit si elle est en bouteille.
Si les microplastiques se retrouvent dans nos assiettes sous cette forme invisible, ils peuvent aussi migrer dans la nourriture par le biais des boites de conservation, d’emballages de plats à réchauffer, ou d’ustensiles de cuisine qui, quand ils s’usent, perdent un peu de leur matière.
S’ajoutent à ces microfragments, des additifs et autres perturbateurs endocriniens supposés ou avérés, qui finissent dans notre estomac. Si tous les objets en plastiques libèrent des produits potentiellement dangereux, ils ne sont pas pour autant interdits. C’est la répétition et la fréquence d’utilisation sur des années qui, en les faisant s’accumuler, peuvent avoir des conséquences sur la santé. Raison pour laquelle il faut par exemple éviter de réutiliser et re-remplir les bouteilles plastique qui ne sont pas faites pour être ré-utilisées et qui libèrent du plastique en s’usant.
Pourquoi le recyclage des plastiques ne suffit pas

Le recyclage est un geste fondamental dans la prise en charge des déchets plastiques mais il connait des limites qui en font aujourd’hui une mesure insuffisante face à la menace sur l’environnement.
La première limite du recyclage : le plastique finit par perdre son adaptabilité au fil des cycles et on ne peut pas le recycler à l’infini. Seconde limite : la collecte est compliquée, les consignes de tri varient selon les régions du monde, dans certains endroits il n’y a même pas de filière. Si certains plastiques peuvent être recyclés, ils ne le sont pas à cause d’une mauvaise rentabilité. C’est le cas du mégot de cigarette que l’on sait très bien transformer mais qui n’est pas recyclé tout comme d’autres emballages utilisés pour le jambon ou la charcuterie industrielle (ici les fabricants souhaitent passer aux emballages en PET pour sa recyclabilité, mais ce dernier ne permet pas une conservation optimale des produits). Même chose pour les objets trop petits comme les tubes cosmétiques type baume à lèvres, et des objets faits de différentes matières que l’on ne sait pas séparer à grande échelle. Ces derniers finiront brûlés ou enfouis. Enfin, même quand tout est organisé pour recycler, nombreux sont ceux qui ne le font pas correctement. Or, le plastique devrait être considéré comme une matière précieuse. En effet, cette matière plastique recyclée a une valeur marketing importante aujourd’hui, ce qui devrait valoriser les déchets plastiques. Malheureusement, certains plastiques « vierges » coutent moins cher que le plastique recyclé que qui n’incite pas au recyclage.
Les bioplastiques, la solution du futur ?
Oui… et non ! Également appelés plastiques « biosourcés » ou « bioplastiques » (alors qu’ils n’ont rien de « bio »), ils se composent entièrement ou en partie de matière première végétale, en général amidon de maïs, de pomme de terre ou de sucre de canne au lieu d’être tirés d’hydrocarbures. S’ils sont présentés comme biodégradables ou compostables, ce n’est pas si simple. Le terme « bioplastique », utilisé par le marketing, est source de confusion : il regroupe des plastiques qui peuvent être biodégradables sans être biosourcés, biosourcés sans être biodégradables, ou à la fois biosourcés et biodégradables. Tout d’abord, s’ils sont en partie végétaux mais pas entièrement, cela implique que lors de leur dégradation, des particules de plastique chimique seront libérées ! Surtout, ces plastiques dits « compostables » ne sont pas « biodégradables ». En effet, pour se désagréger ils ont besoin d’être placés dans un composteur domestique ou industriel, dans des conditions particulières pour que le processus s’enclenche (chaleur et mouvement). Mais qui va mettre son tube de gel douche ou son sac à fruits et légumes dans un composteur ? Dans la réalité, ces plastiques finissent principalement dans les déchets ménagers or… ils ne sont pas recyclables ! Mélangés aux autres, ils perturbent le fonctionnement des centres de tri qui ne peut pas les prendre en compte. Il faudrait donc idéalement trouver des plastiques 100% végétaux et biodégradables. Pour mettre un terme à la confusion, les biodégradables en conditions naturelles ont dû s’inventer un nouveau label, intitulé « OK Home Compost » pour caractériser les déchets qui disparaissent bel et bien dans la nature. En résumé : il est urgent de réduire drastiquement notre utilisation du plastique à 360°.
Les 10 plastiques à éviter

- N°1 Les mégots : ne les jetez plus par terre, dans la rue ou la nature, sans quoi ils finiront, avec la pluie, par arriver dans une rivière…. Mettez-les de côté pour les jeter dans une poubelle.
- N°2 Les cotons tiges, les gobelets en plastique et les pailles : malgré certaines lois, on en voit encore : bannissez-les tout simplement ! remplacez-les illico par des cotons tiges en papier ou un cure oreilles ou Oriculi, des gobelets en papier et des pailles en carton ou inox made in Europe.
- N°3 Les sacs plastiques : réutilisez ceux que vous avez encore mais n’en acceptez plus, ayez toujours un sac papier ou tissu avec vous !
- N° 4 Les bouteilles ET bouchons plastique : fini, fini d’acheter de l’eau en bouteille, des sodas etc. L’eau du robinet est en général très bonne, sinon en magasin, cherchez les bouteilles en verre dans les rayons. Préférez les canettes ou faites vos boissons maison ! Si toutefois vous en achetez parfois, surtout, recyclez-les !
- N°5 Les yaourts et desserts lactés : sachant que les pots de yaourts ne peuvent pas être recyclés, passez aux pots en verre ou aux recettes maison. Les crèmes au chocolat des enfants peuvent être choisies en briques (bio), et il existe aussi des gros pots en verre de yaourt aromatisés, en magasin bio.
- N°6 Les vêtements synthétique : polyester, nylon, viscose… Responsables d’une très grande partie de la pollution non visible, sous forme de micro plastiques issus de leurs fibres, ils contaminent les eaux à chaque lavage en machine. Passez aux matières naturelles : lin, coton…
- N°7 Les gels douches et shampoings : adoptez le tout solide dans la salle de bain : shampoings solides, savons colorés et parfumés, baume pour le corps en galet, dentifrice et déodorant solide, pain d’huile démaquillante… tout (ou presque) existe en version solide aujourd’hui !
- N° 8 Les emballages alimentaires : on boycott le supermarché au profit de petits commerçants, et direction le vrac et les magasins « zéro déchet ».
- N°9 Les Chewing-gum : mâcher du pétrole, bof… mais surtout, toujours le jeter dans une poubelle ! il en existe en gomme naturelles biodégradable.
- N°10 Les sprays ménagers : grâce au vinaigre et au bicarbonate, il est très facile d’en enlever au moins 2 à 3 produits industriels tout de suite. Une fois l’habitude prise de fabriquer soi-même ses produits (dont la lessive et le liquide vaisselle), cela parait évident !
Précieux, et même irremplaçable dans l’univers médical, ou dans l’industrie, le plastique qui possède d’indéniables atouts, a contaminé tous les secteurs. Il faut aujourd’hui changer les habitudes de consommation. Il est urgent de prendre conscience de l’omniprésence du plastique surtout dans les domaines où sa durée de vie est courte, comme les petits objets, les emballages ou encore les habits bon marchés. Consommer moins, mais mieux, passe par le boycott de certains produits et la recherche de ceux qui ont su se passer au maximum du plastique, pour arrêter ce qui se révèle aujourd’hui être un véritable fléau.
C’est quoi Extinction Rebellion ?
Ce mouvement écologiste radical se distingue par ses actions non violentes et sa volonté de faire prendre conscience aux citoyens et aux gouvernements de la nécessité de changer de paradigme, pour enrayer la destruction du vivant. Explication.
Extinction Rebellion se définit comme « un mouvement international de désobéissance civile en lutte contre l’effondrement écologique et le dérèglement climatique. »
Souvent abrégé en XR, comme son logo, il signifie « Rébellion contre l’extinction ». Social, écologiste, international, il revendique l’usage de la désobéissance civile non violente afin d’inciter les gouvernements à agir pour éviter les points de basculement dans le système climatique, la perte de la biodiversité et le risque d’effondrement social et écologique.
Son logo symbolise l’extinction de masse en cours, avec un sablier au milieu de la Terre indiquant que le temps est compté pour de nombreuses espèces, sablier qui est aussi le X de XR.
Historique et mode d’action d’Extinction Rebellion
Les origines
Le mouvement est né en Grande Bretagne, en 2016, quand un groupe d’activistes britanniques crée Rising Up ! Un mouvement destiné à la protection de l’environnement par l’action directe et la désobéissance civile. En 2018, certains de ses membres cherchent des moyens d’action plus efficaces que les manifestations de rue classiques. Extinction Rebellion apparait en mai 2018, et compte parmi ses fondateurs Tasmin Osmond et George Barda, participants du mouvement social Occupy London, ainsi que Gail Bragbook, Docteure en biophysique et Roger Hallam, agriculteur et chercheur en désobéissance civile. Mais Extinction Rebellion n’a ni chef ni hiérarchie. Ce mouvement puise son inspiration dans les actions du mouvement Occupy London, la philosophie de contestation par la non-violence et la désobéissance civile prônée par Gandhi, ainsi que celles des suffragettes. Parmi les principes fondateurs figurent aussi la bienveillance entre les membres, la non-culpabilisation des individus et l’autonomie des troupes. C’est ainsi que le mouvement fédère aussi bien des enfants que des personnes âgées ou des étudiants, et des personnes de toutes catégories sociales.
La naissance officielle
Le 26 octobre 2018, le journal britannique The Guardian publie une tribune signée par une centaine d’universitaires qui appellent à l’action urgente face à la crise écologique et affirment leur soutien au collectif Extinction Rebellion.
Le 31 octobre 2018, le mouvement est officiellement lancé par une déclaration de rébellion à Londres devant le Palais de Westminster, siège du Parlement britannique. Y participent un millier de personnes, dont deux membres du Parti écologiste britannique et l’activiste suédoise Greta Thunberg. S’ensuit une semaine d’actions militantes, dont le « rebellion day » (« jour de rébellion », 17 novembre 2018), au cours duquel les cinq principaux ponts de Londres sont bloqués. Depuis, Extinction Rebellion s’est étendu dans de nombreux pays tels que l’Inde, le Japon, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Afrique du Sud, la Colombie, le Brésil, les États-Unis, le Québec, l’Irlande, la Suède, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, la Suisse et la France.
Le mode d’action d’Extinction Rebellion
Son mode d’action multiplie les actions coup de poing spectaculaires, comme des occupations de l’espace urbain de grandes villes. Ses membres n’hésitent pas à s’attacher, à l’aide de glue, à des bâtiments publics, à bloquer la circulation routière et empêcher l’accès aux sièges de grandes entreprises.
Ainsi, la première « semaine internationale de rébellion » est organisée du 15 au 21 avril 2019. À Londres, des militants en nombre bloquent, pendant une dizaine de jours, des lieux emblématiques tels que le carrefour d’Oxford Circus, Marble Arch et la grande rue commerçante Oxford Street. Ils organisent un « die-in » au Muséum d’histoire naturelle, où une centaine de personnes s’allonge sous un squelette de baleine bleue. Autant d’actions qui ont conduit à plus de mille arrestations et obligé le Parlement britannique, sur proposition du parti travailliste, à décréter « l’urgence climatique ». Preuve que ça peut marcher ?
Extinction Rebellion en France


La branche française est née en novembre 2018 et a mené sa première action le 24 mars 2019, place de la Bourse à Paris, où plusieurs centaines de militants et de sympathisants se sont déclarés en rébellion. En février 2019, dans les colonnes du quotidien français Le Monde et du journal belge Le Soir, Extinction Rebellion reçoit le soutien de 260 chercheurs suisses, français et belges. Un die-in en hommage aux espèces disparues ou en train de disparaître a lieu simultanément dans la Grande galerie de l’évolution du Muséum d’histoire naturelle.
En avril 2019, lors de la « semaine internationale de rébellion », les militants français, à l’initiative de Greenpeace, ANV-COP21 et les Amis de la Terre, bloquent à la Défense une antenne du ministère de la Transition écologique, et les tours Total, EDF et Société générale. La deuxième « semaine de rébellion internationale » débute en France le 5 octobre 2019 par l’occupation et le blocage du centre commercial Italie Deux dans le 13e arrondissement de Paris. Les activistes occupent ensuite, à partir du 7 octobre, la place du Châtelet et le pont au Change à Paris.
Mi-avril 2022, entre les deux tours de l’élection présidentielle, un millier de personnes a investi les Grands Boulevards parisiens au niveau de la Porte de St Denis, transformant le lieu en grande agora où chacun peut s’exprimer sur l’inaction climatique et les solutions à apporter.
Quatre grandes revendications d’Extinction Rebellion

Le mouvement articule ses actions autour de quatre revendications phares :
1. La reconnaissance de la gravité des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet
Le gouvernement, les élus et les entreprises doivent reconnaître les menaces inédites qui pèsent aujourd’hui sur l’ensemble de la biosphère, humanité comprise. Ils et elles doivent assumer ouvertement leur part de responsabilité dans la destruction des écosystèmes, le changement climatique, l’épuisement des ressources naturelles, et reconnaître l’incompatibilité profonde entre le mode de développement économique actuel basé sur la croissance et la recherche du profit, et les limites de notre planète.
2. La réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025, grâce à une diminution de la consommation et une descente énergétique planifiée.
Les « bonnes intentions », les « accords non-contraignants » et les « feuilles de route » ne changeront rien à la situation. Il faut obliger le gouvernement à atteindre zéro émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2025.
3- L’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant.
L’extermination en cours de la vie sur Terre est d’une ampleur comparable aux grandes extinctions géologiques. La destruction des écosystèmes et des espèces animales et végétales par la surexploitation et la pollution sont une conséquence directe du développement de nos sociétés modernes. Les mesures compensatoires n’enrayent aucunement l’extermination massive en cours. La biodiversité doit être reconnue et respectée pour sa valeur intrinsèque et pas uniquement pour les “services” qu’elle rend. Il faut se battre pour que les sociétés reconnaissent avec humilité leur place au sein de la biosphère et engagent une démarche de restauration écologique à la mesure des dégâts causés.
4- La création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable.
Soutenu par nombre de personnes connues, de l’actrice anglaise Emma Thompson à Anne Hidalgo, de la mairie de Genève à des Prix Nobel, honni par certains politiques, Extinction Rebellion fascine et divise. Le mouvement a en tous cas réussi en quatre ans, et malgré la pandémie, à se rendre éminemment visible et médiatique par ses actions coups de poing, au point d’être scruté même par les autres mouvements écologistes. Eco fasciste pour certains, bon enfant pour d’autres, utopie irréaliste et ne proposant pas de solution concrète pour d’autres encore… A vous de juger.
